La divine diva de Star Trek

TOS
saison 2
Bonus

La divine Diva de Star Trek

 

Nichelle Nichols - Uhura - 15 décembre 2003

Je n'étais pas une actrice de cinema ou de télévision à proprement parler. J'ai fait de la comédie musicale. Je commençais à avoir du succès en tant que chanteuse, je donnais des spectacles à New York. Je chantais, dansais et jouais la comédie. Voila ce que je faisais. Quand on est allés à Los Angeles, c'était la suite logique : je me lançais dans la télévision et le cinéma. Donc quand j'ai fait mes débuts, quand j'étais petite, j'ai joué dans "Porgy And Bess", puis j'ai décroché deux petits rôles, puis j'ai été l'invitée-vedette d'une série télévisée intitulée "The lieutenant". Le producteur et scénariste répondait au nom de Gene Roddenberry. C'est comme ça que j'ai rencontré Gene. J'ai continué à voyager, à chanter et à faire des comédies musicales. J'ai reçu un télégramme de mon agent : "Rentrez. Ils font Star Trek." Il croyait que je savais ce que c'était car je connaissais Gene. Même si j'avais souvent parlé avec Gene de son concept et de ce qu'il allait faire, j'ignorais que ça allait traiter de futur et de science-fiction. Il n'écrivait pas de science-fiction. Il s'en servait de toile de fond pour écrire ses histoires.
 

 

Ils n'avaient pas écrit le rôle d'Uhura. Il venait d'un livre que je lisais. C'était un magnifique traité sur l'Afrique appelé "Uhuru", ce qui signifie "liberté" en swahili. Quand j'ai été engagée, je n'avais pas de script, alors j'ai lu celui de M. Spock. J'ai dit : "Spock pourrait-il être une femme ?" Ils m'ont dit que c'était Leonard Nimoy qui jouerait le rôle de Spock. "Mais serait-ce possible ?" et ils ont dit : "Oui, mais Leonard n'apprécierait pas." Je l'ai donc lu et ils m'ont décrit un peu le personnage et j'en ai tenu compte pour ma lecture. C'était une belle scène avec Spock, Kirk et Bones. Donc j'ai lu le rôle et quelqu'un d'autre les deux autres rôles. Quand j'ai termoiné, personne ne disait rien. Et enfin, quelqu'un a dit : "Pourquoi Penny ne descendrait-elle pas voir si Leonard Nimoy a signé son contrat ?" C'était une façon gentille de me dire que j'allais jouer ce rôle. Alors Gene, le réalisateur et deux autres personnes m'ont invitée à déjeuner. Il a dit : "Je veux vous parler du livre dont nous avons discuté." Il a dit : "J'aime bien le mot 'Uhuru', et je me demande qui sera ce personnage. Et j'ai pensé : 'Pourquoi pas une femme des Etats-Unis d'Afrique ?"' J'ai trouvé ça merveilleux. Il a dit : "Je veux utiliser le nom 'Uhuru', mais ce n'est pas très doux à l'oreille." J'ai répondu : "Et pourquoi pas Uhura au lieu d'Uhuru ?" Il a dit : "J'adore." Et moi : "Ce sera son nom ou son prénom ?" Gene a dit : "On verra. J'hésite. Mais vous êtes Uhura." J'ai répondu : "Ça me plaît.
 

 

Ce n'est que beaucoup plus tard qu'un scénariste travaillait sur Star Trek : la série classique a appelé Gene et lui a demandé : "Uhura est son nom ou son prénom ?" Gene a répondu : "On n'a toujours pas décidé." Et il a ressorti le même argument. "Puisque 'Uhuru' signifie 'liberté', pourquoi ne pas en faire son nom, "car je crois que je connais un joli prénom swahili." Gene a dit : "Lequel ?" Il a répondu : "Nyota." Gene a dit : "Qu'est-ce que ça veut dire ?" Il a répondu : "Ça veut dire 'étoile'." Gene et son sens de l'humour. Il aurait pu dire : "Oui, c'est magnifique." Nyota Uhura. Gene a dit : "Nichelle a créé  le personnage et lui a donné un nom. "Peut-être vaudrait-il mieux que vous lui demandiez la permission. "Si elle n'aime pas, on abandonne." Il m'a appelée et je lui ai demandé à quoi il pensait. Il a répondu : "Nyota." J'ai dit : "Magnifique. Qu'est-ce que ça veut dire ?" Il a dit : "Etoile." Et j'ai pensé : "Une étoile en liberté. Une étoile qui flotte librement." J'ai dit : "Parfait.
 

 

Quand je lisais les scénarios, je les trouvais toujours plus sérieux et mieux ficelés. Dès le départ, j'ai donné une histoire à Uhura. Ses parents étaient des scientifiques. Elle devait exceller et faire preuve de professionnalisme dans tout ce qu'elle entreprenait. Spock est devenu son mentor. J'avais le sentiment que la seule femme dans l'équipe de commandement... Je crois que chaque personne avait un défi : donner le meilleur d'elle-même. Ils partent en mission pour cinq ans. C'est une mission très dangereuse. Donc ils s'engagaient, et elle s'engagait à se montrer d'un professionnalisme et d'une compétence sans faille dans tout ce qu'elle entreprenait. On l'avait choisie. Si quelqu'un avait été meilleur qu'elle, il aurait été à sa place. Mais pour contrebalancer cette force, afin de ne pas faire d'elle un automate ne fonctionnant que comme ça, je lui ai donné une certaine douceur au travers de son chant, de sa musique.
 

 

Paramount a d'abord dit : "Ce n'est pas une comédie musicale de l'espace." Et Gene a répondu : "Non, mais la scène a lieu dans le foyer. Quand je servais dans l'armée, quand on allait se détendre quelque part, il y avait un piano, une guitare, peut-être une trompette." Et ceux qui avaient également servi dans l'armée ont confirmé. Il a dit : "C'est ce dont il s'agit ici. Elle ne va pas se lancer dans une aria. C'est une parodie." Ils ont dit : "Bon, on va voir ce que ça donne." Quand ça a marché, ils ont dit : "On a eu une bonne idée. Il faudra le refaire." Quand elle est mélancolique, elle chante toute seule, elle chante une chanson sur son amour qui est au-delà et restera au-delà d'Antares. Cela donne une autre dimension à Uhura. Elle a quelqu'un dans sa vie.
 

 

Star Trek V. Ce bon vieux Gene Roddenberry. Il me donne deux lunes. Je vais attirer l'attention des fripouilles afin que l'équipe puisse aller une fois de plus à la rescousse de l'univers. La musique est toujours aussi importante dans ma vie. A vrai dire, j'ai fait un one man show intitulé "Reflections" dans lequel je devenais 12 artistes légendaires, tous des modèles d'excellence pour moi car je façonnais ma carrière et mon style. Il y avait toute la panoplie : Lena Horne, Eartha Kitt, Sarah Vaughan, Mahalia Jackson, Lady Day. C'est l'histoire d'une femme qui fait ses premiers pas à Broadway. C'est une grande occasion pour elle d'être la vedette. Et toutes ces femmes qu'elle a aimées et qui l'ont encouragée pendant toutes ces années décident qu'elle ne continuera pas sans elles. Alors elles s'imposent. Alors, Lena Horne fait un numéro. Vous voyez ? Puis c'est Eartha Kitt qui en fait un. Puis Pearl Bailey. Avec tous ces personnages, ils vont commencer à t'appeler Sybil. Tu vois ce que je veux dire ? Donc elles mènent le spectacle. Jusqu'à ce qu'enfin, à l'entracte, elle est... Je parle à la troisième personne ? Je suis dans ma loge et je suis frustrée parce qu'il faut que je prenne les choses en main, que je prenne ces femmes en main. Et je chante une chanson intitulée "Schizophrenic Me". C'est merveilleux, et finalement, elle prend la situation en main. Le plus difficile, c'est qu'aucune des femmes n'a jamais chanté aucune de mes chansons. Ce sont toutes des chansons originales écrites par Jim Meehan, compositeur brillant qui m'accompagne dans ma carrière en écrivant pour moi. On a donc de la comédie, du pathétique, on a de tout. Le public adore. Il y a eu 6 semaines de représentations ici et 6 au Canada. Chaque fois que je m'apprêtais à prendre la route, Star Trek m'appelait. J'ai dit : "Je sais quoi faire pour qu'ils me proposent du travail." Il faut que j'aie un autre engagement. Ils ont interrompu ma carrière une fois, et voilà que ça continue.
 

Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The original series Saison 2