Les dessins - John Eaves




Je m'appelle John Eaves et je vais vous parler des illustrations. J'ai commencé sur la 4e saison. J'étais novice dans le domaine, mais avant ça, je ponçais de la fibre de verre et je me disais que ce serait bien de quitter cet univers toxique. Un coup de fil et quelques secondes plus tard, la décision était prise. Je me retrouvais promu de maquettiste et illustrateur à mi-temps à illustrateur à plein temps.
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 


La tradition du guerrier

 
 
 
Le 1er épisode était "La tradition du guerrier". Nous voulions dessiner de nouveaux vaisseaux klingons. Ils n'ont jamais vu le jour pour des raisons budgétaires. On s'est rabattus sur d'anciens vaisseaux, chose qui arrivait souvent. C'est dans cet épisode qu'on équipe la station d'armement lourd. Il a donc fallu installer toutes sortes d'armes secrètes en vue d'une attaque surprise contre un ennemi potentiel. Comme il s'agissait de mes premières illustrations, Herman m'a donné des dessins et des photos de la station en me demandant d'imaginer où l'armement irait le mieux. On m'a montré où se trouvait le peu d'armes qui existait. Il m'a dit : "On peut en mettre sur les bras de la station". On en a mis sur les moitiés supérieure et inférieure. Sur le haut, on avait mis des batteries de phaseurs. Au centre, il y avait des batteries de phaseurs et des canons. On a imaginé cette mitrailleuse spéciale qui se greffait sur un élément existant, avec un canon rotatif, comme une mitrailleuse Gatling. Il tournait et crachait du feu dans toutes les directions. On a appelé l'autre les miches de pain au four. Il ressemblait à un moule à tarte avec des phaseurs sur le haut. C'est comme ça qu'on les appelait. Ils pouvaient tirer au phaseur ou à la mitrailleuse.

 

 
 
 

 

 
 
 

 


Le visiteur

 
 
Pour la maison, je me suis inspiré de la maison hantée de Disneyland. C'était le seul exemple d'architecture de Louisiane que je connaissais. J'ai donc démonté la maison pour la remonter de façon futuriste avec des sentiers et des marécages autour. Je voulais que l'endroit soit isolé. Le terrain dans cette région est relativement plat. On surplombe la vallée des saules, les arbres, et au centre, il y a une petite clairière où se dresse la maison.

 

 
 

 


Indiscrétion - La mine des Breens

 
 
On disposait déjà de plateaux avec des décors de grotte. Il suffisait de les réarranger selon l'épisode. La mine des Breens n'avait rien de spécifique. Le script disait : mine sombre et froide avec des poutrelles métalliques soutenant les plafonds. ce sont des esclaves qui travaillent dans cette mine risquant l'effondrement à tout moment. La mine devait avoir l'air surtout délabrée. De bien des façons, c'était plus une prison qu'une mine. On y envoyait les prisonniers et les indésirables purger leur peine ou quoi que ce soit d'autre.

 


Indiscrétion - L'épave

 
 
Le Ravinok était un vaisseau qui s'était écrasé. C'était mon premier vaisseau pour la série. On est allés prendre des photos du décor sur place, puis on a dessiné un vaisseau s'intégrant au décor. Il a fallu décider ce qu'on montrerait et ce qui serait enfoui. Il était sérieusement endommagé. On y entrait en rampant. De nombreux facteurs sont intervenus: La construction, les décors. Tout ça est entré en compte. Beaucoup de gens collaborent sur les dessins. Très souvent, le spectateur imagine que l'illustrateur dessine tout et tout le monde part de là. En fait, c'est le contraire quand on collabore. ce n'est pas une signature, mais 30 qu'on devrait voir en bas du dessin, tant on est nombreux à être impliqués.

 

 
 
 

 


Les Karemmas

 
 
 
On a essayé des tas de choses pour ces torpilles. On n'a rien pu trouver dans nos archives que l'on aurait pu transformer. C'est une toute nouvelle torpille. L'extrémité de la bombe ressemble à une glace, alors on l'a appelé l'eskimo. C'est ce qu'on avait dessiné. Il y avait des parties démontables. Il a fallu dessiner l'intérieur, tous les voyants et les contours de la coque percée. Il a fallu en dessiner chaque centimètre.

 


L'épée de Kahless

 
 
J'ai commencé à dessiner l'épée quand le script est arrivé. Je devais m'inspirer de la bat'leth. Je venais juste de faire la connaissance de Dan Curry, l'auteur de la bat'leth. Je lui ai apporté mes dessins en lui demandant s'il aimerait la dessiner. C'est sa création en quelque sorte. Il a sauté sur l'occasion. La forme finale de l'épée, c'est de lui. Moi, je n'ai fait que dessiner les dessins sur la lame, mais c'est lui qui a dessiné la forme générale de l'épée.

 


Les fils de Mogh

 
 
Il fallait un poignard de cérémonie klingon. Worf devait tuer son frère à l'aide de ce poignard. Le script ne donnait aucune indication, si ce n'est que Worf s'en servait pour tuer son frère. J'ai poussé l'idée un peu plus loin. On a dessiné un poignard doté d'une signification spirituelle. Le poignard avait deux lames. L'une pour mettre fin à la vie corporelle et l'autre pour envoyer l'esprit dansl'au-delè klingon. Mike Okuda a trouvé l'idée formidable. On a donc ajouté une signification qui n'était pas dans le script. Le plus drôle, c'est que le poignard est décoré d'un omement au bout. Et ils se sont servis d'un bouchon de bouteille pour faire l'omement. C'était marrant de le voir à l'écran. "C'est un bouchon de bouteille !"

 


La mémoire emprisonnée




L'avantage avec "Star Trek" pour un illustrateur, c'est que chaque épisode est différent. D'un épisode à l'autre, on peut passer de choses planantes à des choses très naturelles. Pour celui-ci, il fallait des peintures sur sable. On a donc puisé dans les anciennes peintures navajo, mais comme ça devait faire extraterrestre, on s'est contentés de dessiner une série de motifs. Ça ne raconte aucune histoire. L'oeil est attiré vers le centre par le mouvement du sable.
 

 


La peste

 
 
C'était l'histoire d'une planète ravagée par une maladie. On devait utiliser une vieille usine de moteurs à réaction, l'usine de Rocketdyne. On est allés prendre des photos et à partir de là, on a dessiné un cache. On a pris des photos et j'ai mis une touche extraterrestre au sommet des bitimerns. Il fallait que tout soit en ruine, j'ai donc conçu toute une ville. A partir de ça, Doug Drexler a peint la ville avant sa destruction. Il a pris la même perspective et a recréé la ville telle qu'elle aurait été à son apogée. Le groupe d'habitants de cette planète allait disparaître. Donc au niveau architectural, tout est très ouvert. J'ai dessiné des dômes, des flèches, beaucoup de formes cylindriques et de murs plats. Il a suffi de compléter ce qui existait.

 

 
 

 


Notre homme Bashir

 
 
Dans cet épisode, il a fallu donner dans le style James Bond. C'était un épisode d'espionnage. On a commencé par les armes. On a imaginé une arme à partir d'une chaussure. Il suffisait d'un stylo et du talon de la chaussure pour monter le pistolet. Et ce pistolet est devenu la star de l'épisode.

 


Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Deep Space 9 Saison 4