Portrait de Connor Trinneer

Enterprise
saison 3
Bonus

Portrait de Connor Trinneer

 




La première année, Trip était un bon gars du Sud enthousiaste et naïf, un peu imprévisible et qui met les pieds dans le plat. Son personnage s'est enrichi par petites touches. La mort de sa soeurjoue un grand rôle et lui donne une certaine profondeur. On le voit mûrir petit à petit, peut-être plus que les autres personnages, car on exige cela de lui. Au départ, il était plutôt inexpérimenté, innocent, un peu effrayé par tout ça, mais très enthousiaste. Et il a mûri pour devenir non pas un personnage froid et rigide, mais il a un peu d'expérience de la vie militaire derrière lui. Il n'est plus surpris au si facilement qu'avant. Et, il reste quelqu'un de très direct.
 

 






J'ai participé au casting des quatre séries de Star Trek depuis Next Generation. Et j'ai rencontré quelques acteurs qui m'ont vraiment épaté. Patrick Stewart, Brent Spiner, Rene Auberjonois, Colm Meaney. On rencontre des comédiens qui nous surprennent par la qualité de leur performance.
 

 






Connor est un acteur formidable. C'est un de ces acteurs qui arrive sur le plateau et qui sonne juste tout de suite et en plus, vous surprend. Il nous donne envie d'écrire pour lui.
 

 


Pour moi, il est dans la même catégorie que Rene ou Colm. C'est un acteur remarquable.
 

 

Son personnage a fonctionné dès le début. Je pense. C'est un personnage qu'on aimait bien car il est inexpérimenté. C'est un grand technicien de distorsion mais il n'a aucune expérience des cultures extraterrestres. Et il ne les aime pas spécialement. Tout ça lui fait un peu peur. C'est moins vrai aujourd'hui, mais il a un point de vue bien affirmé.
 

 

Nous avons fait tout notre possible pour laisser son personnage évoluer, s'épaissir et s'impliquer émotionnellement depuis le début de la série. Si vous regardez les épisodes écrits par Brannon et moi, vous verrez que souvent, Trip est très présent.
 

 





Il me semblait important qu'il cesse d'être le nigaud qu'il était les deux premières années. J'y ai vraiment tenu car je pensais que cela empêchait son développement. La première année, je trouvais ça super, ce côté bon gars de la campagne. Mais on parlait de poisson-chat pané et de tarte aux noix de pécan un peu trop souvent. Il fallait s'éloigner de ça. Son personnage avait été pensé comme ça et c'était sûrement une de mes préoccupations qu'ils ont vite su prendre en compte.
 

 




J'ai trouvé que ça donnait un visage aux victimes. Ce n'est pas simplement nous sur le vaisseau. Vous comprenez, une personne en a souffert, on la voit à la télévision, elle est morte. Je ne sais pas si c'était voulu, mais cela a peut-être un rapport avec le 11 septembre pour le public, le poids de ce drame, le sentiment d'impuissance que Trip ressent. Cela revient dans plusieurs épisodes. Il doit gérer cette perte et cela lui donne l'occasion de passer les différentes étapes du deuil. Il est d'abord en colère, puis très triste. Et il doit finalement l'accepter et aller de l'avant. Ce sont des sentiments très forts à interpréter.
 

 





Je le répète, ils ont très bien su lui permettre de gérer ces situations d'un point de vue émotionnel. Et ils lui ont donné le temps de le faire. Tout ça n'est pas traité en un épisode. Cela revient régulièrement, et ça devient une partie intégrante du tout. On y fait référence furtivement, sans y consacrer forcément une scène entière. Mais ça rappelle tout cet aspect-là de l'histoire.
 

 


La relation entre Trip et T'Pol a commence parce qu'il n'arrivait plus à dormir à cause de la mort de sa soeur. Il va la voir pour ce qu'on appelle des séances de neuropression. Elle l'aide à gérer son chagrin. Et cela se transforme en une relation plus intime. Mais Trip et T'Pol ont une relation intéressante et épisodique. Des fois ça marche, d'autres pas. C'est intéressant. Car le spectateur voit un humain et une extraterrestre essayer de gérer leur relation, alors qu'elle ne montre pas du tout ses émotions. Trip, lui, les affiche très ouvertement. Et leur relation a duré plus longtemps que je ne l'aurais pensé. Je pensais que c'était juste pour se remettre de la mort de sa soeur. Elle l'aide et ils finissent par se rapprocher l'un de l'autre. Car c'est un peu difficile. Ils sont en service, au sein de l'armée. Pas facile de vivre une relation dans ce cadre. Quand est-ce qu'on peut avoir un peu d'intimité? Quand peut-on se montrer en public, étant donné la situation? Il faut naviguer au milieu de tout ça. C'était intéressant.
 

 





Je crois que personne n'a jamais dit dans une interview que c'était facile et agréable de tourner une scène d'amour. C'est... C'est difficile. On doit paraître chaleureux, romantique, alors qu'en fait, ça ne l'est pas du tout. On n'a rien sur soi. On essaie d'avoir l'air romantique alors qu'on est maquillé. Généralement, elle a de fausses oreilles. Et, comme je le disais, il y a les projecteurs tout autour, des gens qui vous regardent en essayant de savoir si la scène est convaincante, alors... Mais on fait avec.
 

 



Traiter du clonage. Les journaux en parlaient beaucoup à l'époque, et surtout les deux années précédentes. L'idée d'interpréter quelqu'un qui est vous, mais pas vraiment vous, mais vous quand même. Il faut qu'il y ait des différences subtiles car on ne peut pas faire une copie conforme. Je ne crois pas que ce soit possible. Ce personnage... Il s'appelle Sim. Il devient adulte en environ neuf jours. Mais il a tous les souvenirs de Trip. Arriver à gérer cela tout en sachant qu'on n'a pas eu le temps nécessaire pour toutes ces expériences qu'on a enregistrées, m'a paru fascinant. Les scénaristes ont bien géré cet aspect. Et LeVar Burton, qui a réalisé cet épisode, a été fantastique. Je proposais des choses qu'il m'aidait à corriger subtilement. Et... Cet épisode était très intense. J'ai beaucoup apprécié le défi que cela représentait pour moi. En gros, je joue Trip, mais pas vraiment. Alors, comment trouver ce "pas vraiment" ? Et le faire avec subtilité?
 

 






Ce qui a été le plus dur, physiquement, c'est d'être suspendu, avec Scott, emballé dans du plastique et recouvert d'un mélange de milk-shake et de gel lubrifiant. Pendant trois jours. On ne pouvait pas bouger. On était coincés là-haut.
 

 





Essayez d'être suspendu, immobile. On a des fourmis dans les jambes. On commence à avoir mal dans des endroits inimaginables et on se gèle, car le corps n'arrive pas à maintenir sa température. On se gèle. C'était le plus dur. J'ai mis très longtemps à m'en remettre. On a été ensablés aussi. Mais c'est plutôt marrant, on n'en meurt pas.
 

 


J'aurais aimé que Scott et moi ayons plus d'épisodes où on fraternise. Car c'était très sympa. Et Clancy Brown a été génial. Et, lors du dernier jour de tournage, nous étions perdus quelque part dans le désert on avait tourné la dernière scène et une tempête de sable s'est levée, qui a tout recouvert sur cette zone. Ils ont fermé la route. On a pu partir, mais il s'en est fallu de peu. Il Y avait des piquets de tente qui volaient. C'était vraiment violent. Et c'est la première fois que j'ai été enterré vivant. Et Scott aussi. Je crois qu'il était sur le dos. Il avait du sable qui lui sortait par le nez. Il a dû émerger de son trou à trois ou quatre reprises, et il avait du sable qui lui sortait du nez. Moi, j'étais sur le côté, ou sur le dos. Oui, j'étais sur le dos, mais j'avais une paille. C'était un peu déconcertant. Mais on ne craint rien car on a quelqu'un juste à côté. On n'a que 15 centimètres de sable sur SOl. Mais on se dit: "On m'enterre vivant !" Bref, c'était intéressant. Tout ça, c'est très sympa.
 

 


Ce qui est intéressant avec cette série, c'est qu'on a des situations qui traitent d'une virtualité réelle, des choses franchement inimaginables. Et il faut essayer de considérer ça comme réel, en tant qu'acteur. Parfois, c'est facile, et d'autres fois, il faut vraiment tout imaginer. Certaines fois, on a besoin de plus d'informations. Plus on avance et mieux on connait son personnage. Et quand on est devant ces situations ou ces scénarios étranges, c'est vraiment indispensable. Je pense que j'ai vraiment de la chance qu'ils m'aient donné toutes ces informations. Je crois qu'ils n'ont pas peur de me mettre dans ces situations bizarres. Il est arrivé des tas de choses à Trip: cloné, enceint... Toutes ces situations, être responsable du suicide d'un personnage, lui ont vraiment donné une certaine profondeur, comme je le disais. Il y avait toujours des surprises. On commence une saison avec certaines idées de ce que va devenir notre personnage. A chaque fois, on me présentait un épisode, et je me disais: "Je n'y avais pas pensé, "mais allons-y." J'ai beaucoup apprécié cela. Ils m'ont beaucoup surpris.
 

 



En tant qu'un des nombreux mecaniciens de la série depuis ses débuts, je suis très fier quand les gens disent que je fais partie d'une lignée, dont je ne pense pas être le dernier représentant. J'en suis très fier. Je pense aussi que le public repense à certains personnages qui ont joué le même rôle dans la série et auxquels ils se sont identifiés. On m'a dit, ce que j'ai apprécié, que pour cette série, j'étais le type comme les autres, celui à qui on pouvait s'identifier. Si vous rencontriez un extraterrestre bizarre, comment réagiriez-vous? Probablement comme Trip. Je pense que ce sera mon legs, si j'en laisse un. Et aussi le fait que je m'éclate à faire ça. Je crois que c'est évident. Cela transparaît dans mon travail. Et j'espère qu'ils penseront que j'étais un bon mecarucren sur ce premier vaisseau.
 

 


Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Enterprise Saison 3