Nouvelles directions

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Patrick Stewart (interview du 15 novembre 2001) : Mon premier épisode était relativement simple. Très modeste. Il n'y avait pas beaucoup d'effets techniques. L'histoire, très simple, reposait sur une femme amoureuse de Data, et sur Data qui se programmait pour essayer d'être romantique. C'était sexy et plein d'humour, mais aussi triste et nostalgique. J'ai vraiment beaucoup aimé travailler avec eux deux, et sur "POUR UNE POIGNEE DE DATA".
Brannon Braga, scénariste (interview du 15 novembre 2001) : "Pour une poignée de Data" fut présenté par Robert Wolfe, un scénariste de "Deep Space 9". J'ai juste retouché le script. C'est devenu l'un des épisodes préférés du public. C'était une farce un peu folle.
Patrick Stewart : La nouvelle a un peu irrité mes collègues réalisateurs. La rumeur courait depuis longtemps qu'un western allait être fait. Mon nom s'est trouvé en face d'un numéro d'épisode. Les choses ont changé, et j'ai eu "Pour une poignée de Data". Je n'aurais pu être plus content, en tant qu'anglais gavé de westerns américains depuis l'enfance.
Brannon Braga, scénariste : Je n'aimais pas les westerns. Et voilà que je devais écrire un western pour "Star Trek". Je n'ai jamais aimé les westerns, pour diverses raisons. J'ai dû en regarder pour me baser sur quelque chose. ll me fallait un bon western traditionnel.
Patrick Stewart : On venait de le voir ("L'homme des vallées perdues"). George Stevens m'a envoyé une nouvelle version DVD, je lui ai tellement parlé du film de son père. ll m'a beaucoup marqué lorsque j'étais enfant. Dans "Pour une poignée de Data", j'ai copié une scène de ce film. Lorsque Brandon de Wilde regarde sous les portes du saloon, j'ai dit au fils de Worf de faire la même chose.
Brannon Braga, scénariste : C'était très amusant. C'était une de ces aventures du holodeck qiu tournent mal. C'était encore possible, nous n'en avions pas fait beaucoup. Plus maintenant, car on a fait des dizaines d'épisodes sur ce sujet.
Patrick Stewart : Je me suis beaucoup amusé. Les acteurs se sont laissés aller.
Marina Sirtis : Travailler avec un fusil. Etant britannique, je ne savais pas tenir un fusil. Michael Dorn a dû me montrer. Et aussi comment ne pas courir comme une fille. ll me disait : "Tu cours comme une fille". J'ai donc eu des leçons. C'était vraiment bien. C'était un personnage intéressant. La mystérieuse étrangère. Je fumais des cigares. Pour une fois, j'avais des accessoires. J'enviais toujours Gates. Elle jouait toujours avec des accessoires. Je n'avais jamais rien, sauf peut-être un ordinateur de poche. J'avais un chapeau, un imperméable génial, et des cigares. J'essayais de faire des ronds de fumée. Michael Dorn me disait : "Arrête !" "Ne sois pas si drôle, j'ai le rôle central." Beaucoup de ces scènes furent supprimées. Pas à cause de Michael Dorn, c'était simplement trop long.
Patrick Stewart : J'ai travaillé avec Brent sur une multitude de personnages. J'admire énormément Brent en tant qu'acteur. De le voir développer tous ces personnages, même lorsqu'il n'y avait aucun dialogue, c'était très gratifiant.
Brent Spinner : Patrick est un très bon acteur. Aussi, on apprenait toujours beaucoup lorsqu'il dirigeait. ll est aussi très intelligent. C'était bien, surtout parce que tout le monde s'entendait bien. Quand on dirigeait, tout le monde s'y mettait, et voulait aider autant que possible. Pas toujours, comme Patrick l'a peut être dit. Par moment, il voulait nous étrangler.
Patrick Stewart : Mon meilleur souvenir fut cette journée passée dans la ville western des studios Warner. Je n'avais jamais travaillé chez Warner. Cela a changé depuis. Mais aller aux studios Warner, moi, acteur shakespearien anglais, pour y diriger un western, me semblait comme un rêve.
David Livingston, producteur (interview du 14 mars 2002) : Quand on est en extérieur, il tournait dans l'enceinte des studios Warner, à chaque fois, c'est un duel contre la montre. C'est là tout le luxe de "Star Trek". On reste sur le plateau. Il y a des contraintes de temps, mais pas d'éclairage. En extérieur, c'est le chef électricien là-haut qui contrôle. Il n'y a rien à faire. Une fois le soleil couché, il faut arrêter, à moins ue vous ne fassiez du tournage de nuit.
Patrick Stewart : On avait tellement de choses à filmer. En fait, l'assistante réalisatrice, Adele Simmons, m'a dit le jour d'avant : "C'est infaisable". Ce n'est pas ce qu'un réalisateur a envie d'entendre. On ne pouvait pas allonger le tournage, même d'une demi-journée. Donc j'ai convoqué tout le monde à quatres heures du matin. J'ai dit : "Les installations et les répétitions se feront de nuit". "Nous tournerons dès que le jour se lèvera". "Chaque minute de jour sera utilisée".
David Livingston, producteur : Du point de vue de la réalisation, c'est un défi d'avoir un bon plan, un plan A, B, C et D, quand on est en extérieur. Vous ne savez pas ce qui va arriver. Plusieurs facteurs entrent en compte. Pas seulement l'éclairage. La logistique... Tout est éparpillé. On ne peut pas tout garder sous contrôle, comme sur un plateau où tout est à portée de main. En extérieur, les camions peuvent se trouver à 400 mètres. Camions et fourgons transportent le personnel et l'équipement. Cela constitue donc un vrai défi. L'inquiétude de Patrick est normale. J'ai été dans la même situation sur des tournages en extérieur.

Patrick Stewart : Il y a un plan qu'on a fait en fin de journée, un gros plan de Brent dans le rôle d'un bandit armé, sortant par une porte. Nous l'avons gardé pour la fin, car il n'y avait pas de lumière. On a dû utiliser un éclairage artificiel. La journée, trois caméras filmaient sans discontinuer. L'une filmait absolument tout, Je n'étais pas à côté. J'ai dit : "Continuez de filmer." "Je n'ai pas le temps de diriger". Le meilleur moment de la journée fut la traditionnelle fusillade au début de tout western. On a commencé par un plan très serré d'une porte, depuis une grue. Deux personnages en sortaient. Et on terminait par un plan large de la rue, où les deux protagonistes se font face. L'opérateur m'a demandé : "Vous voulez monter sur la grue ? Autant que vous voyez là-haut." On m'a attaché au siège qui se trouvait à côté de la caméra. Quelqu'un m'a donné un porte-voix. Et j'ai crié : "Action !". Un porte-voix dans les studios Warner. C'est très bête. Je me revois rentrer en voiture le soir, complètement épuisé, avec de gros coups de soleil, car je n'avais pas fait attention. Je ne jouait pas, je dirigeais. Et je n'avais pas pensé à me mettre de crème solaire. Malgré tout, l'émotion, le sentiment d'excitation, comme maintenant, je m'en souviens encore. On a réussi à tout filmer. Nous avions tout bouclé. C'est un beau souvenir. Depuis, je suis retourné dans l'enceinte des studios Warner. En fait, l'orchestre symphonique du Hollywood Bowl y fait certaine de ses répétitions sur l'estrade. La première fois que j'ai chanté avec l'orchestre du Hollywood Bowl, nous étions dans l'enceinte des studios Warner. Quoi qu'il advienne, le jour fut mémorable, cela me rappellera toujours "Pour une poignée de Data".

Une première chance sur "Deuxième chance"


Levar Burton (interview du 8 novembre 2001) : Je suis devenu réalisateur en grande partie grâce au courage de Jonathan Frakes, qui fut un bon exemple. J'avais toujours eu envie de devenir réalisateur, mais...j'ai toujours...j'ai été atiré par le côté mystique. Ca me faisait un peu peur. Plus qu'un peu, d'ailleurs. J'avais peur de ne pas être à la hauteur. C'est le raisonnement que je tenais pour m'en tenir éloigné. Puis Jonathan l'a fait, cela m'a encouragé. Je ne me souviens plus de la saison. Pendant la pause, je suis allé voir Rick et je lui ai demandé. ll a été très généreux. ll m'a dit : "J'attendais." "Je pensais bien qu'un jour ou l'autre, tu me demanderais." Il a dit : "Je pense que tu feras un bon réalisateur". Le mieux, c'est que l'on m'a envoyé à l'école. Ce fut un excellent aprentissage. Etre payé pour étudier "Star Trek", c'est une opportunité fantastique. Assister aux réunions de production, passer le plus de temps possible au montage, aller aux séances de repérage et de répétitions, se familiariser à fond avec le processus, avec tous ces aspects. Puis ton tour arrive. Et tu y vas de toutes tes tripes, à l'instinct...et à la grâce de tes amis. Lorsqu'un acteur prend cette fonction, toute la famille, c'est comme un filet. Toute la famille t'épaule en quelque sorte. Impossible d'échouer. Si tu t'es appliqué et que tu as bien fait tes devoirs, et si tu as la responsabilité de l'exécution des tâches, il est impossible d'échouer.
Jonathan Frakes : Il m'a fait me balancer d'un pont. Je l'ai fait uniquement pour lui. Levar : "Un vrai ami". Jonathan : "Mon allié". Levar : "Tout à fait mon allié".
Levar Burton : Mon premier épisode fut un vrai jugement par le feu. Dans "Deuxième chance'", il y avait deux Riker. ll y avait Riker et son "doppelgänger".
Jonathan Frakes : Je savais par quoi il passait. J'en avait fait l'expérience avec "Paternité". J'ai développé des différences subtiles entre les personnages. Une des choses que j'ai adorées, et que Marina me rapelle, c'est lorsqu'elle a dit : "Je préfère Thomas Riker." Puis Thomas Riker est réapparu dans "Deep Space". On m'a jeté dans une prison cardassienne. J'attendais, je n'arrêtais pas de dire à Ron Moore : "Où en est-on ? Thomas Riker est en prison." "Bon épisode. On le sort de prison." "On travaille dessus." Cet épisode ne passe plus. Ca ne s'est jamais fait.
Levar Burton : ll y avait beaucoup d'effets très complexes. C'était très difficile à filmer. Je ne dormais plus. Je marchais à l'adrénaline. Et j'ai adoré chaque seconde. A la fin de cette expérience, je me suis dit : "Tu sais quoi ?" "J'ai beaucoup de lacunes, mais je peux le faire." "J'en suis vraiment capable". C'était parfait pour un épisode aussi difficile. Et Jonathan a été génial. Absolument merveilleux.
Dan Curry, responsable des effets visuels (interview du 5 septembre 2001) : Il y avait des décors et des caches interessants. Mais réussir les deux Riker...dans la première scène, lorsque Jonathan encercle Jonathan.
Levar Burton : Alors, celle-là ! A elle seule, cette scène m'a tenu éveillé pendant des nuits entières. Ce n'était pas facile, il fallait tellement se préparer. Je devais réfléchir à tout, à chaque fois qu'on avait les deux Riker dans un même plan, quand ils se donnaient la réplique.
Dan Curry, responsable des effets visuels : On utilisait des doublures pour l'éclairage. Puis, nous filmions Jonathan sur fond bleu. Lorsque nous voulions qu'il projette une ombre, nous agitions un drapeau noir devant les lampes, de manière à rendre naturel le passage de l'ombre. Le public n'a pas toujours conscience de ce qui cloche, mais il le sent de façon intuitive. Ces détails sont importants, les ombres des acteurs, par exemple. Cette marche en cercle fut un vrai défi technique.
Levar Burton : Mais nous l'avions réussi. Un vrai jugement par le feu. C'était très excitant d'avoir Mae Jemison, parce que Mae, Whoopi et moi adorons la série, et avons discuté de l'importance énorme que "Star Trek" avait pour nous, étant enfants. J'ai lu énormément de livres de science-fiction quand j'étais petit. La science-fiction était mon choix de lecture. Il était rare...il était assez rare que je rencontre, dans les pages de ces romans, des héros qui me ressemblent. Prenez Mae Carol Jemison, première afro-américaine dans l'espace...Envoyer en mission spatiale. D'abord scientifique, puis astronaute, tout ça parce qu'elle regardait "Star Trek". Un des messages qu'elle a reçus, c'était que ce métier, tu peux toi aussi le faire, petite fille. Alors, de pouvoir faire jouer Mae dans "Star Trek", dans un épisode que je dirigeais, et en plusn de faire venir Nichelle et de les faire se rencontrer, c'était...énorme. Vraiment énorme.
 

Haut de page Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The Next Generation Saison 6