S'aventurer : deuxième saison

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saison 2
Bonus

S'aventuer : deuxième saison

 


William Shatner

"Tribulations" était un épisode amusant. Le problème avec les tribules, c'est qu'on avait du mal à garder notre sérieux.
 

 

Robert Justman - Producteur - 9 octobre 1996

Je me souviens des lignes directrices de l'épisode. A l'époque, il était intitulé "A fuzzy thing happened". Ce titre, qu'on a gardé un certain temps, me posait de nombreux problèmes.
 

 

Bjo Trimble - auteur - 18 mai 2004

Ce sont de drôles de petites créatures extraterrestres. Le concept s'inspire d'une idée tirée d'un récit intitulé "Pigs is Pigs" qui raconte l'histoire de deux cochons d'inde qui font un voyage en train. Ils prennent du retard car on ne les laisse pas passer. Personne ne sait ce qu'est un cochon d'inde. Tandis qu'ils s'occupent des papiers, la population explose.
 

 

Nichelle Nichols - Uhura - 15 décembre 2003

La seule comédie que nous ayons faite était "Tribulations". J'en ai ramené deux sur le vaisseau. Le seul problème, c'est que les Tribules sont enceintes dès la naissance. On transportait une cargaison de... une énorme cargaison de quadrotriticale d'un endroit à un autre, ce qui était un détail important. Ils le trouvent et, justement, c'est leur nourriture préférée. Ils se multiplient très vite.
 

 


Robert Justman

Je pensais que c'était allé trop loin en termes de comédie. J'avais peur que ce ne soit pas très crédible. J'avais peur que ce soit un peu trop caricatural. Je me suis inquiété jusqu'à ce qu'on ait la réaction du public après la diffusion. Apparemment, tout le monde avait aimé. Alors, heureusement, toutes mes craintes se sont envolées. Les acteurs avaient fait du bon travail. Bill était très drôle. Tout les monde était très drôle.
 

 

Bjo Trimble

Je me souviens particulièrement du moment où la porte de la trappe s'ouvre et le capitaine Kirk reçoit tous les Tribules sur lui. Ils voulaient que ça fasse un tas, comme s'il y en avait des milliers. Mais les Tribules s'éparpillaient. Alors, ils ont essayé toutes sortes de choses. Notamment, l'entourer de piles de journaux, mais les Tribules rebondissaient dessus ! Ils ont donc fini par le mettre dans une boîte remplie de choses molles, et quand les Tribules tombaient, ils remplissaient la boîte. Ils ont fini par opter pour cette solution. Ca avait plu aux techniciens, car ils avaient dû déverser 600 tribules sur William Shatner une vingtaine de fois au cours de la journée.

Les gens lui lançaient des Tribules et il ne pouvait rien dire. Il ne pouvait même pas faire... Il ne pouvait rien faire. Je suis contante qu'il s'en souvienne aussi car il avait apprécié l'humour.

William Shatner

Il y avait une scène où tout un tas de Tribules me tombaient dessus. Ils tombaient d'une sorte de compartiment. J'en avais jusqu'au niveau du cou. Puis, tous les assistants de plateau, qui avaient des tribules, me les lançaient dessus. Quand je recevais un Tribule en plein dialogue, je savais que c'était un ami qui me l'avait lancé. On faisait des batailles de Tribules. On se visait les uns les autres. "Tribulations était un épisode plein d'humour. L'épisode n'était qu'une bonne plaisanterie.

Robert Justman

Aussi surprenant que cela puisse paraître, certains Tribules étaient capables de bouger. On les avait équipés d'un moteur qui les faisait trembler et vibrer. Pour les déplacements, il fallait demander aux acteurs de les changer de place subrepticement.
 

 

George Takei - Sulu - 14 janvier 2004

Gene m'avait donné quelques scénarios, pour la deuxième saison, dans lesquels Sulu jouait un rôle plus important. Des choses très intéressantes et même une ou deux choses motivantes dans des épisodes comme "Tribulations". Des choses formidables. Alors, j'ai emporté le scénario et j'ai appris mes répliques tout en travaillant sur Les Bérets verts. Malheureusement, il a fait mauvais et on a eu des problèmes, donc le tournage des Bérets verts a duré beaucoup plus longtemps que prévu, alors que j'aurais dû être de retour à Hollywood pour commencer la deuxième saison de Star Trek. J'ai donc raté tout un tas d'épisodes.
 

 

Walter Koenig - Chekov - 17 décembre 2003

George Takei affirme que quand je suis arrivé, je lui ai volé la vedette. il n'était pas là et plusieurs épisodes avaient été écrits pour lui. Ils ont dû les réécrire pour moi. Ça l'avait dérangé et il ressentait une certaine animosité à mon égard. Soit il était excellent acteur, soit il se comportait de façon exagérée. J'ai le souvenir de quelqu'un de sympathique.
 

 


George Takei

Ce type a soudain débarqué, profitant de l'occasion et me vole tout ce dont je me réjouissais d'avance. Il est ironique de voir qu'une relation de haine puisse évoluer en une solide amitié.
 

 


Walter Koenig

On peut comparer ça à Davy Jones. Ils voulaient quelqu'un qui soit aussi admiré que Davy Jones et les Monkees. Je ne l'ai jamais rencontré, mais je ne trouve pas qu'on se ressemble. Mais vraisemblablement, on avait quelque chose en commun, même si j'avais au moins dix ans de plus que lui. J'ai été choisi dans ce but, et le courrier que je recevais provenait d'un public âgé de 8 à 14 ans. Ça se limitait à ça. C'était le profil qu'ils recherchaient.
 

 

D.C. Fontana - scénariste - 30 juillet 2003

A l'époque, la distribution ne comptait pas de jeunes acteurs. Les acteurs avaient 30 ans en moyenne. Les Beatles faisaient encore un tabac, à l'époque. Gene Roddenberry voulut un personnage plus jeune pour ajouter une vision plus jeune et donner la fraîcheur et l'arrogance de la jeunesse au scénario. Il a donc suggéré que ce soit un Russe et qu'il s'appelle Chekov. Ils ont proposé le rôle à Walter Koenig, un acteur formidable.
 

 

Walter Koenig

Je jouais le rôle d'un Russe qui ne soulevait pas de controverses. Il plaisantait au sujet des Russes, mais ça n'allait pas plus loin. Des enfants m'envoyaient des lettres écrites au crayon sur du papier à lignes. Je n'ai pas reçu de lettres disant : "Que fait un coco dans la série ?", bien que c'était durant la guerre froide. Mais le personnage ne suscitait pas ce genre de réactions.

D.C. Fontana

On voulait lui trouver une place. Les jeunes hommes avaient du succès, donc on a tenté l'expérience. Ce qu'il y avait de bien avec lui, c'est qu'il pensait toujours à des choses que les Russes avaient déjà faites. Dès qu'on parlait d'un exploit ou de philosophie, il fallait que ce soit russe. De tous ceux que j'ai écrits, c'est "Un tour à Babel" que je préfère. Il traite des relations entre les familles vulcaines. Je crois que c'est une histoire universelle sur la communication entre parents et enfants. Pour moi, c'était ça, l'histoire principale. Le reste était une aventure, une histoire d'espionnage, un mystère, de l'action. Mais c'était surtout des parents et de leur enfant dont il s'agissait. D'un enfant adulte et de ses parents. Sarek avait 102 ans, à l'époque. Malgré tout, ils communiquaient mal et devaient se trouver en tant que parent et enfant.
 

 

Leonard Nimoy

Mark inspirait l'autorité dont le personnage était empreint. Jane reflétait très bien les qualités humaines du personnage. Ils formaient un duo formidable. Ils me posaient des questions sur les Vulcains, sur le comportement des Vulcains. J'avais déjà donné l'idée de ce geste (le salut vulcain) et du pincement du cou. J'ai dit que je voyais les Vulcains comme étant des gens qui se servaient beaucoup de leurs mains. Tout se rapportait à leurs mains. Je leur ai suggéré de trouver une façon de le montrer quand ils étaient ensemble. Ils ont fini par se faire ça avec la main de l'autre. Au lieu de se tenir la main, ils se touchaient les doigts. C'était beau. Je m'en souviens très bien. Il était excellent. Très poétique. Très dramatique. Intense. Et important pour Spock et les vulcains car c'était la première fois qu'on allait voir d'autres Vulcains. L'expression "Longue vie et prospérité" venait de Theodore Sturgeon. C'était la première fois qu'on l'utilisait. Il y avait une scène où je rencontrais T'Pau, le chef du peuple vulcain. C'était une femme merveilleuse et très digne. Celia Lovsky l'incarnait à la perfection. Elle avait beaucoup de présence. Je voulais qu'on se salue de manière particulière. J'ai donc proposé au réalisateur qu'on fasse ça. Il a accepté. On a eu un peu de mal car elle n'y arrivait pas. On a fini par trouver la solution. Elle se tenait la main de l'autre main, hors du champ de la caméra. Quand je levais la main, elle était prête et levait la sienne. Il y a eu ce merveilleux moment où j'ai cru que j'avais tué Kirk. Elle : "Longue vie et prospérité", moi : "Il n'en sera pas ainsi. J'ai tué mon capitaine et mon ami." C'est magnifique. Puis on est sur le vaisseau et je dis à McCoy que je vais démissionner, que je ne peux plus commander le vaisseau. C'est alors que Bill Shatner, alias Kirk, fait son entrée et que Spock sourit l'espace d'un instant. C'était un bel épisode du point de vue du tournage et du jeu d'acteur. Il était très bien écrit et la distribution était parfaite.
 

 

Nichelle Nichols

"Miroir" était un épisode très réussi qui parlait d'une planète alternée. Cette planète était une sorte de négatif, sachant qu'on était les gentils, dans notre univers alterné.

George Takei

Dans "Miroir", on jouait le rôle de personnages diamétralement opposés : sinistres, mauvais, violents, auteurs de complots, complètement immoraux, ambitieux et lascifs. Le Sulu qu'on connaît et qu'on aime est tendre et affectueux. Il est discipliné, posé, poli et civilisé. Dans "Miroir", le personnage est complètement différent. Le personnage est en rut.

Bjo Trimble

Bill Theiss avait conçu des costumes deux pièces. On allait voir le nombril d'Uhura. Quelle horreur ! Qui s'est mis en tête que la vue du nombril de Jeannie ou d'Uhura allait anéantir la moralité masculine du pays, je l'ignore. Mais c'était comme ça. Pour remédier au problème, j'ai invité le responsable qualité à déjeuner. Gene a dit : "Emmenez-la voir le commissaire exécutif." Au cours du déjeuner, la ceinture qu'Uhura portait autour de la taille s'était repliée sur elle-même. On voit donc le joli nombril d'Uhura. Personne n'a rien dit et on l'a vu à l'écran. Pour autant qu'on sache, cela n'a affecté la moralité de personne.
 

 


D.C. Fontana

Sous le couvert de la science-fiction, on pouvait faire ce qu'on voulait. On pouvait aborder les problèmes de l'époque. Ils étaient nombreux. Un président et un sénateur candidat s'étaient fait assassiner. Le gouverneur de l'Alabama avait été gravement blessé. Il y avait eu des conflits raciaux. Il s'était passé beaucoup de choses. Il y avait eu la guerre du Vietnam, sujet tabou à la télévision. Sous le couvert de la science-fiction, on a pu parler du Vietnam. C'est ainsi que nous avons pu aborder de nombreux sujets. On les noyait dans la science-fiction et on racontait nos histoires.
 

 

Nichelle Nichols

C'est arrivé à une époque où c'était la pagaille dans le monde entier. Il y avait la guerre froide et on ne savait pas qui était l'ennemi, bien qu'on considérait que c'était l'URSS. Mais on disait : "Non, on ne l'a pas fait. On n'a pas appuyé sur le bouton." Nous n'avons pas commis cette erreur-là.
 

 

Walter Koenig

C'est une réflexion sur l'époque. On nous respectait pour notre regard sur l'actualité, pas seulement en termes de mode, mais aussi en termes de politique. On a parlé de tout ça à de nombreuses reprises. On a utilisé la science-fiction et le futur pour parler de sujets, de problèmes et de choses qu'il fallait régler et qui ne l'étaient pas parce que les gens n'osaient pas.

Nichelle Nichols

J'adorais tous les épisodes dans lesquels il y avait une interaction entre les différents personnages, faisant ainsi progresser l'histoire. Nous étions le premier ensemble d'acteurs. Mais Hollywood n'était pas tout à fait prêt, et on est devenus des héros internationaux aux yeux des gens.
 

 


D.C. Fontana

Tout écrivain rêve d'écrire de grandes histoires qui marqueront les gens. C'est le cas de certaines de mes histoires et j'en suis ravie. Mais je voulais que le public bénéficie de mon regard jeune sur l'humanité, car j'avais une vingtaine d'années. Ma vision du monde et le message de Gene Roddenberry étaient que nous étions tous dans le même sac. Et pour faire survivre le monde, il fallait y travailler ensemble.
 

Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The original series Saison 2