Le making of d'une légende


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Rick Berman Je tenais vraiment à ce que ça ne ressemble pas au Star TreK original. Le plus grand défi était de rendre l'effet d'un film de science-fiction à l'aide d'un budget pour série télévisée.
Patrick Stewart J'étais impressionné par l'élégance des décors. Ils dégagent une certaine grâce, ainsi que de la tranquillité. Ils ne font pas trop "high tech".
Herman Zimmerman C'est le futur. Tout est possible. On extrapole à partir d'architecture très moderne qu'on peut trouver maintenant, à notre époque. Un beau vaisseau est important. Et on part pour une mission de 30 ans. Alors il faut emmener les familles, les enfants.
Patrick Stewart Je pourrais vivre dans une maison reflétant ces qualités. Le style de vie est plus que celui d'un vaisseau de l'espace. C'est un environnement dans l'espace. C'est un succédané de la Terre.
Jonathan Frakes Ca aide vraiment à y croire, de passer la journée dans le vaisseau ou sur la passerelle. Ou quand on est téléporté, qu'on visite des planètes. C'est là-dedans que passe le budget.
Herman Zimmerman On ne trouve rien dans les magasins. On ne peut pas acheter de meubles du 24ème siècle, ou ce matériel. Il faut tout fabriquer.
Jonathan Frakes Roddenberry a choisi de distribuer la série à des chaînes locales en partie pour échapper aux pressions du réseau. Cela s'exprime entre autres par l'argent qui est dépensé sur les décors. Ca nous a tous aidés. Un vrai plaisir.
Herman Zimmerman On a par exemple du matériel médical qu'on a retravaillé. On a fabriqué des choses qui n'existent pas. On imagine comment elles seront dans le futur. Il faut tout inventer.
Robert Justman Pour une planète ressemblant à la Terre, on peut tourner en extérieur, avec de la végétation normale, enfin, normale pour nous, et un ciel bleu. Mais pour une planète différente de la Terre, il faut souvent filmer sur un plateau. On a un grand plateau avec un extérieur et une surface de planète, et un ciel dont on peut modifier la couleur.
Peter Lauritson Un paysage de planète de type extraterrestre est créé sur le plateau 16. Alors généralement, le quatrième jour de tournage d'un épisode, les acteurs savent que ça va être l'enfer. Ils doivent jouer au milieu d'effets de fumée, il y a de la poussière partout.

EFFETS VISUELS



Dan Curry Au début de La Nouvelle Génération, on n'avait pas encore la technologie numérique actuelle. On devait tout créer de manière photographique. On utilisait des matériaux complètement inattendus pour créer de nouvelles images. Par exemple, la surface solaire, de l'azote liquide pour créer les anomalies espace-temps, etc. L'aspect créatif était amusant, "Comment va-t-on faire ça ?". On ne voulait pas se répéter. On utilisait des technologies qu'on connaissait, mais jamais deux fois de la même façon. On devait aussi montrer un halo solaire touchant le champ de force autour de l'Enterprise. Pour obtenir l'aspect de particules tournant autour d'une sphère invisible, on a lâché du sel sur une boule de bowling. Le sel a rebondi sur la boule et est tombé tout autour. On l'a retournée pour donner l'impression qu'il remonte, puis on l'a écrasée sur vidéo pour lui donner la forme d'un M&M, et on l'a superposée sur l'Enterprise.

La téléportation, comme à l'origine, est un fondu enchaîné amélioré. Gene Roddenberry avait eu l'idée de téléporter les personnages entre différents endroits pour gagner du temps, pour qu'ils n'aient pas à les filmer montant dans des navettes chaque fois qu'ils quittaient une planète ou un vaisseau. Dans la série originale, les composites étaient faits sur imprimante optique. C'était en fait des paillettes secouées dans un pot. Pareil pour La Nouvelle Génération, avec plus de manipulation optique après la photographie d'origine. L'élément de base était des paillettes, avec d'autres éléments bricolés ensemble de façon numérique. Il y avait ainsi quatre étapes dans la téléportation. La première étape montre la personne qui se dissout. Il y a ensuite l'effet "rideau de douche" à l'origine du rayon téléporteur. Puis le champ d'étincelles générique, composé de paillettes, et enfin la palette de puissance, faite de paillettes sur la poitrine de la personne téléportée, ou au centre de l'objet.


GRAPHISME



Herman Zimmerman J'ai avec moi un jeune homme qui est un génie du graphisme. Il s'appelle Mike Okuda. On l'a décidé à quitter son travail à Hawaii pour nous. Il a créé tous les nouveaux concepts magnifiques sur les tableaux de commandes à l'intérieur de l'Enterprise.
Mike Okuda On a d'abord observé ce qu'utilisaient l'armée de l'air et autres organisations de ce genre. Mais c'était bien au-delà de ce qu'on pouvait faire avec un budget télé. Alors au lieu d'aller plus loin que ça, on a voulu créer un look particulier, que l'on a appelé le "look Starfleet". Ici, on produit des transparents en contre-jour qu'on utilise comme tableaux de commandes, affichages et écrans. J'ai conçu ce panneau pour notre première saison. C'est censé être une représentation futuriste de séquences d'ADN. Voici une plaquette de circuits que Geordi retire pour réparer. Voici une puce optique isolinéaire, stockant les informations au 24ème siècle.
Herman Zimmerman Deux illustrateurs formidables travaillent pour moi, Andrew Probert et Rick Sternbach. Andrew a travaillé sur l'extérieur de l'Enterprise, ainsi que le décor intérieur.
Rick Sternbach Les instructions de Gene Roddenberry étaient de faire plus petit, plus rapide, plus propre, pour ainsi dire comme la technologie actuelle. Pensez au développement des PC et des appareils portables qu'on peut transporter partout.
Jonathan Frakes Riker à Picard. C'est notre nouveau communicateur. On n'a plus besoin d'ouvrir un boîtier. On a progressé.
Rick Sternbach On a dû concevoir des objets comme le tricordeur, les phaseurs, les communicateurs, tous vus dans la série originale. Mais il fallait les moderniser pour La Nouvelle Génération.

MAQUILLAGE

Michael Westmore Pour les Klingons, j'avais beaucoup de liberté. On m'a donné des photos de Klingons d'origine, et pas deux se ressemblaient. Ils étaient tous différents. J'avais donc l'occasion de créer un nouveau look klingon inédit. Le maquillage de Michael n'a donc jamais été vu auparavant.
Michael Dorn Ils ignoraient qui j'étais pendant des mois. J'arrive à 5h du matin et je ne pars pas avant 20h. Les gens avec qui je travaillais 1 4 heures par jour.
Michael Westmore Le maquillage de Michael Dorn, qui joue Worf, est une routine quotidienne. J'épile ses sourcils pour qu'ils ne tirent pas quand j'enlève le masque. La partie pour la tête a été faite sur mesure, ainsi que le nez. J'essaie de maquiller le masque à l'avance pour gagner du temps. Puis il est collé autour des yeux, je rajoute du fond teint sur le reste du visage qui va se confondre avec la couleur du maquillage de la tête.
Michael Dorn Le seul aspect inconfortable, c'est les fausses dents. Elles sont toutes pourries. C'est la partie la plus inconfortable. Mais ce n'est pas si dur que ça.
Brent Spinner C'était vraiment l'inconvénient de cette expérience. Je détestais devoir arriver sur le plateau à 5h45 du matin pour me faire... recouvrir de doré, en gros.
Rick Berman En engageant Brent Spiner, on savait qu'il serait officier de Starfleet, donc qu'il porterait leur uniforme. Puis on s'est demandé à quoi il devrait ressembler.
Michael Westmore Le maquillage de Data consiste en une base opalescente que j'applique sur l'ensemble de son visage, puis de poudre dorée opalescente.
Rick Berman Je me suis disputé avec Gene au sujet des couleurs. A plusieurs reprises, le maquillage était littéralement rose bonbon. Ca me rendait dingue.
Michael Westmore Pour Data, on a fait une vingtaine de tests avec différentes couleurs avant que Gene Roddenberry dise "Voilà, c'est ça."
Brent Spinner C'est une épée à double tranchant. C'est vraiment assommant de se faire maquiller ainsi tous les jours, mais l'avantage, c'est qu'on ne me reconnaît pas souvent. C'est le bon côté de la chose. Mais s'il y a une chose que j'aurais vraiment préféré éviter, c'était ces séances de maquillage. Pour mon prochain rôle, vous pouvez être sûr que j'insisterai pour me ressembler un tant soit peu.

VISOR

Levar Burton On appelle ceci le visor. C'est un réflecteur optique sensoriel visuel. C'est pas cool ?
Herman Zimmerman On a travaillé dessus pendant environ trois mois, mais rien n'allait vraiment.
Levar Burton Il a presque l'air vivant. On dirait un organisme vivant à cause des dents. On a essayé plusieurs prototypes différents, mais ils ressemblaient trop à des lunettes de soleil du 24ème siècle. Puis ils ont eu cette idée merveilleuse.

Herman Zimmerman Geordi porte la reproduction d'un serre-tête en plastique, comme ceux que les femmes portent sur la tête. Mike Okuda est arrivé un jour en disant "Ma petite amie s'est mis ça dans les cheveux." "Je me suis dit que ça irait bien sur les yeux de Geordi."
Extrait de l'épisode "Farpoint"

- J'ai entendu parler de votre cas. Cette prothèse est...

- Une merveille d'ingénierie bio-électronique. Je perçois le spectre électromagnétique, les infrarouges, et cetera, et je m'arrêterai là car j'ai sans doute récité cette leçon des millions de fois.

Levar Burton Il est tellement près du cristallin, c'est comme s'il n'existait pas. De tous les prototypes, celui-ci m'offre la plus grande visibilité. C'est le plus fonctionnel, le plus joli, et il marche. J'adore quand ça marche bien dans la vie.
Herman Zimmerman On a passé tellement de temps en recherche et développement, pour finir avec un serre-tête bon marché comme base.

MUSIQUE

Jay Chattaway Le thème de La Nouvelle Génération est composé de deux morceaux. La fanfare... a été écrite par Alexander Courage... il y a des années pour la série originale de Star TreK. Le thème de La Nouvelle Génération a été écrit par Jerry Goldsmith pour faire partie de la musique du film. Dennis McCarthy qui a fait le pilote original, a dû mélanger ces deux thèmes pour illustrer en quelque sorte le début de Star TreK, la génèse, et la nouvelle direction prise par le film. C'était un thème reconnaissable. Il y a rajouté du tempo, un caractère joyeux, et c'est devenu un morceau standard. Mais c'est... c'est immense, énorme, mélodique, c'est comme si on voyageait dans l'espace. Chaque semaine, on essaie de voyager dans l'espace grâce à la musique. Retournez 30, 35 ans en arrière et écoutez la musique originale de Star TreK, elle est toujours symphonique. Elle n'a pas vieilli comme la musique électronique, pop ou rock de l'époque. Elle a un caractère plus éternel. On utilise des orchestres symphoniques depuis le 1 7 ème siècle, donc on sait que ce genre de musique aura cours à l'avenir. La vision de Gene Roddenberry était centrée autour des êtres humains, de leur interaction. Des gens différents, de races et d'espèces différentes. On fait pareil avec notre orchestre, en faisant de la musique ensemble. Et c'est merveilleux.

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Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The Next Generation Saison 1