Epreuves et tribulations : l'union de deux légendes

 
 
 

 

 
 
 

 

 
 
 

 

 
 
Cet épisode est le plus sympa de tous. Le maquillage et les costumes sont ceux de l'épisode original. Comme si on allait à un bal habillé comme on voulait.

 





Ils nous ont incorporés à l'histoire de façon formidable. C'est l'un des épisodes les plus sympaS. On nous a longtemps demandé s'il y aurait des Tribules dans la série.
 

 

 
 
C'est à part. Quand j'ai demandé à Terry Farrell le lendemain si elle avait lu le scénario, elle a répondu : "C'est formidable, non ? "On va pouvoir toucher les Tribules. C'est fantastique, non ?"

 




Quand je pense que cet épisode s'inscrit dans l'histoire de la télévision, pas seulement celle de Ster Trek, je trouve que ça apporte une énergie contagieuse et exaltante parce qu'on fait quelque chose de différent. C'est un épisode de la série originale que les fans adorent vraiment. Ma grand-mère m'avait fait un Tribule. Même si on ne l'a pas vu depuis 20 ans, une fois sur le plateau, on se souvient de certaines choses. A chaque scène qu'on regardait, on se souvenait d'avoir vu ça quand on avait cinq ans.
 

 

 
 
 

 


Le commencement

 
 
Rick Berman nous a demandé si on voulait participer. Voyager faisait un épisode spécial pour les 30 ans de Ster Trek. Je lui ai dit : "Je ne sais pas. "Laisse-moi en parler aux gars et voir ce qu'on peut faire." Voyager fait déjà un épisode, pourquoi devrait-on en faire un aussi?

 





Ira Behr, le producteur exécutif de Deep Spece Nine, nous a chargés d'imaginer un épisode pour fêter le 30e anniversaire de la franchise. Il m'a dit : "Qu'est-ce que tu aurais envie de voir ?"
 

 


La direction initiale que je proposais était de retourner sur une planète que la série originale avait découverte. On voyait cette planète, lotia, dans "Une Partie des actions". L'équipage de l'Enterprise se retrouve sur une planète d'imitateurs qui ont un livre sur les gangsters de Chicago et ont construit leur société sur ce modèle. On serait retournés sur cette planète pour découvrir que, en s'appuyant sur l'épisode original, tout le monde ressemblait désormais à Kirk et à Spock. C'était une planète de fans de Ster Trek. Ça serait intéressant, une observation sur la popularité de la série. Ça avait l'air prometteur, mais René Echevarria, le scénariste, ne voulait pas suivre cette direction-là. C'est lui qui a eu l'idée de revenir sur un des épisodes originaux.
 

 

 
 

 





L'idée de voyager dans le temps, à l'époque de la série originale, et de se mêler aux personnages de la série originale, on s'est dit que c'était une idée palpitante et que "Tribulations" était l'épisode le plus connu.
 

 





"Tribulations" n'était pas un épisode comme certains des épisodes de la série originale qui parlaient de problèmes très graves et de questions politiques et sociales. "Tribulations" était un épisode qui parlait des Klingons et où il y avait parfois beaucoup d'humour.
 

 

 
 

 





En visionnant l'épisode, on s'est rendu compte qu'il y avait beaucoup d'occasions où l'on pouvait s'immiscer, évoluer sur l'Enterprise, voir les Tribules dans les coursives.
 

 

 
 
Le concept de filmer des personnages en direct et de les associer à des personnages filmés il y a 30 ans est très compliqué. Jusqu'à récemment, c'était impossible à faire avec un budget télé. Mais les choses ont changé et nous avons profité des avancées technologiques de Forrest Gump. On a décidé de tenter notre chance.

 

Je me souviens surtout d'avoir écrit le scénario aux côtés de René. On en a profité pour ressasser notre amour pour la série originale. René et moi étions redevenus des mômes de 13 ans amoureux d'une série révolue. On connaissait l'épisode et les angles caméra par coeur. On avait une cassette de "Tribulations", notre scénario et l'ordinateur. On connaissait l'épisode si bien qu'on pouvait aller... "II va y avoir un plan américain de Kirk et Spock. "C'est suivi d'un large plan de coupe d'eux deux. "II y a un panneau jaune au mur où l'on pourrait mettre Dax et Siska." "Oui, je sais de quoi tu veux parler. Voilà le plan de coupe." On était vraiment passionnés. On connaissait toutes les subtilités, toutes les possibilités pour inclure les personnages dans les plans. C'était tellement sympa. On s'est vraiment replongés dans notre enfance.
 

 

 
 

 

 
 

 




Ron Moore et moi sommes sûrement les plus grands fans de la série originale. On a sûrement grandi en regardant les épisodes au même moment, ces après-midi où nos parents nous disaient d'aller jouer dehors. Qui aurait pu imaginer qu'on se retrouverait pour écrire ça ?
 

 


Des acteurs emballés

 
 
Ça fait longtemps que je n'ai pas vu l'épisode original de "Tribulations". Mais quand on lit le scénario, on se dit qu'on ne compromet pas l'ancien épisode au profit du nôtre. Notre épisode s'intègre bien, car notre présence est justifiée par le fait qu'on doit empêcher quelqu'un de changer le temps, l'histoire.

 

 
 
C'est un concept incroyablement intelligent. Je tire mon chapeau aux scénaristes et aux producteurs qui l'ont imaginé et qui ont eu le courage de le réaliser. C'est un processus très élaboré et difficile à mettre en oeuvre, surtout pour l'épisode d'une série télé d'une heure.

 

 
 
C'est vraiment sympa de jouer avec des faux cils et une choucroute, des bottes de cuir et une mini-jupe, qui était carrément mini ! Dans l'une des 1res séquences de cet épisode, on voit Avery et moi en train de marcher à bord de l'Enterprise. On avait vu les coursives pour la 1re fois ce matin-là. Notre réaction devait être : "Ouah ! On est sur l'Enterprise". C'était facile, car on se disait vraiment : "Ouah ! On est sur l'Enterprise".

 

 
 
Dans l'épisode, Dax est l'incamation de René et moi. On était de grands fans de la série. Dax se promène sur l'Enterprise. Elle n'en revient pas. Elle adore les uniformes, le matériel, elle adore se balader dans les coursives et veut rencontrer Kirk. Elle veut jouer. C'est ce que René et moi voulions faire. Elle est devenue notre porte-parole et celui de tous les fans de la série qui auraient adoré aller dans les couloirs et sur la passerelle de l'Enterprise.

 

 
 
Kirk me regarde à un moment donné quand on est sur la passerelle. Il s'assoit sur un Tribule et j'ai peur que ce soit une bombe, alors il me regarde. Mais Jonathan West ne voulait pas que ce soit soutenu parce que... Bien sûr, ça m'a flattée, mais il pensait qu'en vrai, il m'aurait draguée parce que Kirk était comme ça. Il voulait un petit coup d'oeil, pour que le public ne se dise pas : "Pourquoi ne se présente-t-il pas à cette nouvelle nana ?" On se sent comme une nana dans cette ambiance années 60.

 

 
 
C'est presque le même rôle que celui des Klingons dans les années 60. Ça se résume à : "Je hais les Tribules". Vu que j'étais un Klingon et à cause de mon maquillage, qui n'était pas le même qu'à l'époque... ils m'ont mis à l'écart. J'ai figuré dans l'épisode, mais à l'écart, car c'est trop dur à expliquer.

 

 
 
On savait qu'il y avait des Klingons qui ne ressemblaient pas aux nôtres. Pas évident de mêler Worf à ces Klingons-là sans rien expliquer. C'est un problème sur lequel méditaient Star Trek et les fans de Star Trek depuis des années. Pas une seule explication n'échappe au ridicule. Elles sont toutes ridicules. La mutation génétique, Les gars avec la bosse sur le front sont du Nord, les gars humains sont du Sud... Toutes les idées étaient aussi ridicules. En fait, on a juste changé le maquillage. On a donc décidé que Worf dirait juste que c'était une longue histoire. C'est un clin d'oeil au public : "On sait bien que ce n'est pas logique".

 




Ils voulaient que je sois comme les anciens Klingons. "Débarrassez-moi de ça ! C'est un fléau. On devrait les exterminer." J'ai dit : 'Vous savez, ça se passe un siècle plus tard. "Et si Worf ne les aimait pas, "mais ne voulait pas pour autant les exterminer ?" Il y a eu des fléaux dans notre pays. Les lapins ont constitué un fléau. Les gens allaient les... Ils dévoraient tout. On les exterminait.
 

 


Arne Darvin

 
 
On était dans une pizzeria à Beverly Hills et je disais que si on faisait cet épisode, ce serait bien de faire appel aux acteurs qui étaient dans l'épisode original des Tribules. Le seul auquel je pouvais penser était l'acteur Charlie Brill. Au milieu de la conversation, je me retourne du côté du comptoir où les gens mangent leur pizza... et voilà que je vois Charlie Brill. C'était Charlie Brill, j'hallucinais. Quelle est la probabilité ? Tout le monde a rigolé, croyant que je me payais leur tête. J'ai dit : "Non, c'est lui. C'est Charlie Brill. "On va faire cet épisode et Charlie Brill va jouer dedans. "C'est Dieu qui nous envoie un signe."

 





Je suis allé au comptoir, ils m'ont regardé en se disant qu'ils tenaient leur épisode. Tout ça, grice à une pizza. Si j'avais commandé un repas entier, j'aurais été un régulier
 

 




Il n'y avait pas de doute, c'était bien lui. Plus tard, il m'a demandé pourquoi je n'avais rien dit. Mais je me disais : "Et s'il n'était pas disponible ?" Mais c'était bien lui. Dans ma vie, et pas seulement ma vie professionnelle, j'aurais du mal à me souvenir d'une autre coïncidence aussi énorme que celle-ci et aussi incroyable que celle-ci. Voilà l'histoire de Charlie Brill : ça prouve que Dieu est un fan de DS9.
 

 

 
 

 





Me demander de rejouer dans une série de cette envergure, de cette claue, revient à me demander d'entrer dans l'histoire une 2e fois. Deux chances d'entrer dans l'histoire. C'est fabuleux. Je suis flatté.
 

 

 
 
On avait recréé certaines scènes avec tant de perfection, avec les personnages qui déambulaient dans les vrais costumes, les décors et l'éclairage, tout ce qui rendait la série différente. Ils ont passé un très bon moment. En voyant qu'on n'essayait pas de tourner ça en ridicule, les gens ont fait preuve d'un grand soutien.

 

 
 
C'est exactement pareil. La garde-robe est exactement la même. Le maquillage, l'ambiance, l'atmosphère. Ça me plall: que ce soient des jeunes qui écrivent la série. Ils n'étaient pas nés à l'époque de l'épisode, mais ils savent quand il s'est passé de bonnes choses.

 

 
 
On aurait pu parler de l'épisode original, en montrer des scènes, faire un hommage ou des références à l'épisode original, mais vraiment recréer cet épisode, les couloirs, une partie de la pauerelle, refaire les ascenseurs, enfiler les costumes, c'était une occasion en or pour nous. Je crois que c'est sur cet épisode qu'on a aimé travailler le plus. C'était un moment spécial.

 



J'ai cru qu'après cet épisode, la saison s'arrêterait, qu'on allait devoir fermer boutique. On avait investi tellement de temps et d'argent dans cet épisode. En hommage à tous ces gens, ils sont revenus la semaine suivante, prêts à continuer. C'était extraordinaire. Moi qui avais répondu "Je ne sais pas" quand Rick me l'avait proposé ! C'était une réponse tellement bête. C'était un hommage formidable. On nous a dit combien les gens aimaient la série originale et l'idée de franchise. C'est le plus beau cadeau qu'on aurait pu leur donner.
 

 

 
 
 

 





C'est formidable qu'ils aient fait autant attention aux détails. Gene Roddenberry aurait été fier de ces gens.
 

 


Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Deep Space 9 Saison 5