Dossier sur l'équipage : Julian Bashir

 
 
Bashir était comme une page blanche. Personne ne savait rien de lui. Quand je suis venu pour l'audition, c'était un personnage quelconque. Il s'appelait Amoros. Il allait être d'origine hispanique ou d'Amérique du sud. La bible d'origine consacrait deux lignes à Bashir et six pages à tous les autres personnages concernant leur identité. Il fallait un médecin, car il y en a toujours un. Ils se demandaient qui cela pourrait bien être. J'ai franchi le pas de la porte. C'est là que tout a commencé. J'étais libre de faire ce que je voulais. Il avait environ huit répliques dans la première. C'était peu. Ils ne savaient pas comment il évoluerait. Le plus excitant, c'est qu'il n'y avait rien d'écrit à son sujet. Il ne suivait aucun stéréotype. Il ne sortait pas d'un moule. Je pouvais jouer le rôle d'un homme paniqué à l'idée d'être dans l'espace car j'étais moi-même paniqué à l'idée d'être à Los Angeles. Un jour, je me promène dans les rues de Londres, le lendemain, je me promène dans les rues d'Hollywood. "Ouah ! D'où sortent tous ces gens ?" C'est comme ça que tout a commencé pour ce personnage. Ils avaient très peu de projets pour lui. Ils disaient : "Montrez ce que vous savez faire." Je répondais : "Je ne sais pas quoi faire. Montrez-moi." certains épisodes étaient excellents.

 

 
 
A vrai dire, le Dr Bashir était au départ le personnage le moins aimé des fans. Ils opposaient une certaine résistance à son égard. Ils le trouvaient trop jeune, trop arrogant, trop maladroit et manquant d'expérience. Nous avons décidé d'en faire quelqu'un de remarquable. Sid étant un acteur remarquable, on allait faire de son personnage quelqu'un de remarquable. Au fil des ans, ce personnage a pris de l'importance. La relation entre Bashir et O'Brien est la plus belle amitié de toute l'histoire de Star Trek. Spock et Kirk entretenaient des rapports de capitaine et d'officier en second. Il s'agit ici d'une amitié d'égal à égal. L'évolution de leur relation est incroyable.

 

 
 
 
Dans l'un des épisodes, nous avions échoué sur une planète et nous étions dans un bunker. L'un de ces épisodes qui rapprochent. "Va-t-on s'en sortir? Comment va-t-on faire ?" On n'a aucune chance de s'en sortir, sauf qu'on est parmi les personnages principaux, donc on est presque sûrs de ne jamais mourir, mais on nous le fait croire. Je crois que c'était notre vrai premier... On était coincés ensemble et on ne pouvait rien y faire. C'est le fondement de la relation. On dirait que ces deux-là aiment se détester. Ils sont toujours fourrés ensemble. Ils choisissent d'aller au bar ensemble, mais ils finissent par se demander ce qu'ils font là. Je suppose que les gens ont des amis comme ça. C'est comme ça que ça a commencé. Garak est l'un de mes personnages préférés. Sans lui, la dynamique de la série aurait été différente. Pas aussi intéressante. Pour le côté espionnage, sans la contribution d'Andy, qui a créé un sens de l'intrigue, la Section 31 n'existerait pas et l'histoire n'aurait pas évolué. Je dois beaucoup à Andy.

 

 
 
 
C'est le médecin idéal, il respecte son serment d'Hippocrate. Il fait preuve de beaucoup de compassion. Il voit cet homme qui ressemble à un reptile, qui est en retrait, dont la race est détestée de tous, et qui est mystérieux. Garak est-il un espion? Ou bien est-il un simple tailleur comme il l'avance ? Qu'est-il ? Qui est-il ? Au départ, Bashir est attiré par lui car il veut savoir qui il est. ce qui arrive ? ce qui est bien, c'est que cette relation passe à l'étape suivante. C'est-à-dire que Bashir représente l'humain droit et juste. Il a de la compassion, il est bienveillant et il est curieux.

 


Travailler avec Data

 
 
J'ai toumé un épisode avec Data. Nous essayions de réparer le cerveau de Data. Ses circuits fonctionnaient mal et on lui a rajouté un peu de mémoire. Cette séquence n'était pas finale. Mais je crois qu'elle a été gardée. Regardez Bashir lorsqu'il marche dans la coursive dans la scène finale. Regardez-le de la tête aux pieds. Vous allez voir qu'il porte des pantoufles roses. On les porte à cause du bruit. Il ne faut pas faire de bruit pendant que les gens parlent. Alors on nous fait porter ces pantoufles roses. Je n'avais pas enlevé les miennes. C'était de ma faute. Des têtes sont tombées. Mais ça vaut la peine de regarder.

 


Bashir et l'amour

J'avais la réputation d'être la seule personne à ne pas avoir de succès auprès des filles dans une série télé. Bashir essuie toujours des échecs. Il aurait dû avoir plus d'occasions. Un personnage de série télévisée. S'il y a un endroit où l'on est sûr d'avoir un rendez-vous, c'est bien là, mais il n'y est jamais parvenu. Je ne sais comment expliquer. C'est très compliqué. Il n'avait pas de chance. Il a eu deux petites amies. Melora était la première. Puis il a dû attendre longtemps avant d'avoir Ezri Dax. Je ne crois pas qu'il y ait eu quelqu'un d'autre. J'ai oublié cet épisode car mon fils Django est né ce jour-là. Il est né le jour où l'on a commencé le tournage de l'épisode. Django est né à 23h16. Et à 5h30 du matin, j'ai dû quitter l'hôpital pour aller sur une plage à Malibu pour le tournage. Je suis étonné qu'ils n'aient pas dit : "Nana, où es-tu ? On a besoin de toi. J'arrive." Je n'y étais pas vraiment. Je ne me rappelle pas avoir embrassé Leeta. Six heures après la naissance de mon fils, j'étais sur le plateau par un matin glacial. Même la présence de Vanessa Williams me faisait peu d'effet.
 

 

 
 
 

 

 
 
ce que j'aimais chez Bashir, c'est qu'il n'avait pas de passé. Il est clair qu'il n'était pas d'ici. ce n'était pas le Blanc occidental de type caucasien. Il est comme moi. Mat, pas sûr de ses origines. Il pourrait être italien, arabe, indien, espagnol ou sud-américain. Ils ont bien fait de laisser planer l'incertitude. Ils ne disaient pas : ''Consultons notre docteur indien." Ou : ''Consultons notre docteur arabe." Je suis content qu'ils soient restés vagues. ce n'était pas une question de Iâcheté, mais plutôt une question de courage. Ça lui a permis de ne pas se faire cataloguer.

 

 
 
 
Il a été soumis à des manipulations génétiques. C'est une sacrée responsabilité. Je n'étais pas au courant. C'est arrivé comme ça. "J'ai été génétiquement modifié? Depuis toujours ? "Depuis l'âge de six ans? "Alors je suis l'homme bionique et je joue le rôle de ce loser ?" cela se passe comme ça à la télévision. "Aujourd'hui, vous êtes génétiquement modifié." Chacun voit un personnage sous un angle différent. S'il y a quelque chose qui me plall: dans ce personnage, ma contribution, en quelque sorte, à l'univers de Star Trek, c'est une chose politique. Il y a un type dans la série qui n'est pas blanc, mais on l'accepte comme tel. J'ai été accepté comme ça. On ne m'a pas catalogué comme acteur de couleur, ce qui a toujours été le cas pour moi. Ça ne me gêne pas d'être catalogué ainsi, mais il y a un type qui joue dans une série aux Etats-Unis qui passe tard le soir ou tôt le matin et que l'on peut regarder sans penser à la question de la race dans cette série. Et ça me plall:.

 


Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Deep Space 9 Saison 6