Deep Space Nine : la fin d'une ère



Le plus grand défi, pour conclure la série, c'est quand on a compris que pour trouver une fin à un si grand nombre de personnages, il faudrait des épisodes de plus d'une heure. Même lorsqu'on a décidé que le dernier durerait deux heures, on a compris qu'il fallait vite s'occuper du sort des personnages. Tout est imbriqué et forme un tout cohérent. Décider de la façon de s'y prendre n'a pas été facile. Si on avait eu cinq épisodes de plus, on les aurait utilisés.
 

 


Je savais qu'on devait... Je voulais recoller toutes les pièces du puzzle. Je ne voulais pas que la série se termine comme tant d'autres, avec une incertitude sur le devenir des personnages. Il est clair qu'ils ont une vie, mais je voulais mettre un point final. C'était important. C'était en partie égoïste. On avait joué avec les personnages pendant sept ans. Si quelqu'un allait prendre la relève, il fallait qu'il reprenne les choses telles qu'on les avait laissées. Il a donc fallu se mettre d'accord sur le devenir de chacun. Les gens avaient des idées précises sur ce qui allait arriver à Bashir et à O'Brien et... Il y a eu beaucoup de séparations qui reflétaient notre propre séparation. Bashir et O'Brien se sont séparés, Kira et Odo se sont séparés, et Sisko et Jake se sont séparés. C'était quelque chose.
 

 

Dès la 6e saison, on savait que la fin approchait. C'est à ce moment-là que nous avons commencé à en parler. Nous avons eu des sentiments mitigés dès que nous avons commencé à parler de la fin. On avait du mal à croire que ça finirait. Mais on voulait soigner la fin. On voulait régler le plus de choses possibles. Toutes nos discussions allaient dans cette direction. Que va-t-i1 arriver à Quark? Que va-t-i1 arriver à Rom? Va-t-on tuer des personnages principaux ? Qui va aller où ? Bajor reviendra-t-elle dans la Fédération? Les scénaristes retoumaient sans cesse toutes ces questions. A partir de la 6e saison, on s'est concentrés sur la fin, sur la façon de boucler la série. Mais on a toujours de nouvelles idées, et de nouveaux fils se tissent. On part d'un petit morceau d'étoffe pour arriver à une tapisserie gigantesque qu'il faut terminer. Je suis sûr que certaines choses ont été laissées de côté. J'en suis sûr. Mais on a porté notre attention là-dessus pendant deux bonnes années.
 

 

 
 
Puis il y a eu toute cette histoire. Je voulais qu'Avery Brooks devienne un dieu, ce qui, à mon avis, aurait été parfait à de nombreux points de we. La franchise et les fans ayant mis les capitaines au rang de dieux depuis l'époque de Kirk, autant qu'ils deviennent des dieux. Je voulais que cela se concrétise. Je voulais le faire devenir Prophète. Je pensais que ça aurait été merveilleux.

 

 
 
 
En termes de production, quand on arrive à la fin d'une saison, tout est réduit. Il y a moins de temps entre le scénario et le tournage, moins de temps entre le tournage et la fin du montage, moins de temps pour décider des effets spéciaux et du moment où il faut qu'ils soient terminés. On faisait le plus grand épisode de Deep Space Nine jamais réalisé en termes d'envergure et d'effets spéciaux, et on disposait de moins de temps que d'habitude. Les effets spéciaux du dernier épisode étaient les plus ambitieux de ceux auxquels nous ayons eu recours. Pourtant, nous disposions de moins de temps. Grâce à des gens formidables qui se sont adaptés au fil des ans, des gens en phase avec Star Trek, on s'en est très bien sortis.

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 

 

 
 
 
Dans une certaine séquence, il y a une caverne de feu. Nous avons donc da combiner des éléments qu'on pouvait filmer, comme de l'azote liquide, et des images de synthèse afin de créer des entités ressemblant à du feu et s'élevant pour posséder Gul Dukat et Kai Winn. Finalement, nos héros tombent et se retrouvent au fond.

 




Les scènes de bataille vont plus loin que celles réalisées jusqu'alors. Nous voulions marquer le coup. D'une part, on trouve une issue à une grande guerre, et, d'autre part, on conclut des histoires centrées sur des personnages qui ont fait de la série ce qu'elle a été pendant sept ans, le tout combinant de l'action et de grands retentissements.
 

 

 
 
 

 

La dernière saison n'était qu'un grand combat. Il fallait que tout soit de plus en plus grand. Quoi qu'on ait fait dans la scène de bataille précédente, Ira disait toujours : "II faut que ce soit encore plus grand". Les scènes de bataille ont donc peu à peu pris de l'importance. En arrivant au dernier épisode, nous avions atteint la limite. D'après le scénario d'origine, le dernier épisode comprenait trois séquences de grande bataille. Quand nous avons commencé l'épisode, nous l'avons divisé. Un seul superviseur n'aurait pas pu faire tout l'épisode. On l'a donc découpé en plusieurs parties, et on m'a confié les scènes de bataille qui avaient été réduites. A l'origine, l'épisode comprenait trois grandes batailles. Finalement, il y a eu une grande bataille et une escarmouche. Il y avait beaucoup d'éléments intéressants, notamment un plan montrant le Defiant faisant des loopings pendant la bataille, des vaisseaux qui explosent, et des tirs émanant de toute part. Ensuite, il attaque un vaisseau du Dominion et le détruit. Puis, il y a la scène préférée de Paul Maples, le programmateur. Le Defiant s'échappe et traverse la scène de bataille, poursuivi par deux vaisseaux qui lui tirent dessus. Tout a été réalisé avec des images de synthèse.
 

 

 
 
 

 

 
 
J'ai eu la chance de travailler avec des gens formidables. On a travaillé ensemble pendant longtemps. Dire qu'on forme une famille peut faire cliché, mais c'est vrai. On est soudés, quoi qu'il arrive. On est enthousiastes. On trouve que tout ça est très cool. Je crois que cela se ressent à l'écran.

 




Deep Spece Nine traite de deux univers. L'univers de Starfleet, que tout le monde connaît, et l'univers des Cardassiens et des Bajorans. Notre principal défi consistait à donner un sens à tout ça, tout en insistant sur le côté différent de cette culture que l'on comprendrait si on l'étudiait de près. Mais on ne la comprend pas car il faut qu'elle reste étrangère. C'est le côté amusant de la série.
 

 




La série est plus grande que tous ses éléments réunis. C'est maintenant devenu une mythologie dans le monde entier, au même titre que le panthéon des dieux grec, sauf que les personnages de Star Trek sont des personnages fictifs. Avoir pu faire partie de cet héritage, qui nous survivra à nous tous, est un merveilleux cadeau pour ceux qui ont participé à la série.
 

 


Je pense que c'est Deep Spece qui a repoussé les limites de Star Trek. Il y a eu la série originale, qui est la référence et qui a changé l'approche de la science-fiction à la télévision, du moins la science-fiction dans l'espace. Puis il y a eu Le Nouvelle génération, qui était une réussite, mais qui n'était qu'une réplique de l'original. D'accord, il s'agit d'un autre vaisseau, d'un autre capitaine. C'est différent, mais ça reste une réplique de l'original. Ensuite, il y a eu Deep Space. La série a adopté une nouvelle approche. Elle a dit : 'Vous croyez tout savoir sur Star Trek? Prenons donc une station spatiale, moins de lumière, une histoire continue, et défions vos idées reçues au sujet de cette série-culte". ce fut une très grande réussite. Je crois que c'est la meilleure série. Elle est incroyable.
 

 




La plupart des gens n'ont pas le même travail pendant sept ans, dans un même bureau ou dans une même société. Je ne suis pas resté dans une école plus de cinq ans. Je n'ai jamais passé tant de temps à faire quelque chose.
 

 

 
 
En tant que scénariste, cette expérience a été pour moi la meilleure de toutes. J'étais assis dans une pièce avec des gens que j'aimais et respectais et je parlais continuellement de choses dont je voulais parler. On était libres de suggérer et d'essayer ce qu'on voulait. Nous, les scénaristes, étions proches. C'était très important pour moi. Je pense toujours à cette époque.

 



C'était triste. C'était vraiment difficile pour moi. C'était ma tribu, et je n'avais jamais fait partie d'une tribu aussi longtemps. Quand on travaille pour Broadway, ça dure un an tout au plus. Mais être aux côtés de tous ces gens pendant sept ans, c'était réconfortant. J'avais l'impression d'appartenir à un clan, à une communauté. Et la dernière année, j'ai commencé à me préparer pour le dernier jour. Le dernier jour, j'étais dans un triste état. Oui, dans un triste état.
 

 




Les fans de la série sont parfois des critiques sévères, alors on essaie de les satisfaire. Je trouve ça fantastique à tous points de we. Ça n'a pas été évident, mais on a réussi à ficeler toutes les histoires, tant au niveau personnel qu'au niveau politique et stratégique, avec tous les conflits qui faisaient rage.
 

 



Je ne me suis jamais trouvé dans une situation où l'on est à la fois impliqué et témoin. Mais ça a été le cas pour beaucoup de gens. On était encore dedans, mais on sentait la fin arriver. Alors qu'on travaille et qu'on essaie de résoudre les problèmes quotidiens liés aux scénarios et à tout le reste, on ne peut pas s'empêcher de prendre du recul et de se dire : "C'est le dernier épisode ferengi. "C'est la dernière fois que l'on va traiter de ceci ou de cela. "Aurons-nous un jour encore l'occasion d'avoir une trame de sept ans "permettant de raconter une histoire aussi riche et complexe que celle-ci? "Peut-être pas. Ça y est. Cette fois, c'est fini".
 

 


Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Deep Space 9 Saison 7