Journal de bord des officiers

TOS
saison 3
Bonus

JOURNAL DE BORD DES OFFICIERS

 

George Takei - Sulu - 14 janvier 2004

Je me disputais avec Gene. Starfleet est censé être une méritocratie, où talent, succès et contribution sont récompensés. Ils sont récompensés et par conséquent, vous montez en grade et vous prenez du galon et des responsabilités. Sulu est censé être le meilleur pilote. C'était l'élément le plus brillant de l'Académie de Starfleet. Et même s'il est passé commandant, il est toujours au poste de pilotage d'où il n'a pas bougé depuis 20 ans. Cela va à l'encontre des principes fondamentaux de Starfleet. Je revenais toujours à la charge. Dans une scène de Star Trek II, Sulu prenait enfin le commandement, mais elle a été coupée. Tous mes espoirs finissaient par être anéantis. Ceux que je nourrissais pour le commandement de Sulu. Alors après Star Trek V, je m'étais résigné. Quand j'ai reçu le script de Terre inconnue, je l'ai ouvert et me suis mis à le lire. Je n'en croyais pas mes yeux. J'ai dû lire la page 3 ou 4 fois pour être sûr que Sulu allait bien être le capitaine de son propre vaisseau. Il était aux commandes du vaisseau Excelsior. Je n'en revenais pas. C'était arrivé sans efforts. Après des dizaines d'années de supplications. Pour moi, Star Trek ne fut qu'une série d'efforts renouvelés et d'espoirs anéantis. J'étais devenu cynique et j'ai fini par me résigner. Et puis c'est arrivé. Alors je m'attends à tout avec Star Trek. Tout peut arriver. La morale est que moins vous en faites, plus il y a des chances que cela arrive. Qui sait ? Une série sur le capitaine Sulu nous attend peut-être ?
 

 

William Shatner - Kirk - 15 décembre 2003

Je crois qu'il ne faut pas perdre de vue que ce n'est qu'une série télévisée. J'aime bien en parler. Mais ceci dit, remettons les choses à leur place. Je sais aussi que... Ce matin, je vais à la pharmacie pour ma gorge, pour pouvoir vous parler, à vous et à votre public. A notre public. Et le type me dit, les yeux embués de larmes : "Je regardais votre série avec feu mon père. "Ma mère, mon Dieu, elle nous l'interdisait. "Mais mon père et moi la défiions." Il était de nouveau l'enfant qui regardait la série avec son père décédé et se souvenait de sa mère. Il m'a dit tout ça en à peine 30 secondes, alors que j'achetais un vaporisateur pour la gorge. N'est-ce pas incroyable ? Et ça arrive tout le temps. Bien sûre que la série a touché les gens, je ne le nie pas. Mais j'essaie tout de même de remettre les choses à leur place.
 

 

George Takei - Sulu - 14 janvier 2004

Un moment important pour moi dans l'aventure Star Trek est la convention marquant le 25e anniversaire, au Shrine auditorium, le plus grand auditorium de Californie du sud. Pour moi, cette convention était la concrétisation de la vision de Gene Roddenberry. Comme il le disait, l'Enterprise est une métaphore de la Terre. Et les gens de la convention étaient venus des quatre coins du monde. Toutes les langues du monde étaient parlées. Les fans du monde entier s'étaient regroupés. Il y avait aussi toutes sortes d'accents. Tout le spectre ethnique mondial était représenté au Shrine Auditorium. C'était la concrétisation de la vision de Gene du vaisseau Terre. Nous étions tous là, réunis grâce à ses idéaux, sa vision et sa création, Star Trek, cette série qui était devenue comme un aimant pour tous ces gens. Nous étions en 1991  et Gene était malade depuis quelque temps déjà. Tous les acteurs de Star Trek et ceux de La Nouvelle Génération se sont regroupés sur scène pour un discours. On s'est ensuite tous retirés à l'arrière de la scène et le créateur de cet incroyable phénomène a été présenté. Lorsque le nom de Gene Roddenberry a été annoncé dans les haut-parleurs... tout le monde s'est rassemblé dans cette salle géante. Les fans se sont mis debout et firent une ovation monumentale et assourdissante en direction de la scène. Une ovation interminable. Gene ne se déplaçait plus qu'en fauteuil roulant. C'est son fils, Rod, qui l'a amené sur scène. Plus Gene se rapprochait du centre de la scène, plus les applaudissements s'intensifiaient. C'était assourdissant. Gene s'est arrêté au milieu de la scène, mais l'ovation a continué. J'ai regardé en direction de Gene pour étudier sa réaction et j'ai un peu paniqué. Il était dans son fauteuil roulant, mais ses bras tremblaient, comme ça. J'ai pensé : "Mon Dieu, ce n'est pas normal. "Et Rod qui ne fait rien..." Rod s'est penché au-dessus de lui, mais Gene a décliné son aide. Il essayait de se mettre sur ses jambes pour recevoir les applaudissements. Ses jambes ne fonctionnaient plus, alors c'est à la force des bras qu'il a réussi à se redresser. Il a réussi à se hisser sur ses jambes comme seul Gene Roddenberry pouvait le faire. Cette volonté ! Il était debout. Alors que les applaudissements crépitaient, il a murmuré : "Merci beaucoup." Ce moment a capturé la détermination, la volonté et la grâce qui ont poussé Gene à se lever, malgré son incapacité physique, pour recevoir le soutien, l'amour et l'adulation de ses fans. Quelques mois plus tard, il nous quittait.
 

 

Leonard Nimoy - Spock - 9 décembre 2003

Quans Star Trek a été déprogrammé, j'ai été pris sur Mission impossible. Je suis passé de ce plateau au plateau voisin. J'ai incarné de nombreux personnages sous de nombreux déguisements. C'était très différent de Star Trek. Avec Spock, il fallait développer sa personnalité et ses valeurs. Avec Paris, ce n'était pas le cas. On n'apprenait jamais rien sur lui. On le voyait tout le temps agir sous les traits de quelqu'un d'autre. En deux ans, une seule scène a été tournée dans son appartement, où on le voit rentrer d'une soirée vêtu d'un smoking. Le téléphone sonne. Il dit : "Allô ? J'y vais." C'est tout ce qu'on apprend sur lui. Scène suivante : ils partent en mission. J'ai joué des dictateurs d'Amérique du Sud, des Asiatiques, des vieillards, des dictateurs européens de tous genres. J'ai porté nombre de déguisements. On m'a mis des barbes, des prothèses, des perruques. Le processus de transformation pouvait durer 5 heures. Juste pour un costume et le maquillage. C'était intéressant et passionnant. A la 2e saison, on me demande de refaire le dictateur sud-américain, l'Asiatique, l'aveugle et le vieillard. Je commence à me dire : "Rien de neuf dans tout ça." A la fin de la 2e saison, je leur ai demandé de me laisser partir. Le personnage ne demandait pas à être développé comme c'était le cas avec Spock. Ils m'ont laissé partir. J'ai fait du théâtre. J'apparaissais dans des émissions télé et des films. J'ai fait ça pendant dix ans, jusqu'aux films Star Trek.
 

 

Bjo TRimble - auteur - 18 mai 2004

Le public a mis des années à comprendre. Les fans ont détesté cet épisode la première fois. Cela n'avait aucun sens dans les années 60. Il était difficile de comprendre l'immuabilité du message "blanc et noir". C'était un message très fort. Nous étions en pleine guerre du Vietnam et ce n'était pas joli-joli. Gene tenait à le faire remarquer. C'étaient ces certitudes, ces préjugés, qui entretenaient la guerre. L'épisode a failli ne pas être diffusé. Le service du contrôle de la qualité n'a pas beaucoup aimé. Ce n'est que des années plus tard que le public l'apprécia à sa juste valeur et comprit le message. Gene aimait utiliser la science-fiction pour parler des temps modernes. Dans un contexte extraterrestre ou futuriste, le message était plus facile à avaler. Et d'autres auteurs de science-fiction ont suivi le même chemin. C'est beaucoup plus facile à gérer. Prenez La Guerre des étoiles. Si loin dans le passé... Le décor est planté à une époque si lointaine et dans tant d'autres galaxies qu'il est impossible de s'identifier. Mais n'est-ce pas le cas ?
 


L'épisode "Helene de troie" était très drôle. Il a permis à France Nuyen de prendre la vedette. Tout le monde adore quand il y a des crises de mauvaise humeur. Bill Theiss a conçu pas moins de huit superbes costumes pour elle. Il est bien dommage qu'on ne les ait pas tous vus. Cet épisode a été très amusant à tourner pour tout le monde. Jay Robinson était un ambassadeur à la peau verte et aux cheveux roses. Son rôle dans cet épisode était très drôle. Cet épisode était bien entendu une parodie du film Hélène de Troie. Moins le cheval de Troie. Mais ses larmes, qui rendaient les hommes fous d'amour, auraient pu être son cheval de Troie. Mais je ne suis pas allée si loin.


Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The original series Saison 3