Une nuit à l'infirmerie

Enterprise
saison 2
Bonus

Une nuit à l'infirmerie

 



Chaque fois qu'on essaie d'écrire une série, c'est... On les appelle épisodes-vaisseaux ou épisodes-ascenseurs. Arrive un moment, à chaque saison, où les studios disent: faut limiter les frais. Vous dépensez trop." Et les scénaristes disent: "On va vous faire un épisode-vaisseau." faut faire deux épisodes-vaisseaux·, disons. Comment ils arrivent à faire ça... La formule classique: deux personnes prennent l'ascenseur, ou quatre, et elles commencent à descendre, mais l'ascenseur tombe en panne, et elles sont là, la lumière s'éteint, et qu'est-ce qui arrive à ces gens, pendant les 52 minutes qui suivent, ou le reste de l'épisode. C'est un bon exercice d'écriture, ça fait travailler l'imagination. C'est intéressant et fascinant.
 

 




Dans Mon ami Porthos, mon chien tombe malade. Je l'emmène avec moi, et on essaie de négocier avec cette espèce qui nous tient éveillés toute la journée. Les négociations se passent très mal, le chien tombe malade, je me fais du souci, mais je suis vraiment inquiet vis-à-vis de la situation, et, un peu dans les vapes, je finis par passer une nuit à l'infirmerie avec Phlox.
 

 



Le chien du capitaine est en danger de mort, et le capitaine se comporte un peu comme dans Drôle de couple. Il finit par devoir... Il refuse de regagner ses quartiers tant que son chien est en danger de mort, et il décide de passer la nuit à l'infirmerie. On a donc le capitaine et le médecin ensemble à l'infirmerie une nuit où beaucoup de choses se trament autour d'eux. Ça a été un de ces épisodes relativement économiques et assez humoristiques, plus centrés sur les personnages que sur la science-fiction.
 

 




J'aime les histoires où on développe cette composante très humaine, très affective de sa personnalité, qui est presque hors contexte, presque exageree, dans le cadre de cette situation très stressante où il s'agit d'obtenir une nouvelle pièce pour le moteur d'un peuple avec lequel on a eu des problèmes. Sur le plan diplomatique, je suis à l'épreuve, et exténué.
 

 

Bruce Branit, de l'infographie, a réalisé les chauves-souris. Je voulais vraiment qu'elles soient réussies, et si vous regardez bien, il Y a un plan où une chauve-souris regarde Phlox, qui a ces petits oiseaux en papier. Ils étaient fabuleux. Suzi Shimizu les a conçus, et ils étaient sensas. Mais on filmait de très près, et c'est délicat de montrer de près une créature en images de synthèse. Les poils de la chauve-souris, et le reste, j'ai trouvé ça fabuleux. C'est David Straiton qui a réalisé cet épisode, et je crois que, quand on a des acteurs comme John Billingsley et Scott... C'était génial. La plupart du temps, on peut se faire une idée. Bon, je veux que la chauve-souris fasse ci et ça, qu'elle vole partout, et dans cette scène, Hoshi va l'attraper. Prenez un bâton, envoyez-lui quelque chose dessus. Poursuivez-la, mais en gros, c'est: "Faites ce que vous voulez, "et on s'arrangera pour que vous n'ayez pas l'air bête. "Si vous êtes censés rater votre coup, "vous ne raterez pas de beaucoup. On chorégraphiera tout ça. " Mais ces types sont sensas. Du coup, on s'est bien amusés, là encore. Phlox, adorable... Quand il avance doucement avec son bâton et qu'il fait tout tomber. Quand on a une séquence comme ça à tourner, tout le monde se prend au jeu. Quand Hoshi attrape la chauve-souris... On en demande beaucoup aux acteurs. On essaie d'expliquer. "Je ne sais pas exactement à quoi elle ressemblera, "mais tu dois l'attraper. " Alors elle l'attrape, elle la caresse, et c'est un défi pour les animateurs d'arriver à faire en sorte que ça colle, mais si on ne leur donne pas trop d'instructions, qu'on les laisse être le plus naturels possible... Linda a été parfaite. J'ai trouvé ça super. Les gars qui courent partout, qui font tout tomber, les filets et tout ça, et elle, elle l'attrape tranquillement et la caresse. Superbe.
 

 






J'adore travailler avec John. On a un excellent rapport. Ce petit épisode magique sorti de nulle part était vraiment amusant et excitant, et sombre, par moments.
 

 

Cet épisode en particulier, parce qu'il y avait une note d'humour, et qu'il était empreint de comique gestuel, ne posait pas les mêmes problèmes que, par exemple, j'imagine... Ça aurait été délicat, dans l'épisode qui se déroulait dans la navette, entre Dominic et Connor, où il y a cette sensation de claustrophobie. On n'a pas une tonne d'options pour rendre l'aspect visuel intéressant. On est limités. La réussite de la scène repose sur les acteurs et sur leur capacité à rendre leur personnage et leur jeu attachant. J'ai toujours trouvé, sincèrement, que... Finalement, voilà ce qui compte: quand je regarde une série, si le personnage m'intéresse, si je suis intéressé par ce qu'il exprime à travers son personnage, je serai captivé. Pas besoin d'une tonne d'effets spéciaux, pour ce qui est de l'image. En ce qui me concerne.
 

 

Le pire, dans cet épisode, c'est que pour la première fois, on devait porter ces combinaisons de salle d'hôpital. C'est un genre de caoutchouc synthétique, qui a un look incroyable, mais on a dû réenregistrer tous les dialogues en post-production. On ne riait pas beaucoup, parce qu'on savait qu'à chaque mouvement, la matière crissait et couinait, et cet aspect-là était un défi. Visuellement, cet épisode était remarquable. L'idée de mettre Porthos dans l'eau, dans cet aquarium, de le faire flotter, et les petites bulles. En réalité, on a énormément ri et on a passé un super moment. John est une sorte de sorcier, en gros. Il ne connaît pas de limites. Quand on ne tourne pas, pour ce qui est du genre de médecin qu'il est, on ne sait jamais ce qu'il va nous sortir. Les gens sont vulnérables face à lui, sur les lits de l'infirmerie, ou en mauvaise posture. Alors quand la caméra ne filme pas, il fait exprès de nous embarrasser. Il nous fait tous beaucoup rire.
 

 

Ce qui me plaisait, c'était que ça traitait d'une sorte de problème sexuel. .. C'était une façon de dire gentiment: "Tous ces gens sur ce vaisseau doivent être en manque. "Comment est-ce qu'ils font ?"
 

 






"Quand vous retournerez à la Passerelle,
vous pourrez m'envoyer votre fessier? Baiser. Dossier."
 

 

Ils ont fait dire ça au capitaine, et je crois que certains fans ont été un peu choqués, parce que le capitaine est censé être fort et stoïque, et peu enclin à succomber à ces sensations de tension sexuelle. J'aime le fait que le médecin dise: "Vous avez envie d'elle, pas vrai? Voilà le problème." Je crois que le médecin, surtout dans les saisons précédentes, n'avait que faire d'être hypocrite. Il était quelqu'un, et c'est un des aspects qui me plaisent, quelqu'un qui était absolument prêt à dire: "Vous ne voulez pas l'admettre, mais en gros, vous êtes en manque. "J'ai tort? Et si on en parlait ?"
 

 




Ça donne lieu à des passages de pure imagination, avec des séquences oniriques et cauchemardesques comme on peut en faire dans ce genre d'épisodes. Tourner cet épisode a été une expérience formidable. Il se passe beaucoup de choses, et j'ai beaucoup de choses à faire. Et en tant qu'acteurs, on veut donner le maximum dans chaque épisode. Alors, vous savez, il y a... Quand des épisodes de ce genre se profilent, on est enthousiastes.
 

 


Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Enterprise Saison 2