Panorama de mission

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PANORAMA DE MISSION, EN L'AN 2

Rick Berman, Producteur Executif (interview du 5 septembre 2001) : Nous étions plein d'énergie, prêts à foncer. La 1 ère saison avait bien marché. Et la seconde saison a été accueillie avec enthousiasme. On a introduit un nouveau docteur et créé ce nouveau décor, le Ten Forward. On a construit la navette. On a fait venir Whoopi Goldberg. Les scénaristes ont commencé à bien cerner la série. Les acteurs, eux, ont commencé à bien rentrer dans les personnages. La série a commencé à bien se mettre en place à la seconde saison.

 


Diana Muldaur

Gene Roddenberry, Producteur Exécutif (interview du 5 septembre 1988): Diana Muldaur interprète Pulaski. Elle était apparue deux fois dans la série classique. Je l'admire depuis des années. Elle interprète le médecin de bord. Elle apporte au rôle la force dont il avait besoin. C'est un McCoy au féminin. Pas tout à fait, mais la même force.

 

Diana Muldaur, Docteur Pulaski (interview du 20 septembre 1988): C'était merveilleux. C'était imaginatif et passionnant. Et j'étais jeune. Je me suis beaucoup amusée, vraiment. J'ai interprété deux rôles. Une blonde et une brune.
J'avais l'impression, et je crois que c'était pareil pour tout le monde, que Star Trek avait duré des années, ce qui n'était pas le cas. Mais la série a pris tant d'ampleur, et en a toujours autant, que personne n'aurait idée de penser autrement. Un des plus gros succès télévisés, mais pas au départ.
J'avais quitté Los Angeles pour les montagnes, dans la High Sierra Nevada, avec mon mari. Je pensais avoir laissé tout ça derrière. Et on m'a offert ce rôle que je n'ai pas pu refuser. C'était trop excitant.

 


Whoopi Goldberg

Gene Roddenberry, Producteur Exécutif (interview du 5 septembre 1988):On avait une nouvelle salle, le bar. Un endroit où aller à ses heures perdues. Un endroit où se détendre. J'avais plusieurs idées. Entre autres qu'il ne me fallait pas n'importe qui pour la barmaid. On voulait la plus belle fille de la création pour ce rôle. Heureusement, Whoopi a appelé en disant "J'étais fan de Star Trek avant d'être Whoopi Goldberg.""Je me demandais s'il n'y avait pas un rôle pour moi dans la série." Je lui réponds qu'elle ne peut pas faire ça. Les acteurs récompensés aux Oscars et aux Emmys ne font pas les séries télé. Elle me répond "J'ai réussi. Je fais ce que je veux."

 

Maurice Hurlay, Co-Producteur Exécutif (interview du 20 septembre 1988):Rick, Gene et moi déjeunions. Et là, on tombe des nues. On se dit que c'est trop beau pour être vrai. Comment intégrer Whoopi Goldberg dans Star Trek et briser le moule ? Ce n'est pas ce qu'elle voulait. Elle voulait faire partie de l'ensemble. On a là une très bonne actrice. Une merveilleuse actrice avec un sens du comique. Rick, Gene et moi avons réfléchi à la façon de l'utiliser. Comment faire pour ne pas perturber l'ensemble, tout en apportant un plus à la série ? On a réussi, je crois.

 

Whoopi Goldberg, Guinan (interview du 20 septembre 1988): C'est l'une des rares séries se passant dans le futur que je regardais gamine et dans laquelle figuraient des Noirs. Il y avait le Lt Uhura. Ca m'a donné espoir. Et des Asiatiques. Toutes sortes de gens. Les Russes ne posaient aucun problème. C'est très important que le futur soit prometteur. C'est le cas dans la série.

 

Rick Berman, Producteur Executif (interview du 5 septembre 2001):L'histoire que nous a racontée Whoopi était extrêmement poignante. Elle a grandi dans les cités pauvres de New York, et regardait Star Trek, la série classique. Elle voyait une Noire sur la passerelle, entourée de Blancs, travaillant avec eux et parcourant l'espace. Cela lui a donné beaucoup d'espoir et l'a remplie d'optimisme quant à son avenir. Et 20 ans plus tard, on était là et elle a eu le sentiment de devoir quelque chose à la série. Et on a créé ce rôle. Elle a fait des apparitions régulières pendant 3 ou 4 ans.

 


Le Ten Forward

Rick Berman, Producteur Executif (interview du 20 septembre 1988):A la fin de la première saison, on a déplacé certains décors sur d'autres plateaux de tournage. Une fois les nouveaux plans réalisés, on s'est rendu compte qu'il nous restait de la place. On s'est demandé comment profiter au mieux de cet espace. On s'est alors soudain aperçu que les décors qu'on avait ne présentaient les personnages qu'en situation de travail. Il n'y avait aucun lieu où ils pouvaient se laisser aller, être eux-mêmes, et c'est ce qu'on voulait. De là est née l'idée de construire un décor représentant un bar du 24ème siècle.

 

Jonathan Frankes - Commander Riker (interview du 20 septembre 1988):Ce décor va offrir à l'équipage la possibilité de se détendre et de bavarder dans un cadre civil, en oubliant le rang militaire. J'imagine qu'un bar est le plus apte à procurer ce genre d'atmosphère, qui favorise les scènes plus personnelles. Des scènes plus révélatrices.

 

Marina Sirtis, Conseillère Deanna Troi (interview du 20 septembre 1988):C'est mon personnage qui bénéficiera le plus de ce nouveau décor. Car on voit très rarement mon personnage se détendre. C'est la question-piège aux conventions. "Quand Deanna a-t-elle souri?" Parce qu'elle le fait rarement. Ce serait bien de la voir en dehors du service, qu'elle se laisse aller, qu'elle raconte une blague, histoire de la rendre plus accessible.

 

Maurice Hurlay, Co-Producteur Exécutif (interview du 20 septembre 1988):Ce décor qu'on a situé à l'avant du vaisseau, Le Ten Forward, a vue sur l'espace. Comme la proue du Queen Mary. C'est là que ça se situe, Là où l'espace vient vers vous.

 

Peter Lauritson, Producteur Associé (interview du 5 octobre 2001):On avait de grandes baies vitrées. On a joué du phénomène stellaire à l'extérieur. Les étoiles distordues, magnifiques. On a montré le passage à la vitesse de distorsion vu du bar. C'était intéressant. J'ai bien aimé cet effet. Ca donne une perception plus brute du vaisseau. On regarde par une fenêtre du vaisseau au lieu d'être extérieur au vaisseau.

 


Gene Roddenberry

Maurice Hurlay, Co-Producteur Exécutif (interview du 20 septembre 1988):Roddenberry m'appelle un jour et me dit "ll faut qu'on ait une discussion." "ll y a des éléments de la série que tu ne comprends pas. J'ai répondu "J'adore les discussions." Il m'explique que je ne comprends pas la différence entre boucliers et déflecteurs. "Les boucliers apparaissent tout autour de l'Enterprise. A l'avant de l'Enterprise, il y a un petit cône. ll envoie un rayon dans l'espace. Ca, c'est le déflecteur. Quand on avance en distorsion, il déplace les particules." Et il s'est lancé dans cette incroyable explication. A la fin, j'ai compris qu'il savait, qu'il était absolument convaincu qu'il existait un Enterprise et qu'il en connaissait tout le fonctionnement. Sans ça, impossible de faire la série. Il n'y a rien de pareil. Aucune autre série pareille. On a essayé de lancer d'autres séries du genre, mais ça n'a pas marché. Car ici, l'accent est mis sur les gens. Il s'agit d'espoir. Un épisode qui fonctionne bien a une fin rédemptrice, une fin qui vous laisse optimiste. Les gens adorent ça.

 

Diana Muldaur, Docteur Pulaski (interview du 20 septembre 1988):Tout le plaisir de cette série tient à la vision qu'a M. Roddenberry du futur vers lequel on se dirige. C'est de ça qu'il s'agit. C'est une très belle façon, une façon optimiste de voir la vie dans le futur. Ca a toujours été ça dès le départ. C'est là toute la beauté. Il n'y a rien de pareil. Aucune autre série pareille. C'est une vision très positive. Une merveilleuse vision de personnes ni cruelles, ni malheureuses, qui ne tuent ni ne volent personne. Si ces traits existent, ils sont corrigés dès que l'individu apprend qu'il y a mieux.

 

Whoopi Goldberg, Guinan (interview du 20 septembre 1988): Arrivé au 24ème siècle, l'humain a appris tant de choses. On remarque qu'il n'y a aucun problème au partage des responsabilités entre hommes et femmes. Il n'y a aucun problème de couleurs. Il n'y a que des problèmes éternels de base tel que "Comment va-t-on rentrer ?""Comment empêcher ces gens de mourir ?"Ces gens n'ont aucun tracas. On ne voit aucun homme gêné par sa calvitie, ou bien par un front trop grand. Les Klingons se sont calmés. Tout va très bien dans le monde.

 

Rick Berman, Producteur Executif (interview du 5 septembre 2001):Produire une série télé d'une telle qualité, étant donné le formidable budget que la Paramount nous accordait, c'était passionnant. Mais le plus intéressant, c'était l'audimat. On s'est soudain rendu compte du nombre de téléspectateurs. Une véritable lame de fond. D'un seul coup, on faisait les couvertures, on était sur internet. Quelqu'un a dit qu'au début de l'internet il y avait la pornographie et Star Trek. Je le crois. Impossible d'aller sur les premières pages internet sans tomber sur des centaines de fans en train de discuter Star Trek. Des milliers. On a été un succès. Un succès instantané. Des noms tels que Picard et Data sont entrés dans le vocabulaire et dans les foyers. C'était là ce qu'il y avait de plus excitant. Et ça l'est encore aujourd'hui.

 


Haut de page Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The Next Generation Saison 2