Le nouvel Enterprise

Star Trek
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Le nouvel Enterprise
La création de Star Trek : Le film

 

Star Trek, pour ceux qui sont impliqués, est un mode de vie.
 
Je suis très fier de Star Trek. C'était un divertissement fascinant.
 
On m'avait dit : "Star Trek fera toujours partie de toi."
 

 

Les effets spéciaux, tout ce qui a été fait dans le film... Encore aujourd'hui, voir ce vaisseau voler ou la plateforme... Tout était époustouflant.
 
LE NOUVEL ENTERPRISE
LA CRETION DE STAR TREK:
LE FILM
 
C'est difficile de se rappeler que Star Trek était déjà une légende mais différemment. Il n'y avait que les épisodes de la série.
 

 


"Star Trek: Le Film" est peut-être le premier film fait à la demande de millions de fans. L'adaptation du programme télé au grand écran est l'histoire d'un courage, d'une persévérence et d'une imagination aussi uniques que les voyages de l'Enterprise.

 

Après l'arrêt de la série télé, il y a eu beaucoup de discussions au sujet de son retour. Il fallait faire quelque chose face au succès croissant de la série.
 
Star Trek était à la télé depuis plusieurs années. La série avait du succès. A un moment donné, Paramount a décidé d'en faire un film.
 

 




Nous sommes passés de la série télé que nous préparions à un film de série B, un film à petit budget. Après le succès soudain de La Guerre des Etoiles, les gens à Paramount se sont dit : "Qu'a-t-on dans le même genre ? Que pourrait-on exploiter ?" Quelqu'un s'est lancé : "Nous avons une série qui s'appelle Star Trek.
 

 

Je travaillais pour la chaine de télé Paramount. Je suis retourné sur la production de long métrage. Je devais réunir tout le monde, superviser le développement, et faire en sorte de rassembler une équipe pour faire le film.
 
Jeffrey a voulu aider sur Star Trek. J'ai demandé : "Que veux-tu faire ?" Il a dit : "Je fais les effets spéciaux, la postproduction, et toute la production." "Toi, tu t'occupes de la conception, de l'écriture du script, avec Bob Wise et Gene."
 
Jeffrey représentait le studio. C'était son bébé en quelque sorte. C'est quelqu'un de très passionné. Il s'est plongé dans ce film comme dans une relation amoureuse. A la façon d'un réalisateur.
 

 

Mais monter une équipe n'étais pas aussi simple que cela.

 


Leonard, DeForest et moi-même, nous avons développé un lien proche qui n'aurait pas vu le jour sans Star Trek. J'étais choqué que Leonard ne veuille pas faire le film.
 



Ils voulaient les acteurs d'origine.
 

 

Leonard Nimoy posait problème. Il a dit qu'il ne remettrait plus jamais ces oreilles. Le premier script ne comportait pas le personnage de Nimoy. Il fallait le voir pour lui en parler et le convaincre.
 
Je vous offre mes services de conseiller scientifique.
 
Faire Star Trek sans Leonard Nimoy, c'est comme acheter une voiture sans les roues. Ça semblait impossible. Et illogique. C'est à moi que l'on a donné la mission d'essayer d'entamer les discussions, de faire le premier pas. La seule chose dont je me souviens en détail, c'est de le supplier à genoux dans un restaurant de New York.
 

 





Le seul casting auquel j'ai participé est celui de Steve Collins, qui joue Decker. Je lui ai fait faire un essai et vu qu'il était le meilleur pour Decker.
 

 



Tous les jeunes acteurs d'Hollywood se sont présentés au casting. Je crois que ça m'a aidé. Je suis arrivé, mais c'était juste un rôle pour moi. Rencontrer Robert Wise m'intéressait plus que de faire Star Trek. J'ai fait une lecture. En rentrant chez moi, il m'avait fait une offre. Tout s'est passé très vite. Dix jours plus tard, on filmait.
 

 

Persis Khambatta avait déjà été choisie avant mon arrivée sur le film.
 
 
 
Steven Collins et Persis Khambatta étaient merveilleux. Ils contrastaient par rapport aux acteurs d'origine.
 

 



Persis était très très gentille, évidemment incroyablement belle, une personne très douce, qui, je pense, était un peu troublée par Hollywood.
 
 

 


Le moment le plus émouvant a été lorsqu'elle a dû se faire couper les cheveux. Elle était chauve dans le film. C'était très émouvant. Elle était au bord des larmes quand ils ont coupé ses beaux cheveux. Ils l'ont finalement rasée pour qu'elle soit complètement chauve.
 
 

 


Elle devait venir tôt le matin. Il fallait d'une heure et demie à deux heures pour maquiller sa tête. Il fallait la raser et lui maquiller la peau. Elle était toujours patiente. Toujours une vraie pro tout au long de ce processus difficile.
 
 

 




Le casting fini, la difficulté de donner vie à "Star Trek" incombe à Robert Wtse, un réalisateur brillent.
 

 




Bob est un réalisateur au travail subtil. Il ne dit pas : "Voilà ce que je veux faire." Il vous laisse le trouver, parce qu'il a travaillé sur le script assez longtemps pour qu'il soit suffisant au travail des acteurs.
 

 

L'occasion de travailler avec Robert Wise est un des grands moments de ma carrière.
 
ce qu'il apporte au film, c'est qu'il inspire les gens à faire le meilleur travail possible.
 
Le mot "sauveur" me vient à l'esprit. Bob avait une expérience extraordinaire. Sa compétence est ce qui en a fait un film.
 

 



Avec l'équipe réunie dirigé per un réalisateur visionnaire, presque tout était en place. Quand la production débuta, le moral était au beau fixe.
 

 


Pour être prêt pour la sortie à la fin de l'année, il fallait commencer le tournage avant d'avoir le script final. Au début du film, j'ai réuni tous les acteurs sur le vaisseau. Je leur ai dit : "Je suis heureux d'être parmi de telles légendes."
 
 

 

J'ai aimé les retrouvailles de l'ancien équipage. Je pense avoir écrit quelques bonnes scènes.
 
On avait les deux parties d'un scénario en trois actes. L'arrivée sur le plateau a été l'un des plus remarquables moments que j'ai connus dans le métier, en tout cas dans ma carrière. Kirk sort de l'ascenseur. Uhura, Sulu et Chekov vont à ses devants, rayonnants. C'était extraordinaire. Je me suis dit : "Mon Dieu, c'est en train de se passer."
 
En regardant Star Trek: Le Film, on voit que chaque acteur a un moment avec lui à son retour. C'était quelque chose de très important pour Gene.
 

 



J'avais l'impression de jouer avec la batte, la balle et le gant de quelqu'un d'autre sur son terrain. Parce que... Star Trek était à eux. Et j'étais une sorte d'envahisseur. cela m'a beaucoup aidé pour jouer mon l'6le. J'étais cet étranger, et ils devaient faire avec, parce que Decker connaissait mieux le vaisseau que Kirk.
 

 

Beaucoup étaient impliqués dans ce projet depuis longtemps. Ils avaient des vues sur leur personnage, qui il était et quel rôle il devait avoir dans le film.
 
Leonard est très imaginatif, très créatif. J'avais déjà commencé à écrire à l'époque. Et nous nous retrouvions dans les réunions du scénario.
 

 


Les acteurs avaient leurs idées. Ils jouaient ces rôles depuis si longtemps. Ils nous disaient : "Je ne dirais pas cela, mais ceci." On devait réécrire jusqu'à ce que nous ayons une version sur laquelle tous les acteurs étaient d'accord. Je recevais tellement de changements tous les jours, il a fallu fixer une heure limite et non plus un jour.
 
 

 




Leonard venait chez moi à 21 heures après le dîner chaque soir. On lisait les pages du lendemain.
 

 


C'est Leonard, je crois, qui a créé la séquence de la larme. Une seule larme. Leonard nous a aussi beaucoup aidé dans la création de la scène très courte qui explique le point de vue de V'Ger. Là où il dit... "V'Ger doit évoluer. Sa connaissance a atteint la limite de cet univers. Ce dont il a besoin, c'est la réponse à sa question : Y a-t-il autre chose ?"
 
 

 

Pour faire le saut entre le programme télé et le film, les cinéastes durent créer une nouvelle maquette de l'Enterprise.

 


Quand je suis arrivé, la série n'avait que des petites maquettes. Ça me gênait. Si on allait passer au cinéma, il nous fallait une maquette assez grande. Ils ont fait une maquette de l'extérieur de 2,70m de long. Elle était assez grande pour être filmée sous tous les angles. Je pouvais filmer n'importe quelle partie. La maquette était assez grande.
 
 

 

 
 
Je les aurais construites un peu plus grandes. Le tournage aurait été plus facile. Il a fallu commander un système d'objectif périscopique pour que l'objectif soit assez près de la maquette. pour avoir les angles voulus. Le périscope était à 1 m de l'objectif pour pouvoir se glisser entre les ailes et avoir les bons angles. On voulait assez de lumières sur le vaisseau pour croire que c'était ses lumières qui l'éclairaient. Il Yavait une petite lumière qui sortait du fuselage et brillait sur l'aile et secondait le propulseur où se trouvaient d'autres éclairages. Quand un vaisseau est dans le système solaire, le soleil est la lumière principale. Ici, on n'est pas dans le système solaire. Il n'y a pas de soleil. La source d'éclairage est l'Enterprise lui-même. Une fois justifiée par quelques petites lumières, on a voulu mettre dix fois plus de petits points de lumière, comme si elles étaient les sources. On a trouvé une technique simple. On a dirigé une grosse lumière sur des miroirs de dentiste de 2,50 cm de diamètre montés sur pivot. On pouvait multiplier cette lumière par 50. Ces petites touches ont apporté de la perspective. Il n'y a pas une seule lumière, mais des centaines de petites lumières.

 



Tout au long du tournage, le style du film, obtenu grâce au décor et à la cinématographie, serait essentiel au succès du film.
 

 




J'avais déjà travaillé avec Harold comme décorateur. Quand j'ai travaillé sur le film, j'ai fait venir Harold. Je savais qu'il ferait du beau travail.
 

 

 
 
On était limités par le temps. Je devais travailler tandis qu'ils écrivaient. J'avais un problème, ne sachant pas si le vaisseau serait fini avant qu'ils répondent à cette mission urgente. J'ai conçu un moteur en Plexiglas. Je ne savais pas comment fonctionnait le vaisseau. Ils y ont mis cet éclairage, un long tube remontant dans la queue du vaisseau. J'ai fait une perspective forcée, c'est-à-dire de plus en plus petit. Sur le côté, on voyait une passerelle où se tenaient un homme d'1 ,50 m et un garçon de moins d'1 m. Ça avait l'air plus grand qu'en réalité.

 

Quand il a fallu faire le film, j'ai tout de suite voulu faire venir Dick Kline comme directeur photo. J'avais aimé travailler avec lui sur Le Mystère Andromède.
 
Nous n'avions pas les outils qui font qu'aujourd'hui, toumer dans un petit espace est plus aisé. On ignorait ce que la postproduction ferait. Ils ne savaient pas non plus. ce qu'ils ont produit est magnifique. On a mis des éclairages réactifs s'il y avait des effets de lumière pour que ce soit naturel. De la lumière réactive sur le décor ou les acteurs. On avançait à l'aveuglette.
 
ce fut mon premier travail sur fond bleu. Il faut communiquer ce que voient les spectateurs. Ils pensent qu'on voit la scène. Mais on ne voit rien.
 

 

C'est difficile. Ils devaient regarder cet écran. Mais on n'avait rien à leur montrer. J'ai da leur expliquer ce qui allait être sur l'écran, pour qu'ils puissent y réagir.
 
On dépendait beaucoup de ce que M. Wise nous disait de l'action ou de ce qu'on était censés voir.
 

 

Ils prenaient un morceau de papier. Et ils nous disaient... "Bon, voilà le monstre. Il est juste au-dessus de votre épaule droite."
 
Et on regardait un X sur un pied de lampe. On devait regarder le X. Quelqu'un le bougeait pour que notre regard ne soit pas statique.
 

 




"Quand je claque des doigts, regardez comme s'il allait vous dévorer." "On ne sait pas à quoi il ressemble ni comment il va vous dévorer, ni ce qu'il dit ou fait, ni comment il cligne des yeux, bouge ses jambes ou ses bras." "II n'a pas d'oreilles, ça, on le sait, allez, réagissez 1" C'est ça, jouer dans un film de science-fiction.
 

 



Il y avait beaucoup d'argent sur le plateau, ce qui compliquait tout car ça réfléchit la lumière. On le voyait sur l'écran bleu. On a donc eu besoin d'autres effets. Filmer les acteurs devant le fond bleu. Puis éteindre l'écran bleu pour que Doug Trumbull puisse... on appelait ça faire un rotoscoping. On pouvait filtrer les reflets de bleu qui ressortaient. V'Ger lui-même était un défi. Il n'était pas très vivant. C'est un objet statique. Il fallait lui insuffler de la vie au moyen des acteurs, de Bob, et des lumières colorées utilisées pour le rendre intéressant.
 

 

 
 

 

 
 

 



La production était entamée et la date de sortie fixée, tout ce qu'il fallait était une fin.
 

 





On voulait vraiment quelque chose de très grand et de très spécial, qui nous amenait dans des recoins inédits du cinéma. Un endroit où Star Trek pouvait nous conduire, qui lui était unique.
 

 

La fin du film nous a posé problème. Je pense que c'est moi qui ai résolu ce puzzle. J'ai dit : "Si on fait ça, on va là, et on obtient ça." Leonard a répondu: "Super, il faut en parler à Bob Wise." On a demandé à Bob de quitter le plateau et de venir dans le bureau. J'ai rejoué mon idée pour la seconde fois. J'ai dit : "Si on fait ça, on va là..." Bob a dit : "C'est super !" "Maintenant, il faut le refaire pour Gene Roddenberry." Donc Gene Roddenberry nous a rejoints plus tard. Je suis sur le point de rejouer la scène une troisième fois. J'étais fatigué. Je faisais une autre scène sur le plateau. Je ne l'ai pas fait aussi bien. Ça n'avait pas été aussi éloquent que pour Bob et Leonard. Gene a dit: "II faut que j'y réfléchisse." Il y a réfléchi si longtemps qu'il ne l'a pas fait.
 

 




La ligne sur le Créateur était dans le script depuis le début. V'Ger recherchait son Créateur. J'ai eu cette idée qu'il tentait de trouver son Créateur. Qu'il voulait évoluer, que sa conscience évolue, et rejoindre son créateur.
 

 



Le délai se rapprochait et pour être dens les temps pour le sortie, le celendrier a été raccourci.
 

 

Bob Wise était sous pression. Les acteurs ne ressentent pas cette pression pour deux raisons. ce n'est pas leur travail. Et la production doit cacher cette pression aux acteurs.
 
Il a vraiment fallu les pousser pour le finir.
 
Bob Wise est un superbe réalisateur. Il sait exactement ce qu'il veut. A mon arrivée, le film était presque fini. Le tournage principal était fini. Beaucoup de séquences avec effets avaient été filmées et attendaient la postproduction.
 

 

Quelqu'un s'est assis... ..et a dit : "II ne reste que 280 jours en comptant les week-ends, et 525 prises. Qu'est-ce qu'on fait ?"
 
On ne pouvait rien couper. Pas de sortie de secours. Il attendait les prises.
 

 



Les acteurs jouaient avec un fond bleu. "Imaginez que quelque chose se passe sur l'écran et réagissez." On avait des réactions géniales. Des gens qui ravalent leur salive, ou clignent des yeux d'étonnement.
 

 

 
 
Il a rassemblé ses acteurs, filmé plans arrière et dialogues, coupé les prises. Il valait mieux que le résultat soit là, sinon attention les ennuis. La séquence du nuage de V'Ger, la traversée du nuage, est une des plus belles sur lesquelles j'ai travaillées. Alison Yerxa et une équipe d'animateurs ont réalisé cette scène à partir d'expositions de dessins superposés. Chaque dessin était à seulement 2-3 cm de l'autre. Une série de formes différentes. cela créait des couloirs de lumière complexes. Personne ne savait à quoi ça devait ressembler.

 

Il y avait une description dans le script. Mais pas de définition, ni d'illustration, qui aurait montré son apparence.
 
C'est facile d'écrire "nuage" dans un scénario. Mais ça ne peut pas être un simple nuage. Il faut qu'il soit spécial.
 

 



Le seconde partie du voyege ne pouvait pas être finie avant que Robert Wise ne recrute le bon compositeur, Jerry Goldsmith, qui avait reçu un Oscar.
 

 

Jerry Goldsmith, compositeur de Le Cenonnière du Yeng Té, allait faire la musique.
 
C'est excitant de sentir la musique prendre corps grice à l'orchestre. Tout le monde vibre et est fasciné. Bob était tout... Il a souri.
 
J'ai écouté les premiers morceaux. Ça n'allait pas tout à fait. J'avais des visions de navires.
 

 

Le morceau de la scène de l'Enterprise était grandiloquente. On pensait que c'était merveilleux. On avait fini les séances. Je me félicitais intérieurement.
 
Bob m'a attrapé dans le couloir, et m'a demandé ce que j'en pensais. Et... Je ne pouvais pas mentir à Bob. Je ne pouvais pas m'en sortir. C'était impossible. J'ai dit : "Ça me fait penser à des navires." Il a dit : "Ou à des wagons. Qu'est-ce qu'on fait ?" On a très peur dans ces moments-là. Si vous devez avoir une dépression, c'est dans ces moments-là.
 
Il n'arrivait pas à exprimer ce qui n'allait pas. Il savait instinctivement, mais n'arrivait pas à formuler ce qui le gênait. Il a dit : "II faut le refaire." J'étais effondré.
 

 

Je lui ai demandé ce qui le gênait. Il a dit : "II n'y a pas de thème." Je me suis demandé... Un thème? J'avais écrit un thème amoureux, mais pas le thème de Star Trek. Je lui ai dit...
 
On a fait un break. Jerry s'est absenté pendant qu'on travaillait sur le film. Il est revenu avec une nouvelle version de sa musique.
 

 



Il est arrivé. La journée s'était mal passée pour les effets spéciaux. Il a dit: "Ce n'est pas un bon jour, rien ne marche, j'espère que tu as de bonnes nouvelles." Le responsable musique de Paramount était là. On avait répété. J'avais deux pianos dans le salon. On lui a joué la musique. Il a dit : "Ça y est ! Pourquoi tu n'as pas fait ça dès le départ ?"
 

 



Une fois le photo terminée, Jeffrey Katzenberg, producteur exécutif, dut superviser le bon déroulement de la fin du film. Un processus qui rendrait n'importe qui cinglé.
 

 

Il nous a beaucoup aidé sur le film. Il était nouveau ici. C'est le premier film sur lequel il travaillait. Il était débordé. Il mettait les gens dans tous leurs états et les énervait. Nous avions une date de sortie, il fallait finir le film. Il était très efficace.
 
Je répétais que Jeffrey allait devenir quelqu'un de très important. Jeffrey m'a téléphoné : "Comment ça va, mon vieux ?" Il faisait la pom pom girl. "II faut qu'on gagne, on va l'avoir cette médaille." Il allait y arriver avec moi et tout le monde. Il était persuadé de pouvoir y parvenir et il allait y veiller.
 

 


La seule chose dont je me souviens, c'est que je faisais près de 2 000 km en voiture par semaine les quatre demières semaines de postproduction. Il Yavait Bob dans la salle de montage, Heff qui commençait à l'aube à Paramount. Les voyages à Marina Del Rey pour voir Doug Trumbull. La musique du film composée dans les studios de la Fox. John Dykstra vers l'aéroport Van Nuys... ..qui faisait le reste des effets. Je faisais le tour de Los Angeles deux fois par jour, à essayer de faire la pom pom girl pour faire avancer tout le monde. Je passais quasiment ma journée dans la voiture.
 

 




On faisait tout à la dernière minute. Une fois finies, les prises partaient au labo et étaient montées. ce qu'on a pu faire relève du miracle.
 

 

Jusqu'à la dernière minute, on était si loin du but. Le responsable de la postproduction à Paramount, un gars qui y est depuis 35 ans, Paul Haggar, qui est brillant, il a carrément réquisitionné un studio du son de MGM. Le plateau entier avait été recouvert de 3 000 boltes, toutes portant le nom de cinémas.
 
Une fois finie, chaque bobine était amenée encore humide.
 
Ça ressemblait à des pierres tombales. ces énormes récipients, les boltes de métal. Toutes alignées et identifiées pour telle ou telle destination.
 

 

Il y avait une image du studio entier avec toutes ces boltes. Toutes étiquetées au préalable, attendant la dernière bobine, et les avions en stand-by sur la piste à attendre les boltes. C'était un travail herculéen.
 
C'est le seul film que j'ai fait qui n'a pas eu d'avant-première, où il est testé avant d'être bouclé. Je n'ai pas eu le temps. Il fallait que l'on boucle le film pour l'emmener à Washington. J'avais pris le film avec moi dans l'avion pour Washington.
 
On était assis dans le cinéma à Washington, où l'avant-première avait lieu, et le film était mis dans la machine. Quelqu'un l'avait littéralement apporté sous son bras.
 

 



"Star Trek: Le Film" est devenu un grand succès du box-office, et a généré plusieurs suites, d'autres séries télévisées, et un empire de marchandises dérivées toujours florissant. Mais grâce aux efforts surhumains qui sont intervenus dans cet évènement légendaïre, une équipe de professionnels du cinéma est née. Leurs carrières allaient être à jamais changées en s'aventurent dans les recoins les plus éloignés de la galaxie.
 

 

 
 
 

 

 
 
 

 

 
 
 

 

 
 
 

 

Je suis fier d'y avoir participé. Si je peux faire ça, je peux tout faire.
 
C'était juste une occasion incroyable d'avoir participé à l'un des grands événements de notre époque. ce nom a une valeur qui se mesure en milliards pour la société. ce ne serait pas arrivé sans le premier film de Star Trek. L'édifice entier repose sur ces fondations.
 
J'ai eu une vie créative remplie... ..en grande partie grâce à Star Trek. Je suis éternellement reconnaissant.
 

 


Cet article est la retranscription d'un bonus du DVD Star Trek, le film