S'aventurer : 1ère saison

TOS
saison 1
Bonus

S'aventurer : 1ère saison

 


Leonard Nimoy - Spock - 9 décembre 2003

La série a été réalisée en dépit de nombreux obstacles : le manque d'intérêt de la chaîne, d'énormes contraintes budgétaires... Et le fait qu'on cherchait à faire de la science-fiction de qualité à une époque où la référence en la matière était Lost in Space.
 

 


Robert Justman - producteur - 17 février 2004

C'était un gros pari pour Desilu, qui n'avait jamais été confronté aux besoins d'une série de science-fiction.
 

 


William Shatner - capitaine Kirk - 15 décembre 2003

A l'époque, la série était réalisée, et je n'exagère pas, sur le budget restauration d'une série d'aujourd'hui. Pour le prix d'une semaine et demie de nourriture pour une équipe, on faisait un épisode d'une heure. Personne n'imaginait que la série décollerait des années plus tard, alors, ils dépensaient le moins possible.
 

 


Leonard Nimoy

Elle n'aurait presque pas dû être faite. La série a été réalisée en dépit de tous ces problèmes, en dépit d'elle-même.
 

 

Robert Justman

"Ils étaient des millions" avait été choisi par la chaîne et par conséquent le studio qui voulait faire plaisir à la chaîne, et nous n'avions pas grand-chose de meilleur à offrir, dont une idée à moi pour un épisode appelé "L'équipage en folie". Je trouvais que c'était l'épisode qui présentait le mieux les personnages et qui décrivait le mieux la série. Mais on lui a préféré "lls étaient des millions" et le mangeur de sel et tout le monde a aimé. On nous demandait ce qu'on avait, et ensuite, ils choisissaient. C'était comme ça. Ils ne réalisaient pas qu'on disposait de très peu d'épisodes regardables. C'était la course contre la montre.
 

 


Leonard Nimoy

"L'Equipage en folie" a représenté un vrai défi. Dans cet épisode, un virus était introduit accidentellement à bord. Il était transmis par simple contact. Une poignée de main suffisait. Le virus éliminait les défenses de chacun et tout le monde se mettait à vivre ses fantasmes les plus secrets. Soudain, on voyait Sulu se balader avec une épée.
 

 


Georges Takei - Sulu - 14 janvier 2004

Dans la plupart des épisodes, je suis collé à la console. Mes répliques étaient pour ainsi dire pré-écrites et pré-mémorisées avant même que le script n'arrive. Mais dans "L'équipage en folie", j'ai pu me déchaîner.
 

 


John D.F. Black - producteur associé - 19 février 2004

Etre soûl sans tituber ni bégayer. C'était l'essentiel de l'épisode. C'est ce qui est arrivé. Ils se comportaient comme des gens ivres.
 

 

Georges Takei

John Black, l'auteur du scénario, était venu sur le plateau un mois avant le tournage de cet épisode. Il m'avait dit qu'il pensait me donner une épée de samurai avec laquelle je terroriserais l'équipage, le virus ayant éliminé toutes mes inhibitions. Je lui ait dit : "C'est très interessant. Ça correspond à mes origines japonaises." Mais j'ai ajouté que j'étais américain, que j'avait grandi ici et qu'enfant, je n'avais jamais joué au samurai. Je jouais à Robin des Bois. Pourquoi ne pas me donner un fleuret ? John a répondu : "Bonne idée. Sais-tu manier l'épée ?" J'ai répliqué : "Bien sûr, c'est mon sport préféré." Le soir-même, je cherchais une école d'escrime dans les pages jaunes. J'en avais trouvé une sur Hollywood Boulevard. Le samedi suivant, je prenais mon premier cours d'escrime. La boucle était bouclée. J'ai pu faire bénéficier l'épisode de ces deux semaines de cours.
 

 

Leonard Nimoy

Dans la première version du script, si je me souviens bien, Spock, qui avait été infecté, sortait d'un ascenseur en pleurant. Un homme d'équipage qui faisait des graffitis partout, et qui passait par là, lui dessinait alors une moustache. Après quoi, Spock s'éloignait en pleurant. Je trouvais qu'on passait à côté de quelque chose. Ce monsieur est venu sur le plateau et m'a demandé mon avis. Je lui ai dit qu'il suffisait de me mettre dans une pièce tout seul. Que Spock voudrait être seul à ce moment-là. Je leur ai demandé de me faire parler de science, d'émotion, de mère et d'amour. ll a noté deux trois phrases, et c'est plus ou moins mon texte. Marc Daniels, réalisateur merveilleux, avait prévu de faire tourner la caméra autour de moi, de finir sur mon visage en faisant un cercle. On voit alors les larmes couler sur mon visage. On n'avait pas le temps de faire plus d'une prise. Derrière la caméra, ils me regardaient accroupis. Je les voyais du coin de l'œil. Et la scène a été filmée. Quand l'épisode est passé à la télé, j'ai reçu plein de courrier. Les gens s'identifiaient. lls comprenaient ce qui se passait. Comme si on leur faisait partager le secret de la vie de Spock. Une scène extrêmement importante pour Spock.
 

 

William Shatner

Ce qui me plaisait dans Star Trek, c'était les scènes d'actions. On vise un certain public. Ça fait peut-être cliché de dire que les femmes d'un certain âge n'aiment pas les scènes d'action. Mais la télé, c'est le cliché, et encore plus à l'époque. J'adorais la préparation des scènes d'action. Dans les scènes où il fallait se battre contre ces monstres, il fallait se montrer plus malin que les extraterrestres aux divers pouvoirs. Cela nous poussait, les auteurs de la série, à trouver le moyen de varier nos séquences d'action, en compensant notre infériorité physique par notre intellect, ou vice versa quand l'extraterrestre était plus intelligent.
 

 

Leonard Nimoy

"Les mines de Horta". Un excellent épisode. Il abordait un thème important à mes yeux, la façon dont on diabolise les choses ou les gens qu'on ne comprend pas. C'était compliqué parce que le père de Bill Shatner était décédé pendant le tournage de cet épisode. Il avait dû se rendre en Floride pour l'enterrement. Pendant son absence, on avait tourné la scène avec la Horta où par la fusion mentale, je partageais ses pensées et sensations. Et la Horta souffre. J'éprouve la même souffrance. Je ne sais plus ce que je disais, mais c'était dans le genre : "Douleur !" Je forçais peut-être même plus. Bill n'était pas là. Trois jours plus tard, il revient. C'est à son tour d'être filmé. Dans l'un des plans, filmé préalablement avec une doublure, on croit que c'est Bill, mais en fait ce n'est pas lui. Mais maintenant, c'est à son tour. Alors, on tourne la caméra sur lui. Il voulait voir ce que j'avais fait. Alors je lui ai montré. Je me suis mis au même endroit et je lui ai fait "Douleur ! Douleur !" "C'est exactement ce que tu as fait ?", m'a-t-il demandé. "Non pas exactement." "Alors, montre-moi ce que tu as fait." Douleur ! Douleur ! Il me redemande encore. "Douleur ! Douleur !" Bill, d'un air diabolique, une lueur dans les yeux, se tourne vers quelqu'un et dit : "Qu'on lui donne une aspirine." ll me faisait marcher, et ça l'amusait. Je voulais le tuer ! C'était le sens de l'humour un peu tordu de Bill.

Robert Justman

Nous étions à court de scripts. Je surveillais la progression des scripts de la conception de l'intrigue à l'écriture du scénario. J'ai réalisé que nous serions vite à court de scripts et que si personne n'agissait, nous devrions tout arrêter. Mon Dieu ! C'était quelque chose d'affreux à envisager. C'était imminent. Je suis allé voir Gene, j'ignore s'il avait vu venir ou pas, et je lui ai dit : "Soit tu écris "L'enveloppe", soit on arrête tout.


John D.F. Black

La tâche était gigantesque. J'ai fait un très très gros travail d'actualisation du premier pilote. On ne pouvait pas le laisser perdre. Gene m'a confié la tâche et ça a été très dur. L'une des choses les plus dures que j'ai faites.


Robert Justman

Il nous fallait deux scripts finis pour pouvoir respirer un peu et continuer à écrire et à tourner nos épisodes. Il ne pouvait pas l'ignorer, alors il est rentré chez lui et il a écrit pendant je ne sais plus combien de jours. Il a accouché des épisodes sandwich, ça nous faisait deux scripts de plus, et on y est arrivés. On était à une semaine de notre date de diffusion. Ça arrivait constamment pendant la 1ère saison.
 

 

Ricardo Montalban - Khan - 13 décembre 2000

L'épisode... que j'ai eu le plaisir de tourner, "Les derniers tyrans"... Mon Dieu, ça remonte à si loin... Je me rappelle que j'étais assez proche... Je me rappelle avoir un très bon rapport visuel avec Bill Shatner. L'atmosphère était agréable, le texte était en avance sur son temps. C'était intéressant. Khan était un surhomme. Supériorité physique et intellectuelle. Mais quand l'amour a surgi, c'est devenu pour lui une chose simple et très belle. C'est ce qui me fascinait chez le personnage. J'ai interprété de nombreux rôles. Quand j'ai quitté la MGM, j'ai dû me débrouiller pour nourrir ma famille et j'ai accepté toutes sortes de rôles, y compris des apparitions dans des feuilletons télévisés. Chaque fois que j'interprète un personnage, je ne me l'imagine jamais méchant, même si c'est un tueur ou un gangster. Je suis sûr que même le pire criminel ne se voit pas méchant. Je crois avoir réussi à faire passer, sinon une certaine vulnérabilité, du moins une certaine humanité dans le personnage.
 

 

William Campbell - Trelane - 10 décembre 2003

Quelqu'un que je ne connaissais pas m'a appelé. Je me suis demandé ce qu'il me voulait. Il m'a annoncé qu'il avait peut-être un rôle pour moi, mais qu'il voulait d'abord me parler. Il y avait quelqu'un au casting qui ne m'en croyait pas capable. Il m'avait présenté comme un dur du New Jersey ayant fait beaucoup de films de guerre, Le Cri de la victoire etc. et ne me voyait dans le rôle. Il m'a envoyé le script et j'ai commencé à le lire. Je me suis dit : "Ça alors ! C'est un rôle formidable ! Un rôle de rêve !" Je l'ai digéré ce soir-là. Je le connaissais presque par cœur. De tous les rôles que j'ai interprétés, et je ne les comparerai pas, mais de toutes les séries dans lesquelles j'ai joué, ce sont les épisodes de Star Trek que j'ai le plus aimé faire. Jamais plus on ne m'offrira un rôle comme celui du chevalier.
 

 

Leonard Nimoy

"Contretemps" était un scénario merveilleux de Harlan Ellison, que je trouvais spécial et excellent. Une histoire d'amour entre Bill Shatner et Joan Collins. L'épisode finissait mal. Son amour mourait et il devait laisser faire. Une fin tragique se terminant sur ces mots de Bill : "Allons-nous-en d'ici." Une excellente tragédie. Très bien construite autour de l'événement tragique et inévitable. Un épisode très bien écrit, très bien produit et réalisé. On n'avait pas imaginé que cela susciterait un tel engouement. Nous étions impressionnés.

Robert Justman

Je me rappelle la scène où ils franchissent l'anneau et disparaissent dans le passé, ou éventuellement le futur. Une scène épatante. J'imagine qu'ils sont partis de la description, mais c'était bizarre à voir, le "beignet", comme on l'appelait. C'était très mystérieux. Pour la première fois, on pouvait se dire que c'était vraiment de la science-fiction. Tout était là. La plupart des fans estiment, et à juste titre, que c'est là le meilleur épisode de toute la série.
 

 


William Shatner

Les meilleurs épisodes de Star Trek touchaient à quelque chose d'universel en accord avec un sentiment que nous éprouvons tous. Tout le monde a ressenti un jour le désir de refaire les choses autrement. Mais bien sûr, c'est impossible. Le regret est la pire des émotions, car il n'y a rien qu'on puisse faire. C'est ce que nous avons fait, nous sommes remontés dans le temps.
 

Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The original series Saison 1