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PRODUCTION

Patrick Stewart (interview du 15 novembre 2001) : Quand on a donné "Paternité" à réaliser à Jonathan, il est arrivé totalement préparé. C'est un réalisateur qui est arrivé sur le plateau ce jour-là. Pas comme moi, un acteur qui allait s'essayer à la réalisation. Dès le 1er jour, c'était le réalisateur. ll a eu beaucoup de succès avec ce 1er épisode, et ça m'a ouvert la voie. C'était comme de travailler entre amis.
Jonathan Frakes (interview du 2 novembre 2001) : Parce que nous sommes ce que nous sommes, personne n'est arrivé les mains dans les poches. On a tous pris la chose suffisamment au sérieux pour arriver avec un plan. A mes yeux, c'est la 1ère règle. Tous les acteurs qui ont réalisé des épisodes de la série avaient un plan et une idée sur la façon de raconter notre histoire.
Patrick Stewart : J'ai longtemps discuté avec notre directeur de la photographie, Ed Brown, le directeur photo depuis le début, pour savoir ce qu'il en pensait. Et j'ai fait une partie du travail que Jonathan a fait. Mais la réalisation a pris pour moi énormément d'importance dans les dernières années. De savoir qu'il y aurait quelques épisodes que je pourrais réaliser est devenu le point d'orgue de la saison. D'avoir la chance, nous acteurs, de pouvoir nous essayer à la réalisation pour la 1ère fois, et ce, avec le soutien de toute une équipe, qui voulait qu'on réussisse... Même si on ne rendait pas la tâche facile à Jonathan et à LeVar. C'est obligatoire pour les acteurs de compliquer la tâche du réalisateur.

Jonathan Frakes : Bien se préparer, c'est savoir se préparer aux changements. ll faut pouvoir partir sur une nouvelle idée, une nouvelle idée de mise en scène suggérée par les acteurs, ou qui nous vient soudain pendant les répétitions. Ce qu'on a sur le papier ne passe pas toujours bien à l'écran. Donc, être bien préparé, c'est être préparé aux changements. Voilà une phrase toute faite ! Ce merveilleux petit garçon timide dans le rôle du jeune Klingon. Je me rappelle l'avoir perché sur cet absurde fauteuil klingon, dans la cabine de Worf, et ce garçon était... On lui avait collé une tortue sur la tête, et cette drôle de perruque noire... Ca n'a rien à voir avec "Huit, ça suffit" ! Je crois qu'il était un peu impressionné. Je n'avais pas encore d'enfants, mais j'ai toujours été compréhensif, surtout sur un plateau de tournage. Ce petit garçon était très timide et très réservé et en aucune façon un guerrier. On a donc fini par le remplacer. Mais je me souviens l'avoir perché dans ce fauteuil klingon, l'avoir regardé dans les yeux en essayant de le détendre, de lui faire comprendre que tout allait... J'ai une très belle photo de nous deux de cet épisode. Les enfants, c'est dur et encore plus ceux qui interprètent un Klingon. "Chasse aux sorcières" est l'un de mes préférés, à Michael Dorn aussi, et peut-être à Patrick également. Jean Simmons, actrice oscarisée et grande fan de "Star Trek", m'a dit... "Je me sentais privilégié de l'avoir." C'était une grande fan. Elle était magnifique. Elle avait joué la mère de ma femme dans "Nord et Sud", je la connaissais donc depuis cette mini-série qu'on avait faite et... Bref, c'est une excellente actrice, une femme fabuleuse, toujours aussi élégante et sexy. Et elle nous racontait qu'avec ses amis, elle regardait... Je crois qu'on passait le mercredi soir. Le jeudi, ils étaient au téléphone à discuter de l'épisode. Elle avait des pages de dialogues, je m'en souviens, et elle a mis Picard à genou. Un magnifique personnage qu'elle a brillamment interprété. Et j'ai volé des plans. A Stanley Kramer, dans "Jugement à Nuremberg", "Ouragan sur le Caine". J'ai vu beaucoup de films de procès et j'ai volé des plans qui rendaient bien dans ces films. Et ça rendait bien dans l'épisode.

David Livingstone, réalisateur (interview du 14 mars 2002) : Rick Berman m'a demandé à la 2ème ou 3ème saison, si j'aimerais réaliser et je lui ai répondu que non. ll a continué à me demander parce que c'est quelqu'un de généreux qui aime donner à l'équipe et aux acteurs la chance de réaliser. Finalement, à la 4ème saison, je lui ai dit que j'en avais envie. Si je ne le fais pas, je le regretterai toute ma vie. Je suis retourné en thérapie et j'ai pu réaliser un épisode intitulé "Vue de l'esprit". Un merveilleux scénario où LeVar se fait torturer par des Romuliens, et je ne me suis jamais autant amusé. Dès le 1er plan, je me suis dit : "C'est ce que je veux faire." Et à partir de là, je ne voulais plus faire que ça, et lui le savait et j'ai perdu l'envie de travailler en production. J'ai fini "La Nouvelle Génération", et "Deep Space 9", et j'ai fait un an sur "Voyager" comme superviseur de production. Puis j'ai décidé que je voulais continuer à réaliser. Grâce à Rick Berman, c'est ce que je fais. ll continue de faire appel à moi, sinon je serais à la rue. Cet épisode a été ma 1ère expérience. Je suis fan de John Frankenheimer. Je crois que c'est le meilleur film de Frank Sinatra. Henry Silva, qui joue le tueur coréen, est un ami à moi. Ce fut un vrai plaisir de s'inspirer d'"Un Crime dans la tête", où un soldat subit un lavage de cerveau avant qu'on l'envoie assassiner quelqu'un. Par prétention, j'ai tenté de réaliser un plan tiré d'"Un Crime dans la tête", un assassinat filmé en plongée. ll n'y a que moi à le savoir, mais quand je vois l'épisode, je peux dire : "C'est mon plan à la Frankenheimer." Et j'ai essayé de donner à l'épisode le même esthétisme. ll filme beaucoup en grand angle, j'ai donc beaucoup utilisé le 70 mm en m'avançant très près de LeVar, ce qui, je pense, n'a pas dû lui plaire tant que ça. Mais ça donne un esthétisme étrange qui correspond bien à l'épisode.

MAQUILLAGE

Brent Spinner au maquillage : Quelle heure est-il, 4 h du matin ?

Michael Westmore au maquillage : Tu as les yeux rouges. C'est quoi ces cernes ?

Brent Spinner au maquillage : Du maquillage. J'aime bien me faire maquiller avant le maquillage.

Michael Westmore (interview du 23 mars 1994) : Pour transformer Brent en Dr Soong, j'ai fait un moulage de son visage et à partir de là, on a sculpté toute sa tête. Pour qu'il ait l'air un peu plus cérébral, un peu plus intelligent, je lui ai fait un crâne un peu plus gros, un peu comme une bosse.
Brent Spinner au maquillage : lls m'ont mis ces trucs. C'est là que j'essaie de trouver ma voix. Michael, Sonny... J'aimerais qu'on s'associe, les gars. Ce n'est pas encore ça. ll faut du temps. Avec le nez, ça rend mieux.
Brent Spinner (interview du 4 avril 1994) : ll faut 4 heures et demie pour appliquer ce magnifique maquillage. Michael Westmore est sans doute le génie actuel de la série. On n'aurait rien pu faire sans lui. Brent Spinner au maquillage : Pour l'instant, ça ne change pas grand-chose mais vous verrez, quand ils m'auront mis le reste.
Michael Westmore : Les paupières, sous les yeux, les oreilles, les lobes d'oreille, la gorge, le menton, la lèvre supérieure, la lèvre inférieure, le nez, des lentilles de contact pour lui donner le regard voilé... Je lui ai fait des dents qui soient différentes de celles de Data, et qui lui vieillissent la bouche..
Brent Spinner au maquillage : C'est super. Un incroyable maquillage, non ?
Michael Westmore : En tout, le maquillage du Dr Soong est composé de 17 éléments, avec le dos des mains.
Brent Spinner au maquillage : Je ne sais pas. Je commence à me sentir vieux.
Brent Spinner : ll a conçu cet incroyable maquillage pour le Dr Soong. Ca m'a aidé parce que j'ignorais comment jouer le rôle. ll avait 100 ans et je n'avais encore jamais joué de rôle si vieux.

Brent Spinner au maquillage : lls vont commencer à me maquiller dans environ 10 minutes. Ca, ce n'est que la préparation.
Brent Spinner : Je ne cernais pas le personnage, puis je me suis vu dans le miroir, et là, j'ai su qui il était. Je crois que tout le mérite, en fait, revient à Westmore.
Brent Spinner au maquillage : L'avantage, c'est que 99 % au moins du personnage, c'est le maquillage. Je n'ai pas grand-chose à faire. 1 %... D'habitude, c'est 10 %.
Michael Westmore : Ce que j'ai trouvé de merveilleux, mais que personne ne peut apprécier, c'était de voir Brent maquillé entre les scènes et pendant les scènes qui ont dû être coupées au montage pour raison de temps. A certains moments, il partait en digression.
Brent Spinner au maquillage : Quand le maquillage est fini, on se regarde et on jurerait que ça pourrait être n'importe qui à l'intérieur. Parfois, j'ai l'impression qu'il y a Milton Berle à l'intérieur.
Michael Westmore : ll se mettait à parler aux feuilles, à faire des choses, qu'on aurait gardées si on avait eu le temps.
Brent Spinner au maquillage : Je vous conseille de ne pas rester au soleil. J'ai 27 ans. Je n'ai jamais utilisé de crème solaire. Grave erreur.
Michael Westmore : C'est l'épisode "Crise d'identité", quand LeVar Burton se transforme en lézard, qui a nécessité le plus long maquillage de la série. 6 heures et 4 maquilleurs pour lui coller des veines sur tout le corps. ll avait aussi une fausse tête, de fausses mains et de faux pieds. Une fois appliqués, on lui collait les veines sur le corps, qu'on peignait en bleu phosphorescent. ll portait également un cycliste sur lequel on collait les veines. Là encore, le démaquillage était très long.

Mark et Brian, Klos Radio Djs (interview du 30 août 1991) : On passait près de 18 heures dans ces costumes. On a même failli payer deux types 20 $ pour les enfiler à notre place. Ca devait faire 13 h qu'on était en costume. lls étaient prêts à le faire. Le réalisateur en a eu vent. Franchement, personne n'aurait pu faire d'aussi bons lézards. Se baisser et courir comme un lézard. On jouait des lézards froussards qui s'enfuyaient tout le temps. On voit quelqu'un, on s'enfuit.
Michael Westmore, maquilleur (interview du 15 novembre 2001) : Lorsque Patrick se fait "borguifier", il y avait pas mal de partie de son corps à maquiller. ll n'était pas totalement "borguifié" et donc n'était pas tout blanc. ll n'avait pas à porter le casque borg. Patrick avait surtout des éléments collés à divers endroits du visage, et la peau autour se mettait à se décomposer ou à se borguifier. Mais il devait rester en peignoir assis pendant des heures. Pendant toutes ces années, quel que soit le maquillage, qu'il faille dix minutes ou plusieurs heures, il ne s'est jamais plaint. En fait, il finissait par passer encore plus de temps au maquillage, parce qu'il y allait de son idée, des idées valables, nous demandait ce qu'on en pensait. A quoi je répondais, bonne idée. Et on en rajoutait constamment. Patrick, étant donné son passé au théâtre, s'est vu offert la chance de rentrer dans son rôle dans les scènes shakespeariennes de "Star Trek". On lui a fait un visage tout grêlé, avec un gros nez, et c'est quelque chose qu'il a adoré faire. Une fois le maquillage fini, il pouvait monter sur scène... ll adorait interpréter ces personnages.
Patrick Stewart (interview du 15 novembre 2001) : Je me vantais pouvoir, du moment où j'arrivais au studio à celui où je sortais costumé, être prêt en sept minutes, en me dépêchant. Tandis qu'il fallait des heures pour Michael Dorn. Les longues séances de maquillage m'arrivaient donc rarement. Mais dans le cas des épisodes Borgs, bien sûr, c'était... Malheureusement, j'en ai gardé de mauvais souvenirs. C'était inconfortable, parfois douloureux, surtout dans la 2nde partie où je suis pratiquement nu, et qu'au lieu du costume, c'est au corps que les tubes sont attachés. C'était inconfortable, mais intéressant.
 

Haut de page Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The Next Generation Saison 4