Passage en revue de l'équipage

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PROFIL : WESLEY CRUSHER

Wil Wheaton (interview du 21 août 1991) : Même si j'ai quitté la série pour poursuivre ma carrière dans le cinéma et le théâtre, ça me manque énormément. Les acteurs, le plateau me manquent. Etant à Paramount aujourd'hui, je suis allé voir les plateaux, et de me promener dans les décors, ça m'a fait une drôle d'impression... De la nostalgie, presque. J'avais toujours hâte de tourner des scènes avec Patrick. Je savais que j'apprendrais beaucoup, que je mûrirais, que j'évoluerais dans nos scènes ensemble.
Patrick Stewart (interview du 15 novembre 2001) : Ce qui m'intéressait chez Wil, c'était de trouver le moyen de libérer ce formidable talent qu'il a.
Wil Wheaton (interview du 14 février 2002) : Je savais qu'avec Brent, ce serait le fou rire assuré. Pareil pour les scènes avec Jonathan. On allait bien se marrer. Mais je savais qu'avec Patrick, ce serait comme d'être à l'école.
Patrick Stewart : J'ai beaucoup de respect pour Wil, l'acteur, et ce, depuis le premier jour. Comme Picard, j'étais un peu réticent à l'idée de travailler avec un enfant, mais c'était quelqu'un de réfléchi, bourré de talent, désireux d'apprendre et de s'améliorer.

Wil Wheaton : Patrick ne m'a jamais traité comme un gamin. Certains réalisateurs me traitaient parfois comme un gamin. lls se montraient impatients, condescendants. Ce n'était pas le cas des acteurs. Et encore moins de Patrick.
Patrick Stewart : Je n'ai jamais eu l'impression de travailler avec un enfant. C'était juste un autre acteur. ll avait la même sensibilité. ll lui manquait juste l'expérience. ll n'avait pas à son actif toute une liste de rôles.
Wil Wheaton : J'ai toujours comparé une scène avec Patrick à un match de hockey avec Wayne Gretzky. Je sais que j'ai en face de moi l'un des meilleurs. Patrick a sa place près de Sir lan McKellen, après tout.
Patrick Stewart : J'ai tourné avec des acteurs plus âgés qui n'avaient ni son sérieux, ni son professionnalisme, même si parfois, il pouvait être... C'était un gamin.
Wil Wheaton : Dans "La dernière mission"", on est tout le temps ensemble. Quelle évolution du personnage, quelle transformation depuis leur première rencontre, où Picard lui ordonne de se taire et de quitter sa passerelle, jusqu'à cet épisode où Wesley lui dit qu'il ne le laissera pas mourir. Qu'il fera tout son possible pour qu'il ne meure pas. C'est un des meilleurs acteurs avec lesquels je travaillerai. Je ne veux pas qu'il porte toute la scène. Je veux y mettre du mien. Qu'il sache que quoi qu'il fasse, je saurai être à la hauteur et que nous ferons du bon travail ensemble. J'ai toujours été très sérieux, depuis l'épisode-pilote, alors que j'avais 14 ans, jusqu'à mon départ, à l'âge de 19 ans. Dans un épisode, on a une scène ensemble dans une navette. ll doit se faire opérer du coeur, ou quelque chose du genre, et le dialogue de cette scène était vraiment insipide. C'était très sec, la scène typique du genre, Picard n'a pas envie d'être avec Wesley. On était dans la navette et j'étais censé piloter pendant que lui lisait tranquillement un... ce qu'on peut bien lire au 24ème siècle ! Patrick dit alors au réalisateur et à Rick Berman, qui était là : "Je devrais aller à l'arrière parce que je ne veux pas de sa compagnie." Je lui parle, on s'assoit et on discute un peu ensemble. Et l'idée leur a plu. Patrick a transformé une scène vraiment...sans aucune profondeur, en une scène où le rapport entre ces deux personnages évolue complètement. Les scénaristes l'ont bien vu et ont fait évoluer leur relation. Ce qui a donné des épisodes comme "La dernière mission" et "First Duty", où s'est clairement établie une relation entre nous. Avec du recul, je crois que, de tous les autres personnages, c'est de Wesley dont Picard s'est finalement le plus rapproché. Et même davantage que du Dr Crusher. Je crois que c'est parti de cette scène qu'on a tournée ensemble. On a transformé une scène plutôt anodine en quelque chose d'absolument incroyable.
Patrick Stewart : ll m'a manqué quand il est parti, le personnage de Wil. Même s'il n'était pas très apprécié des fans. lls trouvaient qu'il avait trop souvent sauvé le vaisseau. ll est parti pour se lancer dans d'autres choses. ll n'y a pas longtemps, j'ai entendu Wil dire que quitter la série avait nui à sa carrière d'acteur, mais avait été merveilleux pour lui.

PROFIL : LE CONSEILLER TROI

Marina Sirtis (interview du 1er novembre 2001) : On me demande souvent si ça m'ennuyait, si j'étais déçue de ne pas avoir été plus présente. ll y a 26 épisodes par saison. De ne pas avoir eu plus d'épisodes. Ma réponse a toujours été non, parce que j'ai eu la chance de faire tout ça. J'ai eu la chance de faire tous ces trucs très émotionnels. ll y a en moi une tragédienne grecque qui veut jouer Médée...Et j'étais comblée. Ca m'était égal de n'avoir eu que quatre ou cinq épisodes, ou peut-être trois dans lesquels j'avais le rôle principal, parce que j'ai pu vivre toutes ces émotions intenses. Et c'est un domaine dans lequel j'excelle, donc...J'adorais Troi, je l'adorais vraiment. A chaque nouveau script, je priais pour que ses pouvoirs disparaissent, qu'elle soit possédée par une entité ou que quelqu'un de son entourage soit atteint d'une maladie mortelle. Et là, je me donnais à fond. Mon mari a regardé cet épisode et m'a demandé : "Comment se fait-t-il qu'en perdant ses pouvoirs elle devienne Marina ?" Je devenais cette personne horrible. Ce n'était plus la Troi gentille, attentive, que l'on connaissait. Je ne crois pas qu'elle était méchante...En fait, ce qui s'est passé, c'est qu'elle avait perdu ses repères et qu'elle était déboussolée.

PROFIL : VIRIADE (VASH)

Jennifer Hetrick (interview du 14 février 2002) : Viriade n'avait rien de la femme fragile et craintive. C'était quelqu'un de très actif, tout à fait capable de se débrouiller seule et que rien n'intimidait. C'était sans doute la seule à ne pas vénérer le capitaine comme le faisaient les autres, surtout ceux qui étaient sous ses ordres. Et donc... Je crois que c'est cette attitude, sa façon d'aborder les choses et les gens, qui ont fait son succès. C'était excitant pour le public de voir quelqu'un si proche du capitaine Picard. ll y avait une scène dans "Les Vacances du capitaine", où on parcourait des grottes à la recherche du Tox Uthat, et on avait ces tricordeurs... La scène en question était un long travelling... Et là, mon tricordeur a fait des siennes. D'habitude, une lumière clignote. La mienne s'est éteinte. "Je crois que les piles de mon tricordeur sont mortes." Je m'étais crue maligne et là, j'entends "Coupez". J'étais là : "Quoi ?" Et tout le monde se met à glousser derrière la caméra. Et on me dit : "Jennifer, on est au 24ème siècle. Les piles n'existent plus." "Oh, d'accord. Désolée." Patrick, qui se tenait juste à côté, était là : "Mon Dieu..." Je me suis bien amusée dans la scène du duel à l'épée. Patrick se bat contre Messire Guy dans ce duel à l'épée et à un moment, je dois monter des escaliers et balancer ce...Ce n'était pas un chevalier, mais je balance un méchant dans le vide. Ca m'a vraiment plu de grimper là-haut et de pousser ce type et de le faire tomber. Formidable.
Jonathan Frakes (interview du 2 novembre 2001) : J'ai très vite perdu l'envie de faire mes propres cascades. Certains ne la perdent jamais. Je me suis blessé dans des cascades. J'ai cette scène où je repousse ce...un crétin qui sort du château joué par un cascadeur grand et fort. Moi, j'étais Petit Jean, et j'avais ce bâton. Je me battais contre cet énorme glaive qu'il abattait sur moi. Un coup, puis un autre, et je le repousse et le balance le cul par terre. On a répété la scène plusieurs fois. Avec une épée en caoutchouc. J'avais toujours mon... ce truc, mon bâton. Puis c'est la 1ère prise. Cliff Bole est à la réalisation. La caméra tourne, on se met à se battre. On avait donné au cascadeur la vraie épée et moi, j'avais toujours le même bâton. ll me donne un coup, puis un 2ème et le 3ème brise mon bâton en deux, et je suis touché à l'oeil qui soudain se met à saigner. Je me tiens l'oeil et je vois du sang couler. Je suis assis par terre en me disant : "C'est bizarre. La prise est bonne ?" "Oui. Emmenez-le à l'hôpital." Et je me retrouve à l'hôpital ici à Hollywood. Aux urgences. L'un de nos producteurs m'y avait emmené. J'attends qu'on vienne me faire mes points de suture. Le docteur arrive pour me recoudre l'arcade sourcilière. Et je vois que j'ai encore ces chaussures et ce chapeau ridicules. Et personne aux urgences n'avait remarqué.
Marina Sirtis : Je tiens à dire que ce n'était pas mon derrière. Celui de la cascadeuse était beaucoup plus gros. Je vous montrerais bien le mien, mais on n'a pas vraiment le temps. Je n'ai pas du tout aimé voler. J'ai facilement le vertige, alors me retrouver suspendue comme ça, c'était un peu effrayant. La peur sur mon visage est réelle. J'étais absolument terrifiée. J'aimais beaucoup l'histoire parce que ça parlait du monde des rêves. Je suis d'origine grecque, alors je crois à l'interprétation des rêves. Pas l'interprétation freudienne, tout ça, c'est du charabia. Encore un épisode auquel je pouvais m'identifier, mais le vol plané, non. C'était inconfortable. ll faut porter un harnais. On vous fait des trous dans le costume pour vous attacher. Malheureusement, je crois qu'on pouvait voir les points d'attache du harnais, mais c'est comme ça. Je ne jouerai jamais Peter Pan, ça, c'est sûr.

Haut de page Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The Next Generation Saison 4