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PRODUCTION

Peter Lauritson, superviseur de production (interview du 5 octobre 2001) : Peter Lauritson, superviseur de production (interview du 5 octobre 2001) : J'ai réalisé "Lumière intérieure". Je crois que pour cet épisode, on a tous été gatés. Patrick Stewart était enthousiasmé par ce projet. Son fils y avait même un rôle. C'était la première fois, je crois, qu'ils jouaient ensemble, et 'était quelque chose pour lui. Pour le directeur de la photographie, la tâche était intéressante parce qu'il s'agissait d'une planète qui se réchauffait de plus en plus. L'équipe des décorateurs s'est amusée à recréer cette colonie d'artistes que l'on avait imaginée sur cette planète. On continue à me parler de cet épisode encore aujourd'hui. Ca remonte déjà à loin, mais c'est un épisode qui fait partie des favoris. J'ai eu...beaucoup de chance.

Le fils de Patrick s'est montré très enthousiaste sur ce projet. Je n'ai pas eu vraiment à... Dès le départ, je lui ai fait part de ma vision du personnage. Il était entièrement d'accord avec moi. Il n'y a eu aucune friction entre nous. Patrick était lui aussi, bien sûr, à fond dans l'épisode, et nous donnait sa meilleure performance d'acteur. Quand Patrick Stewart donne le meilleur de lui-même, on n'a pas besoin de le diriger beaucoup. Il suffit de pointer la caméra sur lui.

Patrick Stewart (interview du 15 novembre 2001) :

C'était à l'époque, et ça l'est peut être encore, malgré le nombre d'épisodes qu'il y a eu depuis, le maquillage le plus matinal de toute l'histoire de "Star Trek". Pour la séquence où j'apparais au dernier stade de mon vieillissement, la séquence de maquillage a commencé à 1h du matin un lundi. Je devais être sur le plateau à 7 heure. Je suis parti de chez moi aux environs de minuit, après avoir essayé, en vain, de dormir un peu. C'était Mike Westmore qui était chargé de mon maquillage. Mike a une technique de travail qui permet à l'acteur de dormir pendant le maquillage.

 

Michael Westmore, maquilleur (interview du 15 novembre 2001) : Dans "Lumière intérieure", Patrick se transforme peu à peu en vieillard avec une famille, des enfants et des petits-enfants. Pour vieillir autant une personne, il faut des heures de maquillage. C'est fascinant de voir come on vide littéralement la personne de toute son énergie. J'ai fait un film, il y a quelques années, "Eleanor & Franklin", avec Jane Alexander, Je la voyais se transformer en Eleanor Roosevelt. Elle se pasait des casettes pendant le maquilage. Pareil avec Patrick dans "La Nouvelle Génération". Ils sont là des heures, ils dorment, somnolent. Quand c'est fini et qu'ils se regardent dans le miroir, c'est le choc. On ne les a pas changés en quelqu'un d'autre. Ils se regardent et disent : "Je ressemble à mon grand-père." Ou pour une femme : "Je ressemble à ma grand-mère." C'est un processus qui déplaît plus aux femmes qu'aux hommes. Les femmes en général n'aiment pas trop se faire vieillir. Mais avec Patrick, là encore, c'était... Il aurait dû être récompensé pour cet épisode. Quelle place a-t-il aux côtés de ces séries policières ou autres séries qui sont récompensées neuf années de suite, quand Patrick Stewart nous offre des années durant dans cette série un remarquable jeu d'acteur ? Pas de comparaison possible. Ce que les spectateurs ne savent pas, c'est qu'il n'y a pas que le maquillage d'extraterrestres. On est également accessoiristes. Comme l'épine dorsale de Worf. Chez un Klingon, elle a moitié moins d'os que chez un humain. Il a donc fallu qu'on en fabrique une avec moins d'os, mais des os plus épais.

 


"CAUSES ET EFFETS"

Brannon Braga, scénariste (interview du 15 novembre 2001) : C'est l'un de mes épisodes qui a eu le plus de succès. J'ignore pourquoi. Parce que c'est un épisode conceptuel sans doute. L'équipage pris dans une boucle temporelle.
Jonathan Frakes (interview du ) : C'était un peu comme un exercice pour un apprenti réalisateur. C'était en gros la même chose répétée cinq fois.
Brannon Braga, scénariste : L'épisode a été diffusé deux ans avant "Un Jour sans fin". Un excellent film, d'ailleurs. Je crois qu'à l'époque, c'était encore totalement inédit.
Jonathan Frakes : A la lecture du script, j'ai cru que Brannon me faisait une blague. Mais non, pas du tout. Il s'agissait de tout l'épisode. Comment avons-nous fait, à votre avis ? Toute la difficulté, c'était donc de filmer la même scène cinq fois mais de cinq façons différentes. Parfois, je filmais en plan large, ou alors je démarrais sur l'un, puis sur l'autre. Mais sur la passerelle surtout, où les angles de vue sont nombreux, c'est devenu un véritable exercice. C'était là tout l'intérêt de l'épisode pour moi. Marvin m'a beaucoup aidé à trouver des façons différentes de filmer.
Brannon Braga, scénariste : L'épisode montrait qu'on pouvait parler du voyage dans le temps sans tomber dans le cliché du genre "Il faut retourner sauver Lincoln". C'était très novateur. Ca a plu aux spectateurs que nous expérimentions un peu sur la structure de l'épisode, et qu'on ose faire autre chose. C'est un épisode sans grande émotion. Sans psychologie de personnages ou de message politique ou autre. C'est le genre d'épisode qu'on trouve vraiment cool.

"Le premier devoir"

Ronald D. Moore, scénariste (interview du 14 mars 2002) : J'ai bien aimé cet épisode. C'était la 1ère fois qu'on voyait Starfleet Academy. C'était amusant de pouvoir jouer avec cette idée. Je suis un fan d'histoire militaire et marine. J'avais toujours eu envie de voir l'Académie de Starfleet, à quoi ça ressemblerait. Je l'ai donc imprégnée de ces traditions, les sons de cloches, les bleus, tous ces trucs-là.
Michael Piller, producteur exécutif (interview du 22 janvier 2002) : C'était un excellent épisode traitant des dilemmes étiques et moraux qui surgissent quand il faut choisir entre dire la vérité ou trahir ses amis.
Ronald D. Moore, scénariste : L'idée me plaisait beaucoup : un groupe de jeunes, ils font quelque chose, et c'est l'accident. Le lien qui unit ces jeunes est contrebalancé par celui qui les unit à l'institution.
Michael Piller, producteur exécutif : Dans cet épisode, Wesley doit prendre une décision : va-t-il dire la vérité sur l'accident qui s'est produit à l'Académie ? Je crois savoir qu'à l'Air Force Academy, on montre encore aujourd'hui cet épisode aux cadets pour leur montrer ce qui importe vraiment. Ron Moore et moi nous sommes vraiment battus sur cet épisode.
Ronald D. Moore, scénariste : Il y a eu de gros désaccords : quel parti devait-il prendre ? Devrait-il toujours dire la vérité, en toutes circonstances ? Que fait-il de ses obligations de cadet, et visàvis de ses amis ?
Michael Piller, producteur exécutif : Nous défendions des positions diamétralement opposées. Pour lui, Wesley n'aurait jamais pu trahir ses amis. A quoi je répondais qu'on était à Starfleet. Qu'est l'important, c'était la vérité, l'honneur, la parole.
Ronald D. Moore, scénariste : Beaucoup de scènes sont le résultat de nos discussions orageuses. et de l'autre, moi qui insistais: "Il a un devoir envers ses amis." "On peut prêter serment à l'Etat, mais qu'en est-il des personnes à qui l'on fait des promesses ?" "Ca ne compte pas ?" Nous étions en plein drame. On a pu en faire un épisode. C'était super.
Michael Piller, producteur exécutif : En fin de compte, cette lutte d'idées sous-tend tout l'épisode. "Ron, je veux que tu te battes jusqu'au bout pour ton idée, dans la limite du contexte où se trouve Wesley, tandis que Picard, à savoir moi, se battra pour connaître la vérité." "Si tu t'investis émotionnellement, la scène de confrontation entre Picard et Wesley sera une merveille." Ce fût le cas.

LA MUSIQUE
 
Jay Chattaway, compositeur (interview du 5 septembre 2001) : Le script faisait allusion à un instrument appelé la flûte ressikienne. Qu'est-ce que la flûte ressikienne ? Ca n'existe pas, bien sûr. Tout ce folklore sort de l'imagination des scénaristes. La flûte ressikienne, c'était en fait, si je la tiens comme ça, vous verrez, une petite flûte irlandaise, appelée tin-whistle. Choisie, non pas tant pour le son ensorcelant qu'elle produit que pour ses qualités photogéniques. Une flûte classique, la flûte traversière par exemple, se tient devant le visage. Résultat, c'est difficile de filmer l'acteur puisqu'il a les mains devant le visage. Mais le tin-whistle se joue à la verticale, comme ceci. Ce qui permet des angles de vue intéressants, sans que les mains ne gênent trop. Je ne peux pas vous jouer tout l'air, mais je peux vous dire que c'est devenu le morceau le plus prisé de la bibliothèque Paramount. Dans l'épisode, Patrick Stewart joue de cet instrument pour le baptême de ses enfants. Et il apprend à jouer cet air-là. Plus tard, lorsqu'il revient à lui dans la réalité, ils viennent dans son bureau et ouvrent un boîtier devant lui. Ils lui en font cadeau. Il ouvre le boîtier et y trouve cette flûte ressikienne. Il se met alors à jouer cet air. Et l'on s'éloigne dans l'espace sur cet air de flûte, qui, en soi, déroge totalement à la règle habituelle sur ce genre d'image spatiale. La musique est toujours grandiose et pompeuse. Peter a pensé que ce serait bien de finir sur cette flûte, mais accompagnée de l'orchestre, juste au cas où. Mais musicalement, il fallait déjà oser le faire. On s'éloigne dans l'espace sur l'air de ce tin-whistle et l'image de l'Enterprise. Et ça a marché.
 

Haut de page Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The Next Generation Saison 5