Nouveau territoire

Worf rejoint DS9




La 4e saison démarre avec le retour de Worf, interprété par Michael Dom, qui vient s'ajouter à l'équipage de DS9. Son retour avait été plus ou moins demandé par le studio, mais s'il y avait un personnage de "La Nouvelle Génération" qui avait sa place sur DS9, c'était Worf. Le personnage avait un très grand potentiel qu'on a largement développé. On a fait de lui un mari et un veuf et toutes sortes de choses absolument formidables.
 

 

 
 

 




C'était une expérience intéressante. Tout est parti de Rick et d'Ira. Le studio voulait donner une nouvelle accroche à la série. "Donnons-leur une raison de la suivre. Qu'ils aient envie de la voir." La solution offerte par Rick et Ira a été de faire revenir Worf et d'en faire un régulier. Histoire de faire bouger les choses. Et c'est exactement ce qui s'est passé.
 

 






De toutes les idées échangées, les évacuer de la station, faire sauter Bajor, des trucs dingues, Worf était la solution la moins risquée. Faire revenir un personnage de "TNG" et les fans par la même occasion.
 

 





ce n'était pas la direction qu'on avait prévu de prendre. Nous allions élaborer sur le Dominion et soudain nous nous retrouvions avec le problème klingon. Ça a passionné le spectateur, mais il a fallu réfléchir longtemps à la façon de tout relier.
 

 




Au début, on a eu du mal à l'intégrer. La difficulté nous a forcés à examiner la série sous un nouveau jour. "Comment allons-nous intégrer ce personnage ?" En quoi son arrivée va-t-elle changer les rapports entre les personnages ?" Il a donné à la série une sorte de second souffle. Soudain, il faut compter avec Worf. Soudain, les Klingons sont partout et la série change de ton.
 

 



Il y avait une réplique, il me semble, à la fin de la 3e saison, que lançait un métamorphe : "Les seuls qui nous arrêtent sont la Fédération et les Klingons." J'ai proposé de construire toute une intrigue autour de ça. Le Dominion provoquerait des problèmes entre les Klingons et la Fédération. C'était une idée en l'air, mais le regard de Rick s'est éclairé... "Super ! Jetons le trouble entre les Klingons et la Fédération... Nous pourrions faire revenir Worf !" Encore mieux que les Klingons, nous pourrions faire revenir Worf !" Le studio avait demandé que soit intégré un nouvel élément. C'est de là que tout est parti.
 

 

 
 

 




L'idée de départ, c'est que les Klingons ont perdu la tête. Ils sont en paix depuis trop longtemps et un groupe d'entre eux déclare que ce n'est pas dans leur nature. "Nous sommes des guerriers et un guerrier se bat." Finalement, ils décident tous de partir en guerre. Ils choisissent le plus faible et l'envahissent. Sisko a besoin d'une personne qui connall: les Klingons, un officier de la Fédération sur lequel il peut compter. Et c'est là que j'interviens.
 

 





Quand l'unité de lieu ne change pas, il faut constamment introduire de nouveaux éléments. Comme on ne bouge pas, il faut que la nouveauté vienne à vous. C'était donc super d'introduire Worf et avec lui, les Klingons et les Romuliens.
 

 



Les épisodes de deux heures étaient fantastiques. Tout le monde voulait les écrire. La 1re ou la 2nde partie, ou avec de la chance, les deux. ce sont de formidables épisodes. Tous ces personnages sont à notre disposition et on nous avait dit: "Amusez-vous ! Voyez grand, voyez délirant !" On était comme des gamins dans une confiserie. On voulait tous être sur le plateau pendant le tournage du téléfilm parce qu'on savait que tout se déroulerait impeccablement. Dennis Madalone allait pouvoir s'en donner à coeur joie, avec beaucoup de corps à corps, etc. C'était super.
 

 




En plus, à l'arrivée de Worf, "TNG" était fini et Voyager errait dans le quadrant Gamma. A nos yeux, Worf, ça voulait dire : "La Fédération est à nous ! On peut faire ce qu'on veut avec la Fédération. Qui sait ce qui se passe sur 'Voyager" ? "Ils n'ont pas la Fédération. Nous si, on peut faire ce qu'on veut. Worf est à nous et on va se l'approprier. "Et la Fédération aussi, on va se l'approprier." C'est ainsi qu'on a réuni tous ces éléments. On s'est bien amusés.
 

 


Histoires fascinantes

 
 
 

 





"L'interdit" était un épisode important. C'est une histoire d'amour après tout. C'est extraordinaire... Vous rencontrez l'amour de votre vie, la mort vous l'arrache et 150 ans plus tard, on vous donne une seconde chance. C'est extraordinaire.
 

 





En rentrant chez moi des studios Paramount, j'ai eu cette idée et j'ai appelé Rene : "Et si c'était une femme ?" Et si le symbiote était dans le corps d'une femme et que Dax en était amoureuse ?"
 

 




L'épisode abordant un sujet si sensible, il était important de montrer qu'il ne s'agissait que d'un choix. Personne n'a jugé le choix de Dax, tout le monde l'a soutenue et tout le monde s'est inquiété pour elle, parce que cette relation marquerait la fin de la symbiose. Elle serait bannie de sa planète et son symbiote mourrait avec elle. Elle serait forcée de changer de vie... non pas à cause de cet amour, mais parce qu'il appartient au passé.
 

 





Il s'agit là d'une métaphore du tabou des relations interdites. Le spectateur voit ces deux femmes ensemble, mais nous ne faisons aucun commentaire, parce qu'il s'agit d'un tabou trill. L'homosexualité saute aux yeux du spectateur sans qu'on n'ait jamais à le mentionner.
 

 




Je trouvais important qu'on raconte cette histoire d'amour honnêtement. L'épisode ne parle pas de sexe ou d'homosexualité. Même si dans notre monde, c'est la 1re chose que les gens voient. Mais c'était très important pour moi de raconter cette histoire et de le faire avec sincérité, surtout pour tous ceux qui ont un jour souffert inutilement par amour. Je tenais absolument à ne pas dramatiser la scène du baiser. Parce que là encore, ce baiser, pour "Star Trek" ou même pour l'époque, à la télé, vous savez ? ce n'était pas rien de montrer ça à une heure de grande écoute.
 

 





Je crois personnellement que chaque fois qu'on s'impose des limites à ne pas franchir, il arrive un moment où l'on est forcé de les remettre en question. Alors faut-il se définir un code rigide et fermer la porte à tout changement éventuel? Ça me rend triste de voir des gens qui n'arrivent pas... qui ont peur de l'homosexualité.
 

 





ce moment était justifié pour Dax. Le but n'était pas d'attirer l'attention avec ce baiser. Ça paraissait normal que mon personnage se retrouve face à ça. C'était une manière intéressante, très "Gene Roddenberry" de l'aborder. C'était rare dans "Deep Space Nine" d'avoir des épisodes qui fassent un parallèle avec le monde actuel. Je suis honorée d'avoir participé à un épisode très actuel.
 

 




C'est devenu l'histoire de deux amants qui ne se sont jamais oubliés. L'un trouva la mort sans avoir pu dire adieu et lorsqu'ils se retrouvent dans des corps différents, leurs sentiments l'un pour l'autre n'ont pas changé. Mais le tabou social est tel que l'une d'elle fait marche arrière. Elle n'était pas prête à aller jusqu'au bout. C'était un très bel épisode de "Star Trek". Une véritable allégorie de notre société. C'est finalement ce que "Star Trek" fait de mieux. Et dans ces cas-là, ça donne des épisodes comme celui-ci.
 

 


Les petits hommes verts

 
 
 

 





C'était risqué, des tas de rumeurs circulaient et nous, on annonce qu'on va tout dévoiler et que la vérité va être faite sur Roswell, et on l'a fait. J'ai cru qu'on me ferait disparaître. Je suis toujours là. Du moins je crois. Mais pendant une heure, on vous dit la vérité.
 

 




C'est une idée proposée par Toni Marberry et Jack Trevino. En pleine réunion, ils annoncent qu'ils ont pensé à un truc fou : Quark, Nog, Rom et Odo sont les extraterrestres de Roswell. Rene a dit: "N'ajoutez rien de plus. C'est bon ! Je ne veux rien entendre d'autre. On tient notre épisode." C'était une excellente présentation, on imaginait très bien l'épisode. On le visualisait très bien. Ils ont écrit une histoire amusante et Ira et moi, on s'est laissé aller. Ira adore les vieux films de science-fiction. Chaque nom faisait référence à un personnage de film. Chaque scène était un hommage. Ils fument tous comme dans ces vieux films en noir et blanc.
 

 





On leur demandait s'ils fumaient. La cigarette est toujours présente dans les moments importants du cinéma. On en a fait un gag. Chaque fois qu'ils discutent, ils allument une cigarette. L'acteur qui joue le général... Il nous a dit que pour ce rôle, il fumerait du fil barbelé s'il le fallait.
 

 





ce sont des archétypes du cinéma de l'époque. L'infirmière qui voit au-delà des apparences. Le général endurci qui mâchouille son cigare. L'officier perfide et le noble scientifique. C'était sympa de jouer avec tous ces archétypes de science-fiction. C'est un clin d'oeil, non seulement à la série originale, mais à tous ces films des années 50 qui ont ouvert la voie à "Star Trek".
 

 






J'aurais aimé pouvoir engager des acteurs de cette période, mais ils étaient tous trop âgés. C'était un épisode amusant. Ainsi que "Notre homme Bashir" réalisé la même année.
 

 


Le visiteur

 
 

 



cet épisode puise dans un thème universel. Il puise dans le thème des relations père/fils... et l'entérine totalement. L'amour entre ces deux personnages et entre ces deux acteurs.... Ils étaient très très proches. L'épisode examine cette dynamique père/fils au-delà de la mort de façon très intense. certains l'ont aimé parce que ça offrait un aperçu du futur et des divers personnages que les années ont changés à différents moments de leur histoire. Mais au-delà de ça, c'était pour moi un épisode fort en émotions. Il arrive de temps en temps dans les différentes séries qu'on fasse des épisodes d'une grande intimité, très réels, très universels. Des histoires tristes, tendres et fortes en émotion. C'est incroyable le succès qu'a eu cet épisode.
 

 


Fin de la saison

 
 
 

 

"Flux brisé" a conclu la 4e saison. On a voulu faire un épisode absolument stupéfiant. A la fin de la 4e saison, on a voulu faire la synthèse de l'intrigue klingonne. On déclare donc que l'empereur klingon est un métamorphe. C'est une énorme révélation. Ils sont partout. La 3e saison s'était terminée sur ça. A la fin de la 4e saison, on annonce qu'ils contrôlent l'Empire klingon. C'est désarmais l'ennemi. On essaie de faire monter les enjeux à la fin de chaque saison. A la fin de la 5e saison, on perd la station. Chaque année, c'est l'escalade. On vise de plus en plus haut. On monte, on monte toujours de plus en plus haut. On a fait ça à la fin de chaque saison pour pouvoir démarrer la saison suivante sur les chapeaux de roue. C'était toute l'idée derrière "Flux brisé". C'était toujours une bonne idée de finir sur Odo et les Fondateurs. On ne pouvait pas se tromper en finissant sur le Dominion. On préparait le terrain pour l'année suivante.
 

 


Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Deep Space 9 Saison 4