La vie après Star Trek : rencontre avec Walter Koenig

TOS
saison 3
Bonus

La vie après Star Trek :
rencontre avec Walter Koenig

 

Walter Koenig - Chekov - 17 décembre 2003

Cela a été un coup de chances extraordinaire. J'avais fait une apparition dans The lieutenant, une série produite par Gene Roddenberry. J'étais apparu dans un épisode de "Alfred Hitchcock présente." Le réalisateur, Joe Pevney, était aussi l'un des réalisateurs sur la 2e saison de Star Trek. J'avais aussi décroché le rôle principal dans une série intitulée "Mr Novak" en 1964. Le directeur de casting était Joe D'Agosta. J'y jouais le rôle d'un étudiant étranger russe. Trois personnes sur quatre connaissaient déjà mon travail. Nous n'étions que deux à auditionner.
Les circonstances dans lesquelles j'ai découvert qu'on m'avait choisi étaient déplorables, comme pour contredire la suite. Je dis mon texte, puis on me demande d'attendre. Alors, j'attends. Le soleil commence à se coucher. Il n'y a eu qu'une seule autre audition. Je finis par regarder autour de moi, mais je ne vois personne. Tout le monde était rentré. Le costumier entre et me demande de le suivre. Je me retrouve donc aux costumes. Il se met aussitôt à genoux devant moi... Il sort son mètre et me mesure de l'entrejambe au revers du pantalon. Je lui demande ce qu'il fait et il répond : "Les mesures, pour votre costume." Je le jure. C'est ainsi que je l'ai appris. Je trouce ces circonstances plutôt étranges, mais ça s'est fait comme ça. On aurait dit que cela allait devenir le phénomène qu'on connaît, que ma vie... que cette expérience allait autant déterminer le cours de ma carrière ? Cela a été une expérience fantastique.
La série a déterminé ma cariière. Elle a donné un sens à ma vie, une raison de vivre. Aux deux sens du terme, j'ai survécu grâce à ma participation à Star Trek. Mais Star Trek parlait de l'avenir et notre avenir est ce qui compte. Et ressasser le passé peut vous rendre fou. Alors j'ai essayé de faire autre chose. et j'ai connu quelques succès dans d'autres domaines. J'ai vraiment passé un bon moment sur le tournage de Moontrap. L'ambiance était très familiale. Tout le monde s'entendait bien. Le film était très syndicalisé, ce qui m'a beaucoup plu. Il était normal que l'on recoive notre dû. J'avais pour partenaire Bruce Campbell, un acteur vraiment sympathique, qui est par la suite devenu très connu. Je ne sais pas jusqu'où on peut entrer dans les détails, mais j'incarnais aussi l'affreux Mr Bester dans la série Babylon 5, et cela a été une expérience fantastique. J'ai passé de très bons moments avec Bruce Boxleitner et toute l'équipe, sans oublier Joe Straczynski, le créateur et directeur exécutif. Ça a aussi été un grand moment dans ma carrière.
J'ai essayé d'être actif. Je suis plus vigoureux, plus vivant, j'ai moins de tension quand je travaille. Les acteurs souffrent des périodes de temps mort. On utilise l'euphémisme "libre". On en est loin. Moins vous travaillez, plus vous vous sentez prisonnier. Votre vie ne mène nulle part, vous êtes piégé dans un endroit. Il est vital de continuer à travailler. Jusqu'à présent, je n'ai percé qu'à la télévision. Mais il est clair qu'il existe d'autres voies et que je tenterai de les emprunter.
 

 

UN COLLECTIONNEUR PASSIONE

 

J'ai rajouté un étage à ma maison il y a deux ou trois ans pour y héberger mes collections... avec la bénédiction de ma femme. J'adore m'y retirer. C'est mon refuge. Je m'y sens bien. J'aime y écrire. Mes collections sont comme des amis qui m'entourent. J'aime les avoir autour de moi. Cela m'inspire dans mon travail. Cette collection est une ode à mon narcissisme et à mes troubles obsessionnels compulsifs. Mes collections dépassent la normalité. Pourtant, je les adore.
 

 

Cette étagère rassemble toutes les figurines qui ont été faites de Chekov. Même s'il y en a une qui ressemble plus à Keanu Reeves qu'à Chekov. Mais tant qu'à faire, autant ressembler à Keanu Reeves. Cela fait des années que je collectionne tout ça. J'ai commencé avec ces livres, enfant, dans les années 40. Et évidemment, ma mère, comme toutes les mères, commit l'horrible crime de tout jeter lorsque je suis entré à l'université. J'ai recommencé dans les années 60. En 40 ans, ma collection s'est considérablement agrandie. Les Big Little Books étaient des extrapolations de BD tirées de journaux. Il y avait une bande dessinée sur une page et du texte sur celle d'à côté. Ils ont survécu parce que les adultes les assimilaient à des livres grâce aux quelque 10 ou 12 lignes de texte.
 

 

On m'a un jour demandé quel était mon personnage préféré. J'aime beaucoup les personnages de SF comme Flash Gordon et Buck Rogers et aussi Mickey Mouse, pour sa popularité et la richesse de son histoire. Enfant, je me suis beaucoup intéressé à Joe Palooka. Des années plus tard, j'ai recherché tous les numéros antérieurs de cette BD. J'ai commencé à collectionner les BD à partir des années 60, sauf les Joe Palooka. J'ai les premiers numéros.
 

 

Toutes mes pièces de collection Star Trek ont un point commun : Chekov apparaît sur chacune d'elle. C'est le seul impératif. J'ai cherché ce flipper partout, parce qu'on y voyait Chekov. Et bien entendu, j'ai fini par le trouver. D'ailleurs, c'est plutôt amusant comme jeu.
 

 

Le nombre de collectionneurs de badges est sans doute limité. Tant mieux pour moi, ça fait moins de concurrents. Sauf que ceux qui les collectionnent sont des passionnés. Je ne sais pas si on peut parler de passion pour des badges, mais c'est ce que je ressens. Enfant, je collectionnais les badges dans les boîtes de céréales. Je les volais dans les boîtes du supermarché. Un jour, je me suis fait prendre, et j'en ai tiré une leçon. Du coup, j'organisais des concours entre mes amis pour voir qui en volerait le plus pour mon compte. Mais mes badges ont subi le même sort que les Big Little Books. Cette collection date du milieu des années 1890. Je l'ai recommencée au début des années 70. Ce sont tous des personnages de bandes dessinées. Ma collection est éclectique. Je ne me concentre pas sur un unique personnage. Vous pouvez constater qu'il y a de tout : The Shadow, Buck Rogers, Mickey, Harold Teen et Terry et les Pirates. Ad infinitum, ad nauseam. C'est quelque chose de sympa à faire. J'aime cette collection tout particulièrement. Mais ce marché est plutôt limité, maintenant. Il ne doit pas en rester beaucoup que je n'ai pas.
 

 

J'ai adopté la même philosophie que George Burns. Il a dit que tant qu'on le solliciterait, il resterait en vie. C'est un peu la même chose pour moi. Tant qu'on me donnera la chance de travailler et d'être créatif, je resterai dans les parages. Voilà mon principe.
 

Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The original series Saison 3