Profil: Lt Commander Data

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Brent Spinner (interview du 11 avril 2002) : Quand j'ai décidé de faire la série... Ou plutôt quand ils m'ont choisi et que j'ai ensuite réfléchi à leur proposition, j'ai eu peur. Je crois que, juste avant la dernière audition, où cela allait être un fait accompli, j'ai dit à mon agent que je ne le ferais pas. "Pourquoi ?" a-t-il dit. J'ai dit : "Non, je ne crois pas." ll a dit : "Fais le pilote. Je t'en sortirai si ça ne te plaît pas." Pas sûr que le studio aime cette attitude, mais c'est ce qu'il a dit. J'ai pensé : "Je fais le pilote." J'avais besoin de fric.
Rick Berman, producteur exécutif (interview du 5 septembre 2001) : J'avais vu Brent à Broadway. Je l'avais vu chanter. Je l'avais vu dans une série télé, dans laquelle il jouait un montagnard des Appalaches. C'est un comédien et un chanteur. ll sait tout faire.
Brent Spinner : J'ai fait le pilote. J'avais déjà travaillé avec plein de gens. J'ai pensé : "Ces types sont bons, c'est sympa." La production était bonne. Je m'étais bien amusé. J'ai pensé : "Je vais le faire jusqu'à la fin de l'année." C'était un contrat d'un an, au début. J'ai pensé : Je le fais jusqu'à la fin de l'année, pas plus longtemps." "On ne peut pas refaire Star Trek. C'est ridicule." "Ca va être nul, les gens vont détester et j'aurai fini dans un an.

 

Rick Berman, producteur exécutif : ll avait du mal à parler avec des contractions. C'était drôle. Les scénaristes en mettaient par erreur. Brent en disait même quand il n'y en avait pas. L'équilibre était délicat. Allait-il jouer un robot classique ? Allait-il être complètement humain ?
Brent Spinner : Bob Justman m'avait auparavant dit : "Ta vie va complètement changer." C'est vrai, mais jusqu'à un certain point seulement. Le changement le plus flagrant est que je n'avais plus à me préoccuper du loyer mensuel. C'est très important pour un acteur. Ce le fut pour moi. Je n'avais même pas à y penser. C'était incroyable. Un luxe incroyable que je pouvais m'offrir.
Rick Berman, producteur exécutif : Data était un personnage spécial pour Gene. ll allait remplacer Spock. ll était notre baromètre, notre miroir sur l'humanité. Un androïde qui aimerait être humain.
Brent Spinner : L'idée originale à propos de Data, l'idée de Gene Roddenberry, puisqu'il est son créateur, était de le montrer comme une toile blanche, mais d'en faire une machine à apprendre. Parce qu'il serait au milieu de ces gens, au milieu de l'humanité pendant le temps qu'on voudrait, initialement pour six ans, il évoluerait au fil des années. C'est ce qui s'est passé.
Rick Berman, producteur exécutif : ll a forgé ce personnage en s'inspirant un peu de Pinocchio, ce qui était aussi son idée. Cette idée fut discutée lors de l'épisode pilote. Pinocchio était un petit garçon en bois qui voulait être humain. Brent y a rajouté une dose d'innocence et d'humour, c'était extraordinaire.
Brent Spinner : Tous les scénaristes qui ont été impliqués se sont amusés à rajouter une pièce au puzzle que constituait Data. Gene voulait également que Data ait une soif inextinguible de comprendre l'humanité. La complexité et les idiosyncrasies de l'humanité. On s'est beaucoup amusés, au fil des ans, à voir Data s'essayer aux différentes facettes de l'humanité.

Ronald D. Moore, scénariste (interview du 4 mars 2002) : Le défi de Brent était différent. Un androïde. Un homme sans émotions. On l'a dépourvu d'émotions, avec quoi allait-il jouer ? Le défi de Leonard Nimoy était à la fois similaire et différent. La personnalité de Spock était différente, troublante. ll se battait intérieurement, sous la surface, entre ses émotions et un stoïcisme vulcain. Data est comme Pinocchio. ll veut ressentir, mais n'y arrive pas. Le défi était de réussir à exprimer cela. ll a été merveilleux.
Levar Burton (interview du 8 novembre 2001) : Le succès des films dépend de l'alchimie entre les personnages qui sont établis, de façon indélébile, dans la série. Le tandem Data-Geordi est une des meilleures dynamiques. lls constituent un excellent modèle d'amitié, d'après ce qu'on voit, ce qu'on ressent, lorsqu'on considère que l'un est aveugle et l'autre est un androïde. Pour les auditions, Gene avait écrit des pages. C'est dommage qu'on ne s'en soit jamais servi. Dans ces pages d'auditions, Data et Geordi, lors de leur première rencontre, se reconnaissent en un point, c'est l'étincelle de départ qui les a poussés l'un vers l'autre. Parce que, comme le dit Data dans une scène : "Mon cerveau et vos yeux perçoivent le monde exactement tel qu'il est." Data et Geordi ont donc formé une équipe. lls s'appelaient Les Percepteurs. Je trouve que c'était génial. Je trouvais cela excellent. Dommage qu'on n'ait jamais utilisé cette idée. Parce que c'est vrai, c'était absolument génial. L'expression éclatante de leur amitié. Le cerveau de Data et les yeux de Geordi ne peuvent se permettre d'entretenir des artifices. Leur nature même les oblige à vivre le monde exactement tel qu'il est, sans la coloration des émotions ou de l'histoire. lls regardent le monde de façon unique. Et dans cette perception unique, ils sont soudés l'un à l'autre.
Rick Berman, producteur exécutif : Gene a inventé une histoire qui explique son caractère unique. ll a été créé par un docteur humain, sur une terre lointaine. lls ont jeté son moule après sa construction. Nous apprenons qu'il a un frère diabolique, Lore.
Brent Spinner : ll est très difficile de se donner la réplique car, même si vous jouez avec votre acteur préféré, c'est difficile techniquement. Ca prend du temps. Travailler sur les mouvements est très difficile et très long. L'aspect que j'aime, c'est que vous n'êtes pas dans un jeu vidéo, vous êtes le jeu vidéo. Vous devez imaginer tout le temps où vous êtes, parce qu'il n'y a personne en face lorsque vous jouez les rôles, et c'est un vrai défi. Tout comme le minutage. Le mouvement de la caméra a déjà été établi par ordinateur. ll faut refaire exactement la même chose à chaque fois. C'est très difficile.

DOUBLAGE DE DATA

 

Guy Vardaman, conseiller en recherche (interview du 4 avril 2002) : J'étais sa doublure photo. Souvent, Brent me parlait d'une scène qui allait être tournée. ll me demandait comment j'allais faire ceci ou cela. ll disait : "Lorsque tu touches les boutons, fais-le comme ça." ll me montrait comment il voulait que je les touche, de manière à être logique. ll tenait également à ce que mes mains ressemblent aux siennes, de manière à les utiliser. Lorsque j'ai commencé à faire le doublage photo, il m'a été loyal de sorte que je puisse continuer, et que tout soit cohérent. S'il y avait un gros plan, c'était Brent ou moi. C'était fantastique. Brent est très drôle et intelligent. Et il est très facile de travailler avec lui à cause de cela. Très spécial, aussi. J'étais fier de pouvoir jouer un rôle qu'il avait accepté, et de faire quelque chose qui le représentait, lui ou son personnage, même pour un petit détail.

Brent Spinner : J'ai joué beaucoup de méchants, du moins quelques-uns, dans la série. J'ai joué Lore, le méchant frère jumeau de Data. Et un drôle d'extraterrestre. Les méchants de "Pour une poignée de Data". C'était très amusant. Jouer Lore était toujours amusant, puisqu'il me ressemblait. J'étais moi, pour changer. C'était un autre aspect positif du rôle, je jouais d'autres personnages, et je le faisais souvent. J'ai joué le Dr Soong, le créateur de Data. Et Lore. L'ensemble de la famille Soong aussi. Dans le nouveau film, je joue encore un autre frère, encore jamais vu. ll n'y a que la mère que je n'ai pas jouée. Mais j'ai joué Frère Tuck et Henry V. Tellement de personnages différents. L'aspect le plus intéressant dans Data, c'était son exploration de l'humanité. Je me suis travesti pour certains rôles. Jack et Tony dans "Certains l'aiment chaud" et Uncle Milty. Mais je me trouvais tellement laid en femme, que ce n'était pas ce que je préférais faire. J'ai aimé faire cet épisode, jouer au méchant. Mais jouer la barmaid n'était pas mon rôle préféré. J'ai été amené à tout faire. C'était incroyable. J'ai fait Data en train d'apprendre la comédie avec Joe Piscopo. C'était génial pour moi de faire Jerry dans la série. ll était mon idole quand j'étais enfant. Gates faisait des claquettes. Elle a contribué en faisant la chorégraphie. J'ai vraiment dû faire des claquettes dans "Star Trek". J'ai dû faire des trucs incroyables.

UN ANDROlDE CHANTE

David Livingston, producteur (interview du 14 mars 2002) : Brent a porté des lentilles jaunes pendant sept ans. ll a produit un album avec Wendy Neuss, la femme de Patrick, intitulé " Ol' Yellow Eyes is Back"en hommage à l'album de Sinatra "Ol' Blue Eyes is Back". C'était des classiques. ll s'en est bien sorti. ll a une belle voix.
Brent Spinner (interview du 17 juin 1991) : Je voulais parvenir à un résultat un peu meilleur qu'un album que j'ai entendu une fois, "Robert Mitchum Sings". Sans vouloir paraître prétentieux, je pense que nous y sommes arrivés.

Stewart, Burton, Dorn, Frakes : ll chante comme une femme !

Brent Spinner : On leur a demandé de nous rejoindre sous le coup d'une impulsion. Le fait qu'ils sont si bons fut un vrai plus. Je vous présente les Sunspots. ll n'y a rien à rajouter.

JOUER AVEC SPINNER

Jonathan Frakes (interview du 2 novembre 2001) : Brent a créé ce personnage, Data, que tout le monde aime. Ce qu'il y a d'ironique, c'est que le public soit ému face aux réactions de Data, un être sans émotions. Brent a réussi à faire sentir au public, aux fans, au réalisateur, aux acteurs, des émotions que son personnage ne peut ressentir, et ils sont désolés pour lui. ll a peint ce... Si l'on compare Data à une toile, je dirais qu'il a réussi à couvrir tous les angles de la toile. ll réfléchit tout le temps. Si Brent Spiner a une idée, et que vous êtes le réalisateur, vous seriez fou de ne pas lui donner une chance. Parce que si cela marche, vous avez le beau rôle. Si cela ne marche pas, il y a le reste autour. ll apporte quelque chose.
Marina Sirtis (interview du 1er novembre 2001) : Les scènes avec Data sont très spéciales. Pour quelqu'un supposé ne pas avoir d'émotions, il génère tant d'émotions fortes chez l'autre acteur, que c'est un moment très spécial. Les scènes entre Data et Troi étaient rares. Mais je les appréciais beaucoup.
Brent Spinner : Vous héritez souvent d'un personnage qui ne change pas pendant six ou sept ans, avec juste quelques petites différences. Lorsque j'ai commencé, tout le monde m'a dit qu'ils pensaient que ce serait très ennuyeux à jouer. Que je n'en pourrais plus, au bout de trois ans, de jouer cet androïde plat, sans émotions. Mais ils n'avaient pas compris ce que j'avais compris, qu'il allait évoluer, et c'est ce qui s'est passé. Le personnage était tout sauf ennuyeux à jouer. C'était toujours amusant. Avec toujours de nouveaux défis. Le meilleur personnage que je puisse avoir.
Data "Si être humain n'est pas simplement être fait de chair et de sang."

"S'il s'agit plutôt d'une manière de penser, d'agir, de ressentir,

alors, un jour peut-être, je découvrirai ma propre humanité."

"Jusque là, Cmdt Maddox, je continuerai à apprendre, à changer, à évoluer...et à me dépasser."


Haut de page Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The Next Generation Saison 6