Panorama de mission

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PANORAMA DE MISSION EN L'AN 4

 

Michael Piller, producteur exécutif (interview du 22 janvier 2002) : J'avais créé un problème insoluble. Et pour tout vous dire, lorsque je me suis mis à écrire la seconde partie de l'épisode censée conclure l'histoire, j'ignorais complètement ce qui allait vaincre les Borgs. Je l'ai découvert en même temps que les personnages. J'essaie d'appliquer l'écriture zen. J'aime prendre du recul, laisser les personnages parler et les écouter tout en prenant des notes. Voilà comment est né "Le meilleur des deux mondes, 2ème partie". ll fallait trouver une solution. ll fallait faire vite. ll restait dix minutes d'épisode. Et finalement, ils ont trouvé la réponse au problème, à savoir que la force des Borgs faisait aussi leur faiblesse. Que leur interdépendance faisait leur force, mais qu'elle pouvait aussi les conduire à la défaite. Je me rappelle le sourire que j'ai eu en entendant ça. J'ai trouvé ça cool. Et c'est ainsi qu'on a fini l'épisode.
Patrick Stewart (interview du 15 novembre 2001) : Les épisodes Borgs étaient intéressants, car pour l'acteur, il y avait dans ce cas-ci, une transformation forcée du personnage. ll avait été assimilé, ou du moins, les Borgs avaient tenté l'assimilation totale. La personnalité était donc modifiée, d'où l'intérêt pour l'acteur. Ce n'est pas une coïncidence si les épisodes qu'on trouve intéressants sont ceux qui, finalement, intéressent le plus les spectateurs.
Michael Piller, producteur exécutif : Jamais Picard n'a été plus humain que dans cet épisode. Le capitaine indestructible, au-dessus de tout danger, qui soudain dans cet épisode en deux parties, devient un homme violé qui doit surmonter cette épreuve aux conséquences très lourdes. On voit la première aiguille s'enfoncer dans sa tête, et une larme couler. Picard n'est plus le même après ça, il est plus complexe. ll devient beaucoup plus intéressant.
Patrick Stewart : Après l'épisode traumatique des Borgs, Picard se voit accorder une sorte de congé maladie. Et il choisit de retourner chez lui, à Labarre, en France. ll y retrouve son frère, interprété par Jeremy Kemp, un acteur anglais, sa belle-soeur et son neveu.

Michael Piller, producteur exécutif : Le format feuilleton était interdit sur "Star Trek". La raison est simple. En télévision, il faut faire flexible. C'était important d'avoir un début, un milieu et une fin pour ensuite passer à autre chose la semaine suivante. Les règles sont très importantes dans l'univers "Star Trek". Nous sommes donc allés voir Rick Berman et lui avons dit : "On pourrait faire cet épisode," le second de la 4ème saison, "mais ça ne ferait pas naturel." "Picard est un homme qui a été violé." "ll doit subir les conséquences émotionnelles de cette horrible chose qui lui est arrivée." "Retournons donc sur Terre et voyons comment cela affecte sa relation avec sa famille." On lui a présenté l'histoire que Ron Moore avait commencé à rédiger. "La série se situe dans l'espace, pas sur la Terre", a-t-il répondu. "Mettez-moi un peu de science-fiction, une histoire se déroulant à bord pendant que Picard est sur Terre." "On pourra alterner les deux." Plusieurs idées nous sont venues. Un passager clandestin. Des disparitions mystérieuses, qui a fait naître un autre épisode, et à chaque fois qu'on revenait sur cette seconde intrigue, on se demandait ce que devenait Picard. Finalement, comme ça tenait debout, Rick a donné son accord. Le résultat est un épisode très fort en émotions. On montrait là encore à quel point le personnage était devenu intéressant.
Patrick Stewart : C'était le seul épisode dont l'intrigue n'était liée ni à la Fédération, ni au vaisseau, ni à l'équipage. C'était un peu comme des vacances...étant donné le peu d'éléments typiquement "Star Trek".

Michael Piller, producteur exécutif : La franchise, ça donne des épisodes sur les familles des personnages. On ne peut pas tuer nos personnages. Le public sait très bien qu'ils ne vont pas mourir. Mais on peut les blesser. lls mûrissent ainsi, le public peut s'identifier à eux, il partage la douleur de Worf quand sa femme se fait tuer. Ce sont des choses importantes. Je crois personnellement, si l'on examine le paysage audiovisuel, que la télévision remplace les familles que nous avons perdues ces cinquante dernières années. Avec la voiture, les avions de plus en plus rapides et les gens qui vont vivre leur vie ailleurs, on perd un peu notre famille et c'est à la télé qu'on la retrouve un peu. Croyez-le ou non, mais l'équipage d'un vaisseau, c'est une famille. J'adore les histoires de famille qui mettent les relations à l'épreuve, qui font comprendre comment ces personnages mûrissent. Je me souviens qu'une fois le thème de "Robin des Bois" arrêté, je savais que je pourrais demander à lra d'écrire l'épisode, alors qu'il avait quitté la série, parce que "Robin des Bois" est l'une de ses histoires préférées et le film avec Errol Flynn, l'un de ses films préférés. Je lui ai demandé s'il pouvait écrire un épisode. "Je ne sais pas," m'a-t-il répondu, "mais merci de penser à moi." "C'est Robin des Bois." "Dis moi ce qu'il en est." ll a dit oui. C'est ainsi qu'lra est revenu.

John de Lancie : Q semble être aimé des fans. Je ne sais pas trop pourquoi. J'imagine qu'il y a plusieurs raisons. Peut-être parce que c'est un peu l'enfant pas sage de la galaxie.
Jonathan Frakes : Laissez-moi un peu vous parler de DeLancie et de Q...mais surtout de DeLancie. ll ne faisait que des passages dans la série bien sûr, mais je crois qu'il se qualifiait lui-même de "test définitif". ll revenait au bout de quelques épisodes ou l'année suivante et prenait la température émotionnelle de la série. ll était dans l'épisode-pilote et a donc participé à la création du phénomène de "La Nouvelle Génération". ll s'est toujours senti comme faisant partie de la famille, même si parfois, il...ll vivait ailleurs, mais restait Q. Lui et DeLancie ont toujours fait partie de la famille. Donc ça nous a mis à l'aise de le voir revenir, parce qu'on savait ce qu'il pouvait faire. C'est un grand acteur. ll n'avait pas peur des duels avec Picard. On espérait toujours avoir une scène avec lui. ll débordait d'énergie et de charisme.
Patrick Stewart : Je crois que cet épisode a amusé toute l'équipe plus que n'importe quel autre. Premièrement, on était costumés. Et tout le mythe de "Robin des bois", la façon dont les acteurs se sont partagé les personnages, c'était très amusant. ll y avait aussi une histoire d'amour, c'était le 2ème épisode de Viriade, interprétée par Jenny Hetrick. C'était un épisode gai, romantique, sexy, où on a même pu se costumer.
Jenny Hetrick, Vash (Viriade) (interview du 14 février 2002) : J'avais une longue natte et je portais un postiche. C'était lourd à porter, et le postiche aussi était lourd. Je m'asseyais à chaque fois sur ma natte, et dès que je voulais me lever, ça me tirait la tête en arrière. Ca m'a posé quelques problèmes. Même la robe, j'ai marché dessus. On tournait une scène où je faisais les cent pas. On tournait un plan large et j'ai trébuché. On a décidé de la garder parce qu'on s'est dit que Viriade ne serait pas très à l'aise dans ce genre d'accoutrement. Et je pense que ça passe bien.
Marina Sirtis (interview du 1er novembre 2001) : Dès qu'une femme voit un homme en collants, bien sûr...on ne se pose plus de question. On a bien ri. J'ai adoré certaines des répliques de Michael. C'est excellent. Les dialogues sont vraiment très bons.
Jenny Hetrick, Vash (Viriade) : Lorsque Michael arrache son luth à LeVar et le fracasse contre un rocher, je me suis demandé si c'était bien dans le script.

 

Marina Sirtis : Et puis, à la fin, pour la grande scène du duel à l'épée, devinez quoi, Gates et moi étions les seules à savoir manier l'épée. Mais comme on n'était que des filles, on s'est contentées de casser des pots sur la tête des gens. Ca nous a un peu vexées.

LE CENTIEME EPISODE

Gene Roddenberry : J'aimerais simplement dire qu'il s'agit d'une formidable occasion. Je crois que vous serez tous d'accord pour dire que cette saison fut excellente. Mieux que ça, je crois que ce fut la saison la plus paisible que nous ayons connue. Et j'apprécie le travail fourni par chacun pour qu'il en soit ainsi.

Et...Coupez le gâteau.

Wil Wheaton (interview du 14 février 2002) : Nous, les acteurs, nous sentions en concurrence amicale avec la série classique. Je voulais au moins arriver au 80ème épisode pour dépasser le nombre d'épisodes de la série classique. Un peu comme pour prouver que nous méritions d'être là. Quand on est arrivés au 100ème épisode, c'est un événement. C'est peut-être à cause de nos dix doigts qu'on aime les dizaines. Mais 100, ce n'est pas rien.
Jonathan Frakes : On a eu de la chance, je crois, de faire 100 épisodes. On a d'abord été accueillis par un certain scepticisme.

Levar Burton : On a du mal à croire que quatre années sont passées et... Cent épisodes... C'est incroyable. Ca surprend.

Gates McFadden : Nos personnages ont évolué chacun à leur manière, on s'entend tous bien et on est entourés d'une formidable équipe. La meilleure.
Levar Burton : C'est le résultat d'un effort de famille, et ces gens travaillent ensemble depuis tout ce temps, lancés dans cette entreprise. Pardonnez le jeu de mot. Ce qu'on peut dire avant tout, c'est qu'il s'agit d'un effort de groupe. Toute une famille de gens travaillent sur la série parce qu'ils aiment ça.
Gene Roddenberry : C'est excitant. On a une bonne équipe. Je ne voudrais rien dire qui puisse sembler rabaisser l'équipe de la série classique, mais nous avons là une sacrée équipe.
Wil Wheaton : Même au cinéma, quand on arrive à la 100ème bobine de film, on sort le champagne pour fêter ça. Alors, arriver à 100 épisodes dans une série télévisée... On n'en fait que 22, 24, 26 par saison. En faire 100, c'est quelque chose. On réunit tout le monde, et c'est formidable. Pendant le tournage, il n'y a aucune reconnaissance individuelle. On n'a pas le temps pour ça. Alors arrêter le tournage autour de cet énorme gâteau, pour dire : "Nous sommes fiers de vous, vous avez fait du bon travail, accordons-nous un instant," ce fut un très beau moment.
 

Haut de page Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The Next Generation Saison 4