Missions mémorables

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"THE GAME"

Marina Sirtis (interview du 1er novembre 2001) : Vous avez vu ma combinaison spatiale ? Je devais me fondre là-dedans tous les jours. Je n'aurai jamais pu ingurgiter autant de chocolat que Troi, ou je ne serais plus rentré dans le costume. J'ai élaboré un plan. Je n'aime que le chocolat noir. J'ai demandé à l'accessoiriste de me donner du chocolat au lait. Je le metais dans ma bouche et à la fin de la scène... c'est très glamour! je le recrachais dans un seau. Sans doute que je vous en dit un peu trop. C'est ce que je faisais. Glamour ! Je crache à la fin de la scène.

"LE CULTE DU HEROS"

Dan Curry, responsable effets spéciaux (interview du 5 septembre 2001) : Dans l'une des scènes, Data fait de la peinture. Il essaie d'apprendre à peindre au garçon qui l'admire. Ils travailllent à partir d'un paysage. Je pensais que ce serait marrant que Brent peigne un de mes tableaux. J'en ai apporté un : un paysage de la Californie. C'est le tableau que Brent peint dans l'épisode.

Pour l'épisode "Le premier devoir", j'ai fait une huile de l'avant-poste de Starfleet Academy. C'est une huile sur aggloméré, 90 x 150 cm. L'un des derniers décors peints que j'ai faits pour "Star Trek".

 

Mike Okuda, responsable scénique (interview du 4 avril 2002) : On a fait les peintures de Data. Il en a fait un paquet, beaucoup de gens l'ont aidé. Rick Sterback et Dan Curry. Mais la plupart ont été réalisées par des décorateurs. J'aime particulièrement la toile qui représente un chat à la Picasso. La peintre, c'est Wendy Drapanas. Elle a fait un travail superbe. C'est le tableau de Data que je préfère. Quand on a fait "Star Trek : Generations", lorsque l'Enterprise s'écrase...je me suis assuré que l'on voit bien le tableau dans les décombres.

"LE PREMIER DEVOIR"

Robert Duncan McNeil (interview du 29 septembre 1994) : J'ai joué dans un épisode de "La Nouvelle Génération". Un personnage très proche du lieutenant Paris. Rick Berman m'a raconté qu'à la création de la série "Voyager", à la distribution des rôles...Je jouais une pièce à New-York quand ils ont fait paser les auditions. Rick a dit : "Il nous faut un gars comme Robert McNeill de "La Nouvelle Génération." "Un peu comme Robert McNeill." "Mais légèrement différent" Les auditions ont duré quelques temps. Finalement, quelqu'un a dit : "Personne ne convient pour ce rôle." "Et pourquoi pas Robert McNeill, puisque c'est lui et son personnage notre référence ?" "On devrait appeler Robert McNeill." Et ils l'ont fait.

"RAPPORTS DE FORCE"

David Livingston, producteur (interview du 14 mars 2002) : On s'est vraiment bien amusés. Il y avait beaucoup d'action, ce qui dans Star Trek est plutôt inhabituel. On a créé le décor d'une planète, fait sauter le sas d'une nacette. On a utilisé une Louma pour passer sous les voûtes du décor. Quelques effets optiques bizarres. L'action s'est déroulé principalement à l'abordage avec une fusillade. C'était très intense. L'équipage est possédé par ces entités lumineuses, ce qui change les personnages.
Marina Sirtis (interview du 1er novembre 2001) : Nous nous approchons de la planète alors qu'une tempète se prépare. Elles est constitué de ces petites particules de méchants qui s'infiltrent dans nos corps. Le réalisateur m'a demandé si je voulais faire les cascades, j'ai demandé ce qu'il fallait faire : "Juste tomber en arrière." "O.K., je peux faire ça.
Denis Madalone, coordinateur cascades (interview du 4 avril 2002) : Elle était très douée. Tous avaient du talent. Elle voulait faire toutes les cascades mais je lui ai trouvé une doublure qui la remplaçait de temps à autre. Elle était très active, à l'image de Robert Conrad, elle voulait faire ses propres cascades. Au bout de quelques années, elle voulait faire ses propres chutes. Nous étions sur une planète. La scène rassemblait cinq personnes qui avaient toutes une doublure.
Marina Sirtis (interview du 1er novembre 2001) : Le jour du tournage, j'ai regardé autour de moi. J'étais entourée de cascadeur, j'étais la seule actrice. Bien sûr, fidèle à moi-même, je commence à crier sur le plateau, lancer des injures à mes amis, à les traiter de mauviettes. "C'est ça, les hommes ? Vous me faites bien rire !"
Denis Madalone, coordinateur cascades : Elle m'avait dit une semaine avant qu'elle ne voulait pas de doublure. C'était une grosse chute en arrière. Je savais qu'elle pouvait le faire. Je lui ai dit d'accord, le reste de l'équipe sera doublé.
Marina Sirtis : On tourne la scène, la tempète arrive et je tombe en arrière. Comme on me l'avait appris à l'école de théâtre, je roule sur le côté parce qu'il n'y a rien de sensible sur le côté. Je me suis relevée, ça allait. Le réalisateur m'a dit : "Tu es la seule à faire ta propre cascade, pourrais-tu tomber sur le dos, pour qu'on voit ton visage ?" J'ai oublié de réfléchir et j'ai dit : "Bien sûr !" Je l'ai fait pour la deuxième prise, je suis tombée sur le dos et je sius restée étendue là, immobile. David Livingston, le réalisateur, a dit : "C'est bon, Marina, tu peux te relever maintenant." Evidemment, je m'étais fait mal au dos.
Denis Madalone, coordinateur cascades : Elle est tombée comme une vrai cascadeuse. Les pieds en l'air, les cheveux dans le vent. Elle est tombée comme les doublures. J'étais fier d'elle. "Une vraie cascadeuse." Elle s'est relevée très lentement. J'ai couru vers elle. "Je vais bien." Elle avait de la poussière plein les yeux. Ca l'a vraiment mise K.-O. Les cascades, ça vous assomme. D'où le recours aux cascadeurs.

 

Marina Sirtis : Le plus beau de l'histoire est que, dans la version finale de l'épisode, il n'y avait même pas de gros plan. Ce n'était qu'un plan large qui nous englobait tous. Michael Dorn aurait pu être dans mon costume avec une perruque. Personne n'aurait pu savoir que c'était moi. J'avais fait tout ça pour rien. Par la suite, j'ai été plus prudente sur le type de cascade à effectuer et la façon de l'exécuter.

"La parfaite compagne"

Jay Chattaway, compositeur (interview du 5 septembre 2001) : L'épisode "La parfaite compagne" parlait de cette femme magnifique, sortie prématurément de son cocon à bord du vaisseau, avant d'être livrée sur la planète où elle devait rencontrer son futur époux. Selon le rituel, en sortant du cocon, le premier homme qu'on voit est celui auquel on doit s'unir. Il y avait donc une sorte de rituel d'accouplement élaboré auquel le Capt Picard devait participer. Il devait suivre les bras de cette femme sur... une espèce de marimba ou un xylophone, c'était en fait un instrument du gamelan de Bali provenant de la culture indonésienne. Comme le veut la tradition Star Trek, on a changé le son, et altéré la couleur, et chaque lame était frappée par un maillet. Le morceau était une musique authentique de Bali. Des Balinais sont venus pour lui montrer comment interpréter le morceau. Le marché était que, s'il arrivait à suivre le mouvement de ses mains, il pouvait alors jouer pendant le rituel du mariage. C'était un épisode assez complexe, très intense musicalement parlant avec de nombreux préenregistrements. Il devait apprendre à placer ses mains correctement.

"Le premier devoir"

Mike Okuda, responsable scnénique (interview du 4 avril 2002) : Richard voulait créer un emblème pour Starfleet Academy. J'ai utilisé un symbole que Joe Senna avait dessiné, le lever du soleil au dessus du Gloden Gate à San Fransisco. Je l'ai retravaillé. Ils voulaient ajouter une légende. Je me suis inspiré de la mission Apollo 13, dont la devise était "Ex luna, scientia", "Par la lune, le savoir". La devise de Starfleet Academy pouvait très bien être "Des étoiles, le savoir". Ce qui donne "Ex astra, scientia". Ce qymbole a eu du sucès, on l'a repris pour vendre toutes sortes de choses, des T-shirts, des vestes, etc. Une anecdote amusante : Six mois après la diffusion de l'épisode, quelqu'un a dû le voir en gros plan. J'ai reçu une lettre d'un professeur de latin de Brown University qui me disait : ""Ex astra, scientia" n'est pas correct. Le genre du mot est erroné." Ca devrait être "Ex astris, scientia"." J'ai corrigé la devise, bien longtemps après la diffusion, et je l'ai soumise au service juridique. Tous les produits dérivés ont été corrigés. C'est incroyable ce que les gens sont attentifs. Ils remarquent des choses auxqueIIes on ne pense même pas quand on crée I'épisode. C'est parfois très frustrant, mais en même temps réconfortant qu'iIs y prêtent tant d'attention. Ca prouve qu'iIs aiment Ia série.

"DESASTRE"

Ronald D.Moore, scénariste (interview du 14 mars 2002) : "Désastre" est notre hommage aux fiIms catastrophe. Je vouIais que SheIIey Winters joue. Personne ne m'écoutait. Je répétais sans cesse : "Il faut Shelley Winters.'" Ils me répondaient : "Arrête avec ça. Ce n'est pas digne de nous." "Allez, les gars ! Pour s'amuser ! Donnons un rôle à Shelley Winters." "Et à Red Buttons aussi. On fait la totale." C'était super. J'aimais assez l'idée de Troi aux commandes, pouvoir recréer toutes les petites histoires des films catastrophe. Brannon était un fan de "La Tour infernale" et tout ce genre de films. On s'est beaucoup amusés à mettre tout ça en place. Prendre la tête de Data. "Vous voulez que je vous décapite ?" La réplique ! On s'est vraiment marrés à trimballer sa tête sur tout l'Enterprise.
Dan Curry, responsable effets visuels (interview du 5 septembre 2001) : Dans une des scènes, on devait créer un feu de plasma dans la cale du vaisseau. Geordi devait trouver un moyen d'éteindre ce feu. Il ouvrait les portes du sas et arrêtait le champ de force pour aspirer l'air et ainsi éteindre le feu. Greg Jein avait construit de fantastiques tonneaux miniatures identiques à ceux du vaisseau. Au lieu de les faire exploser, on les a filmés en plongée. On les a placés sur des quilles, sur un morceau de sol miniature, puis retiré les quilles pour lâcher les tonneaux. L'arrière-plan était en fait un fond bleu. En filmant à haute fréquence d'image, on a rétabli la taille à échelle réelle et donné l'illusion de vrais tonneaux aspirés dans l'espace. Le feu de plasma que vous voyez brûler dans le mur était en réalité un plateau en verre couvert d'eau et de neige carbonique. La neige carbonique a bouilli. Comme c'était un plateau en verre, on a pu l'éclairer par derrière. On l'a teinté en vert et c'est devenu le feu de plasma sur le mur. Pour donner l'illusion qu'ils sont attirés sur le côté, on a pris les éléments du plateau de tournage qui formaient la structure, les tuyaux et les échelles, on les a inclinés et on a filmé avec la caméra penchée sur le côté. Quand les acteurs s'y accrochaient, c'était comme s'ils étaient tirés sur le côté. En filmant sur fond bleu, on a l'impression qu'ils sont aspirés.

Haut de page Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The Next Generation Saison 5