Dossiers des chemises rouges

TOS
saison 1
Bonus

Dossiers des chemises rouges

 

George Takei - Sulu - 14 janvier 2004

ll y a une anecdote qui circule|dans le circuit des conventions selon laquelle je me serais mis|à attaquer tout le monde sur le plateau. J'aimerais rétablir la vérité et dire ce qui s'est réellement passé. Sur un plateau de tournage, il n'est pas rare de voir un acteur en train de marmonner tout seul dans un coin. Il est en train de répéter son texte pour la scène suivante. Dans mon cas, il s'agissait d'escrime. Alors j'ai trouvé un endroit tout au fond du studio, à l'écart de tout le monde, pour répéter mes mouvements. J'imagine que je devais faire toutes sortes de bruits étranges.
Jimmy Doohan est un très bon ami à moi. C'est un acteur qui a de merveilleuses qualités. Dont la curiosité. Un acteur doit être curieux. Jimmy se trouvait au milieu de l'action sur le plateau. Mais il a entendu des bruits bizarres qui ont excité sa curiosité. Alors, il a traversé tout le studio pour venir voir ce qui se passait. Une autre qualité importante pour un acteur, c'est le minutage. Jimmy a toujours le chic pour arriver au bon moment. Il a regardé derrière la paroi pour voir ce qui se passait juste au moment où je portais une botte. La tête de Jimmy est là et je rate son nez de quelques centimètres. Une autre qualité chez Jimmy, et essentielle chez un acteur, c'est de savoir amplifier une émotion. Il a fait de grands yeux, ses poils se sont hérissés et il a rejoint l'équipe de tournage en courant et en hurlant que Georges l'avait attaqué à l'épée. Il dramatisait horriblement la situation. ll est allé se plaindre auprès de Greg Peters. A quoi Greg a répondu : "George ne ferait jamais ça." "Va voir toi-même ! Il est dangereux !" Alors Greg est allé voir ce qui avait mis Jimmy dans tous ses états. Bien sûr, la même chose s'est produite quand Greg a passé la tête. Et l'histoire est restée que "George attaquait des gens." La vérité, c'est qu'en acteur intègre, je ne faisais que répéter ma scène, et c'est ce fouineur de Jimmy qui s'est mis en danger lui-même et qui m'a ensuite accusé. C'est la vérité qui se cache derrière la légende.
 

Robert Justman - producteur - 17 février 2004

On avait créé un décor spécial pour la scene où les méchantes à grosse tête venaient voir le capitaine qui était enfermé dans une cage aux murs invisibles. Nous voulions filmer de façon à exprimer l'immensité... de ces êtres, l'immensité du lieu dans lequel ils vivaient. Pour ce faire, on avait mis le capitaine et ses bourreaux au premier plan, des figurants de taille normale au milieu et des petits acteurs tout au fond à l'arrière-plan. Par petits, je veux dire des nains. On a eu recours à la perspective forcée. Les murs étaient de plus en plus petits au fur et à mesure qu'on s'éloignait. C'est la contribution que j'ai apportée à cet épisode pilote qui n'a jamais eu le feu vert. La scène a été filmée, mais à ma connaissance, le plan en question n'a pas été retenu, pour une raison quelconque.
Gene adorait engager des acteurs à contre-emploi, il adorait engager quelqu'un qui ne correspondait pas au rôle et le faire correspondre. On avait engagé un gamin capable de dire son texte sans le comprendre. A ce jour, ce gamin est toujours acteur et continue à travailler dans le milieu. On avait supprimé sa voix, qu'on avait remplacée par une voix grave d'homme. L'effet obtenu était, par moment, presque indescriptible.
 

John D.F. Black - producteur associé - 19 février 2004

La veille du premier jour de tournage de Star Trek, Shatner était venu faire ses essais costumes. Il est entré dans le bureau. Gene Roddenberry était parti. J'ai quitté le bureau. Mary est restée. J'ai rejoint ma voiture qui était garée dans la rue où nous sommes à présent. Du haut de la rue, je vois arriver Shatner, que j'avais rencontré, mais c'est tout.
 On s'est mis à bavarder et il s'est appuyé contre mon pare-chocs. Au bout d'une minute ou deux, il me fait : "Qu'en pensez-vous ?" "De quoi ?" Il me dit : "De Star Trek." Et moi : "Eh bien, c'est Star Trek." "Vous croyez que ça va marcher ?" Je réponds : "Je l'espère bien." Et là, il me dit : "Je ne sais pas ce que je ferai sinon." Pour lui, un échec aurait été la fin du monde. Je suis sûr que n'importe quel acteur, n'importe où... à Broadway, au cinéma ou autre, partage le même sentiment. Mais je suis très heureux d'avoir pu en être témoin. Et je suis content de l'avoir dit. Il était ce genre de personne.
 

Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The original series Saison 1