Briefings des services

Bas de page


PRODUCTION

Michael Piller, PRODUCTEUR EXECUTIF (Interview du 22 janvier 2002) La 1ère fois que j'ai entendu Gene, je traversais les studios Paramount. J'avais rendu la 1ère version de mon tout premier script, et je venais chercher les notes, chose habituelle pour un freelance. En entrant dans le bâtiment, j'entends une grosse voix s'exclamer "Il n'y a pas assez d'extraterrestres dans cet épisode." C'est ainsi que j'ai fait la connaissance de Gene Roddenberry. Grâce à ce monologue, on m'a engagé car Rick Berman adorait le base-ball. Et tout le monde avait adoré. Et là, Gene trouve qu'il n'y a pas assez d'extraterrestres, et que le scientifique doit en être un. J'ai pensé, c'est foutu pour le base-ball. Un extraterrestre ne va pas se mettre à parler base-ball. Et Rick a été fantastique. Il a usé d'une grande diplomatie avec Gene. Moi, j'étais muet, très nerveux, mais Rick a su le convaincre de manière un peu détournée d'accepter que ce type reste humain. On a gardé le base-ball, j'ai eu le boulot et je suis là aujourd'hui.

UNE NOUVELLE EQUIPE DE SCENARISTES

Michael Piller L'épisode que j'ai écrit, Evolution, qui parlait de nanites, était le seul script qui plaisait à tout le monde. Gene et Rick sont alors venus me voir. "Tu as saisi le style de la série." "Aimerais-tu diriger l'équipe des scénaristes ?" Et voilà.
Eric Stillwell, ASSOCIE DE PRODUCTION (Interview du 22 janvier 2002) Quand Michael est arrivé au début de la 3ème saison, on n'avait aucun script de prêt. Nous étions déjà en retard sur le planning. Michael a donc dû gérer toute l'organisation, mettre tout le monde au travail sur les scripts.

Michael Piller Nous étions en terrible posture. On n'avait aucun sujet, aucun script qui ait été approuvé. On en était déjà au tournage du 3ème épisode de la saison et je n'avais rien pour la semaine suivante. J'ai demandé à voir tout ce qu'ils avaient. Tout ce qui avait été abandonné, tout ce qui aurait pu me donner des idées.
Eric Stillwell Ce que je trouve particulièrement admirable chez Michael, c'est qu'il donne toujours aux jeunes scénaristes débutants une chance de rentrer dans l'équipe.
Michael Piller Quelqu'un m'a montré le script d'un jeune appelé Ron Moore. Intitulé L'Affiliation. Ce n'était qu'un premier jet, mais l'idée en elle-même était excellente. Un enfant qui a perdu sa mère crée un double de sa mère sur le holodeck. Je l'ai montré à Gene qui m'a dit que ça ne marcherait pas. Je lui demande pourquoi et il me répond qu'au 24ème siècle, les enfants ne pleurent pas la mort de leurs parents. Que la mort fait partie de la vie. Au fur et à mesure de la discussion, on a adopté une tout autre approche. Et si ce garçon ne pleurait pas la mort d'un de ses parents ? Ca peut paraître bizarre comme idée. C'est étrange. Pour qu'il oublie le double de sa mère, Troi doit d'abord l'atteindre et lui faire ressentir la mort de sa mère. Gene a adoré l'idée et ça a donné un épisode bien plus intéressant que si on avait suivi l'idée originale. L'une des choses que j'ai apportée à Star TreK dont je suis le plus fier, ce sont tous les jeunes scénaristes que j'ai aidés à débuter.
Eric Stillwell C'est Michael qui a introduit le principe du script libre, à savoir que tout le monde pouvait soumettre un script à la série qu'ils aient ou non un agent, un avocat ou un manager. On a commencé à recevoir des milliers de scripts. C'était à moi de gérer ça.
Michael Piller Nous étions la seule série dans tout Hollywood à accepter tout script potentiel écrit par des amateurs, du moment qu'ils étaient prêts à signer une décharge. Un des scripts dont l'auteur, René Echevarria, était serveur à New York, il me semble, contenait une très bonne idée : donner une fille à Data. Son script, qu'il avait écrit seul, tenait plutôt bien debout. L'idée me plaisait, si ce n'est que tout tournait autour de la fille. L'une des règles de base que je me suis fixée, c'est que la guest-star doit servir nos personnages et les faire avancer, car ce sont eux les héros. Notre rôle, c'était de trouver un moyen d'en faire l'histoire de Data. C'est alors que l'épisode a pris forme.

CONCEPTION ARTISTIQUE ET EFFETS VISUELS

Dan Curry, RESPONSABLE EFFETS VlSUELS (Interview du 5 septembre 2001) On avait tous trouvé notre rythme, les scénaristes comme les acteurs, qui à ce point de la série, étaient à l'aise dans leurs personnages. Ils cherchaient à les faire évoluer et à leur donner de la profondeur. Aux effets visuels aussi, on avait atteint notre vitesse de croisière. On apprenait à réaliser les effets de manière raisonnable. Cet épisode m'offrait pour la 1 ère fois la chance de travailler sur grue programmée et de créer une faille spatiotemporelle, à partir d'éléments de nitrogène liquide que l'on a enveloppés de divers trucs électroniques pour en faire un cône. Tout a très bien marché. La musique était superbe. La réalisation excellente. Dans l'ensemble, un formidable travail de coopération.
Mike Okuda, RESPONSABLE CONCEPTION SCENIQUE (Interview du 22 janvier 2002) L'Enterprise viendra d'hier était très lourd au niveau du visuel. Bien que techniquement, presque tout l'épisode se déroule à bord de l'Enterprise, il a fallu changer l'habillage de chaque décor. Pour l'Enterprise-C, comme c'était un ancien vaisseau, Il fallait des instruments de bord datant d'une autre époque de vaisseau Starfleet. Chaque fois qu'on avait un ancien vaisseau, j'essayais de reproduire le style de l'Enterprise-A des films Star TreK.

EFFETS VISUELS DEJA Q

Dan Curry Q apparaît sur la passerelle de l'Enterprise puni par le Continuum Q et privé de tous ses pouvoirs. Je suis allé faire quelques croquis des décors. John DeLancie est arrivé, emballé par toute la séquence. Il n'a pas hésité une seconde et on s'est tous bien amusés, tout en veillant à ce que la silhouette de Patrick cache bien les parties délicates."
John De Lancie, Q (Interview du 21 août 1991) Le plus extravagant des effets spéciaux pour moi a été de rester debout tout nu devant un fond bleu durant six bonnes heures, à agiter les mains tandis qu'ils étaient occupés à renverser l'image pour donner l'impression que je flottais dans l'air.

EFFETS VISUELS LES VACANCES DU CAPITAINE

Dan Curry Il y a une scène qui se passe dans une grotte. Je me suis inspiré d'un plan dans Voyage au centre de la terre, et je les ai fait évoluer sur fond bleu et décors partiels, puis, par un système de coloration manuelle électronique, on a peint le reste des grottes.

EFFETS VISUELS LES PECHES DU PERE

Mike Okuda (Interview du 22 janvier 2002) Richard James a reçu un Emmy pour Les Péchés du père, un épisode spectaculaire. C'est notre premier aperçu de la planète Klingon et c'est l'épisode qui lance vraiment le personnage de Worf.
Richard James (Interview du 18 mars 1994) C'était la première fois qu'on allait sur la planète Klingon. Il y avait eu des vaisseaux klingons, mais on n'avait encore jamais vu l'architecture klingonne. Ca, c'est le plan que j'ai proposé pour le grand hall. C'est le décor qui a été choisi et pour lequel j'ai gagné un Emmy.

CONCEPTION DE TIN MAN

Mike Okuda Richard James voulait donner au vaisseau l'aspect très organique. On a donc travaillé avec Greg Jein, qui a construit une maquette inspirée en partie d'un noyau de pêche. Pour l'intérieur, Richard a eu l'idée d'utiliser de la mousse en bombe. Ca donne un aspect très organique sans angle nulle part. Et d'ailleurs, à la fin, on apprend que le vaisseau est un être vivant.

GREG JEIN : MAQUETTISTE


Greg Jein (Interview du 5 octobre 2001) Pour réaliser une maquette ordinaire, on ne disposait que de trois à quatre semaines, parfois un peu moins, selon le type de maquette désirée. Une fois la série lancée, ils ont voulu une maquette plus petite pour reculer la caméra et faire disparaître le vaisseau plus vite. Il fut aussi décidé de détailler davantage les vaisseaux. La maquette que nous avions ici faisait 1 ,20 m de long. L'extérieur était détaillé de façon à ce que la lumière crée des ombres à la surface de la maquette. Il s'agit là du modèle de la nacelle. En le mettant sous la lumière, on voit tout le détail de la surface. Au moulage, on laisse toute cette partie en plastique transparent pour laisser passer la lumière des néons à travers. Il y a une différence de taille par rapport à la maquette de ILM, qui était grande comme ça. On voit la différence entre les deux vaisseaux. Pour reproduire les avaries subies par l'Enterprise-C, on a utilisé ce qui nous restait de la Fête de l'Indépendance, des pétards, les fumigènes, et on a brûlé la surface au lieu de peindre dessus. Ils ne voulaient pas d'une maquette qui ait l'air recyclée. Rick Sternbach a donc dessiné une très belle maquette.
Rick Sternbach, ILLUSTRATEUR (Interview du 27 novembre 2001) J'ai trouvé ça très intéressant de dessiner l'Enterprise-C en m'inspirant à la fois du vaisseau galactique de Picard et de l'Excelsior. Andy Probert avait dessiné un plan de la maquette qui fusionnait les deux vaisseaux. Puis j'ai retravaillé le plan de la maquette. Et c'est Greg Jein qui a été chargé de la construction. On voyait très bien l'évolution de l'Enterprise de B à C à D.

NOUVELLE MUSIQUE


Jay Chattaway, COMPOSITEUR (Interview du 5 septembre 2001) Je suis arrivé sur Star TreK d'une manière assez originale et plutôt inhabituelle. Les producteurs avaient demandé des démos de différents arrangements. A l'époque, je faisais beaucoup de films et de documentaires. J'avais composé la musique d'une série de documentaires Cousteau avec de longues séquences sous-marines, des baleines, ce genre de choses. Il devait y avoir quelque chose sur ma démo qui faisait penser à l'espace. Il se trouve que mon espace à moi était sous-marin et non les confins éloignés de l'univers. J'ai donc écrit cette musique grandiose. Sur un épisode de Star TreK, les équipes de bruitage et de musique travaillent en même temps que celle des effets visuels, si bien qu'on ne voit ce qu'ils font qu'au moment de l'enregistrement de la musique avec l'orchestre. Et cette chose grandiose apparaît, comme une sorte de rocher avec cette musique très pompeuse derrière. J'avais quelqu'un qui... Il jouait les baleines. On avait samplé divers trucs sur synthétiseur. Il appuyait sur une touche, on avait un sol dièse en baleine. Tout le bruitage pour la planète Tin Man, ou extraterrestre, peu importe, c'est un mélange de mes baleines et le bruitage de l'ingénieur... Apparemment, il se serait posé un micro contre le ventre pour enregistrer ses gargouillements. Et ça donne cette sorte de borborygmes. Star TreK est fait de façon traditionnelle. La musique n'avait rien de très réactionnelle. Le son des baleines leur a plu et lorsque l'Enterprise disparaît à la fin de l'épisode, s'envolant vers d'autres contrées spatiales, j'ai gardé quelques notes du thème de la baleine. Ce fut le début de ma carrière dans l'espace.

CONSULTANTS TECHNIQUES

Mike Okuda (Interview du 22 janvier 2002) Quand Michael Piller est arrivé au début de la 3ème saison, il nous appelait fréquemment, Rick Sternbach et moi-même, pour nous demander notre avis sur le fonctionnement du navire, sur les répercussions techniques de telle ou telle chose, ou sur la crédibilité technique de telle ou telle autre chose. C'est quelque chose qu'on faisait souvent pour les scénaristes, mais il est arrivé un moment où il s'est mis à appeler régulièrement. Michael, fidèle à sa réputation d'homme courtois, nous a proposé de nous citer au générique. Par exemple, au tout début de la saison, dans l'épisode Evolution, où Wesley crée les nanites. Il leur fallait un moyen de les détruire. On s'est rendus compte, pour aller dans le sens du script, que de simples rayons gamma suffiraient. C'était crédible techniquement, ça correspondait à leur technologie. Ce terme n'était pas particulièrement impressionnant, mais ça donnait à l'épisode un peu plus de crédibilité. Michael Piller est un excellent narrateur. Il ne s'y connaissait pas trop en scuence-fiction quand il est arrivé, mais il avait cette envie d'apprendre. Michael Piller a beaucoup de respect pour l'intégrité de l'univers. C'est de la science-fiction, mais aussi une série d'époque. Une époque imaginaire, mais dont il faut respecter les traditions et le style. Il s'est complètement immergé dedans, et c'est l'une des raisons pour lesquelles il est si bon.
Michael Piller Un scénariste, c'est un peu le capitaine d'un vaisseau face à l'inconnu. Quand on est devant sa page blanche, et qu'on a aucune idée de ce qu'on va écrire, ça peut être terrifiant, mais ça peut être aussi le début d'une aventure incroyable. Si l'on peut investir dans son travail une telle énergie, alors on peut écrire quelque chose de passionnant. A mon avis, on a réalisé une excellente série télé, du très grand divertissement. Je suis fier d'y avoir participé et je suis fier de tous mes scénaristes. Ils ont compris que le dilemne moral et éthique constitue un grand thème. Et qu'en résumé, les scénaristes de Star Trek sont finalement des explorateurs de la condition humaine.

Haut de page Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The Next Generation Saison 3