Dossier sur l'équipage : Quark

Ma mission, en interprétant le rôle de Quark, consistait à remédier aux choses horribles que j'avais faites aux Ferengis dans "Le Demier avant-poste". J'y apparaissais comme un personnage à une dimension. Roddenberry voyait les Ferengis comme des êtres vicieux et sinistres représentant une menace pour la Fédération. Malheureusement, mon interprétation était plut6t comique et j'avais posé la première pierre du mur de Star Trek, donc les Ferengis suivants devaient être du même type. Quand on m'a attribué le rôle de Quark, ma mission, qui consistait à changer ça, était de taille. Essayer de transrormer Quark en un personnage en trois dimensions. Une grande partie du public ne voit que le côté comique de Quark. C'était son rôle dans la série. Mais j'ai essayé d'en faire quelqu'un de plus complexe, et les scénaristes m'ont confié des choses très intéressantes.
 

 

 
 
 

 

 
 
Les Ferengis sont les êtres les plus humains. Les humains dans Star Trek sont plus évolués que nous. Mais pas les Ferengis.

 




Le personnel de Starfleet est généralement honorable. Ces gens n'ont peur de rien. Ils sont prêts à se battre pour ce en quoi ils croient. Mais je ne crois pas que la plupart des humains soit comme ça. Tandis que Quark, avec toutes ses manies, ses peurs, ses aspirations et son désir de se faire de l'argent, est plus proche du commun des mortels. Pour moi, les Ferengis sont
 

 

 
 
les êtres humains du XXIe siècle. Ils ont l'énergie, le besoin de réussir, la cupidité, l'intérêt personnel, le bon et le mauvais côté des humains.

 

 
 
Quark était sans doute le personnage le plus drôle et le plus facile à définir. Nous avions une idée précise de son rôle. Il nous a fallu peu de temps pour comprendre ce que la relation entre Quark et Odo serait. La relation entre Odo et Quark est un peu l'équivalent de Spock et Bones dans Deep Space Nine. Très amusant à écrire.

 

 
 
Dans la première saison, comme nous portions une prothèse, nous passions beaucoup de temps à nous faire maquiller. Et une relation merveilleuse s'est créée entre Rene et moi. Et bien qu'au départ les personnages étaient censés se détester, se disputer sans cesse, il se trouve que les acteurs se sont appréciés de plus en plus, à tel point qu'on ne pouvait pas le cacher. Je crois qu'on a essayé... mais c'était là, tout simplement. Et donc la relation haine-amitié a évolué pendant sept ans. C'est toujours formidable, pour Rene et moi. Les gens nous posent des questions sur la relation Quark-odo. On se gratte la tête. On sait qu'il y a quelque chose. On sait que c'est quelque chose de viable. Mais on sait que ça s'est peu manifesté en sept ans. Si l'on compare avec Bashir et O'Brien, ou Kira et Sisko, ces relations sont omniprésentes et c'est évident. Mais si on revient en arrière, on voit très peu Quark et Odo ensemble. Et quand ils sont ensemble, c'est pour environ 30 secondes, pas plus. Ils passent et quelqu'un dit quelque chose, quelqu'un réagit, puis ils continuent leur route. C'est un hommage, si je puis dire, à nous deux, que d'avoir pu faire tant de choses en si peu d'images.

 

 
 
Les Ferengis sont très famille. Le voyage à Ferenginar était très excitant car il nous permettait de voir à quoi ressemblait la planète. Elle ressemble à Seattle un jour d'orage. C'est une société centrée autour de la famille, et, comme dans bien des sociétés asiatiques, elle est dominée par la mère.

 



Quark n'a pas eu de modèle paternel. Sa famille est très importante à ses yeux. Dans les demiers épisodes, alors que tout le monde vit une relation amoureuse, je vis la mienne avec mon frère. Nous avons creusé de plus en plus la relation familiale, ce que j'ai trouvé gratifiant. cela a enrichi ma relation avec mon propre frère et m'a donné un aperçu d'un monde différent.
Dans les derniers épisodes, les scénaristes m'ont donné des répliques du type Spock au sujet de l'humanité. L'un des plus grands moments pour Quark a été l'épisode "Le Siège de AR". 445. Je ne sais pas. 544.
 

 



"Je vais te dire quelque chose sur les humains, mon neveu. C'est un peuple amical et merveilleux à partir du moment où il est repu et que ses hoIosuites fonctionnent. Si on lui enlève son confort, si on le prive de nourriture, de sommeil, de douches soniques, si sa vie est en péril pendant un certain temps, ce même peuple amical, intelligent et merveilleux deviendra aussi méchant et violent qu'un Klingon assoiffé de sang."
Ces paroles étaient belles. Et j'avais l'honneur de les prononcer.
 

 



Dan Curry a passé une semaine et demie à me montrer comment manier l'arme. Dans la scène de combat, c'est surtout moi qu'on voit. J'étais content de faire ça. En sept ans, Quark a peut-être dû tenir un phaseur trois fois. On peut dire beaucoup de choses sur Quark, des choses pas forcément agréables... mais on peut dire... qu'il n'a jamais, sauf dans ces cas-Iè, fait de mal à personne sur le plan physique. Les épisodes d'action sont très drôles à faire. Avec du recul, je suis honoré d'avoir occupé cette place dans Ster Trek.
 

 


On peut se tromper au sujet de Quark. Il berne constamment les gens et vend des marchandises au marché noir. C'est le cas dans les deux premières saisons. Mais le fait est que Quark devient un animal domestique à partir de la deuxième saison. Pourtant, les autres personnages et le public ont continué à le considérer comme une crapule. Je me suis rendu compte qu'au bout d'un certain temps, il ne volait plus vraiment. Oui, il s'inquiétait de ses résultats financiers, mais il ne faisait plus rien de tout ça, il ne trichait plus. Mais comme il était comme ça au départ, les autres personnages ne lui ont jamais pardonné son passé, un passé nécessaire à sa survie dans deux régimes oppressifs.
 

 

 
 
Sous le nouveau régime, le régime de la Fédération et des Bajorans, il s'est fait domestiquer et a appris à embrasser les principes de cette nouvelle société. Voilà ce qui arrive au cours de ces sept années. Il se radoucit et devient un membre à part entière de la société dans laquelle il vit. Là encore, c'est cette sorte de changement subtil qui caractériserait un humain évoluant dans une nouvelle société.

 

 
 
C'était bien... d'avoir un frère ainé pour me donner l'exemple. C'est vraiment ce qu'il a fait. C'est quelqu'un de bien. J'ai beaucoup appris de lui.

 

 
 
J'ai bien aimé jouer aux côtés d'Armin. C'était une expérience incroyable car il donne beaucoup. Ça fait bizarre d'être l'invité vedette. On se sent comme le petit nouveau. Tout le monde se connall: et sait ce qui se passe. Ils connaissent le rythme. Et vous êtes là, debout, et vous dites... "Bonjour." C'est Armin qui a fait le premier pas et a dit : "Bonjour, Bienvenue. "Si vous avez besoin de quoi que ce soit, si vous avez des questions, ''venez me voir. Je serai là pour vous aider." Et ça suffit. On se dit qu'on est bien tombé. Il est rare de rencontrer des gens accueillants sur un plateau. Armin Shimerman est fantastique.

 

 
 
J'adore Armin. Il est adorable. C'est quelqu'un de bien. C'est un homme très gentil, très intelligent et très intéressant. Il est très généreux. Il met toujours les gens à l'aise. Il avait toujours beaucoup de répliques et de choses à faire. Il n'entendait pas très bien à cause de sa prothèse, mais il se débrouillait à merveille. C'était quelqu'un d'adorable.

 




Il arrivait à oublier qu'il avait une tête énorme. C'était vraiment impressionnant. Je crois que seul un acteur aussi expérimenté et talentueux peut faire ça. Il me le faisait oublier aussi. Quand je voyais des photos publicitaires de lui habillé en Quark, je me disais : "Comme il est attirant." "Attends un peu ! Il a un derrière sur la tête !" Mais c'était le pouvoir de ses yeux. Il savait comment en jouer.
 

 

 
 
 
Le charme que j'infusais à Quark, charme qui le rendait tolérable aux yeux des autres personnages, était, je crois, un atout indéniable. Et l'autre chose que j'ai peut-être donnée à Star Trek, pas seulement moi, mais aussi Max, Aron, Wallace, Cecily et, dans une certaine mesure, Jeffrey, c'est que nous avons fait d'une race méprisée une race plus ou moins semblable aux Klingons. Dans la série originale, les Klingons étaient des êtres méprisés de tous. Et grâce à Michael Dom et à Ronald Moore, ils sont devenus une espèce avec laquelle il faut compter, une espèce qui fait partie de la franchise Star Trek. Je me plais à dire que moi et mes homologues en avons fait autant pour les Ferengis. Et c'était comme un hommage pour nous que l'Enterprise ait eu un épisode ferengi et que Voyager en ait eu plusieurs. Le fait que nous ayons pu développer cette race et lui faire occuper une place fondamentale au sein de la franchise Star Trek.

 


Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Deep Space 9 Saison 6