Les créations futuristes de Bob Blackman

"Deep Space Nine", c'était un peu le Grand Hôtel de l'espace. Au lieu d'un vaisseau voyageant à la découverte des autres, on a une station qui sert de lieu de rencontre. Suite à ça, une fois la série lancée, on s'est rendu compte qu'il faudrait créer toute une population qui habiterait la station. Bien plus grande que celle de l'Enterprise, déjà importante. Il fallait ensuite inventer des trucs, créer de nouveaux extraterrestres. certaines semaines, c'était moins bajoran et plus mixte. Il y a cinq cargos d'arrivés, la flotte est là. Il fallait donc créer tout ça. On a créé beaucoup de méchants et de costumes les premières années. Les Cardassiens, par exemple, étaient très réussis. Mike Westmore et moi travaillions de paire. On discutait de ce qui n'avait pas encore été fait, en terme de prothèse, par exemple. Il n'avait encore jamais rien fait ici. Alors, on a discuté, on a fait des croquis et d'un coup, sont nés ces incroyables cous de cobra. On se retrouvait avec une encolure toute nouvelle, ouvrant la voie sur des tas de nouvelles possibilités, cet aspect de lézard caoutchouteux. On a adoré faire ça. C'est formidable de voir qu'ils ont tenu toutes ces années et qu'on les a toujours. Les scénaristes ont ensuite élaboré sur le thème des Cardassiens. On a donc eu des Cardassiens en civil, etc. Il faut imaginer autant de variations possibles. On a imaginé tout ce qu'on pouvait pour les Cardassiens. On est allés plus loin pour les Klingons ainsi que pour les Bajorans. On leur a imaginé tous les costumes possibles.
 

 

 
 

 

 
 

 

Les Ferengis, on les a eus du début à la fin. On est partis des Ferengis de "La Nouvelle Génération", de ces espèces de militaires... de cet étrange groupe de militaires cupides. Sur "Deep Space Nine", c'étaient des civils. A partir de là, ils ont développé toute une intrigue ferengie. On les a vus dans toutes les situations possibles. Chez eux, au travail, quand ils sont sournois, quand ils sont drôles. C'est la race qu'on aime à contrecoeur. Les acteurs étaient formidables. Armin Shimerman, par exemple. Quel acteur fantastique ! Wally Shawn, pareil. Andrea Martin, qui a joué Moogie la première fois. C'était sympa de développer tout ça. J'ai commencé à créer des costumes plus extravagants. Une surenchère continue. A chaque apparition de Wally Shawn, il lui fallait un plus beau costume que la fois précédente. Pareil pour Jeff Combs, dans le rôle de Brunt, patron du fisc ferengi. On s'amusait à trouver des moyens de recouvrir telle ou telle surface de façon plus élaborée que la fois précédente. Là encore, comme la plupart des acteurs dont on parle, ils étaient d'accord pour le faire. On leur collait ces crânes chauves, ces joues et ces grandes oreilles. Ensuite, ils venaient nous voir et on les rembourrait pour leur donner de drôles de formes. A Wally, on lui donnait du ventre et une bosse dans le dos, pour qu'il ait l'air tout recourbé, comme un vieillard. Et par-dessus tout ça, on leur faisait enfiler leur costume. Il y avait plusieurs épaisseurs et leur espèce de toge. C'était super. J'adorais travailler sur les Ferengis.
 

 




Pour Odo, pour les métamorphes, il fallait donner à leur peau l'apparence sèche ou mouillée, leur créer un costume et ensuite l'altérer en entier pour montrer la maladie sur le costume. C'est arrivé plusieurs fois. C'est un processus difficile et angoissant parce qu'on ignore ce que ça donnera à l'écran. Mais au bout du compte, l'effet s'avère toujours réussi. Et j'en suis très heureux, heureux qu'on ait pu... Au moment où j'ai commencé "Deep Space Nine" et que je finissais "TNG", j'avais trouvé mon rythme. Je savais ce qu'il fallait et comment le faire.
 

 


Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Deep Space 9 Saison 4