Le making of de toutes les bonnes choses

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Jeri Taylor, PRODUCTEUR EXECUTIF (lnterview du 17 mars 1994) C'est un épisode aux proportions épiques. C'est grandiose. Excitant. ll y a de l'aventure, de l'action. C'est l'épisode le plus ambitieux de toute la série. Je crois que les fans de la série y trouveront leur compte.

L'ECRITURE DU DERNIER EPISODE

Brannon Brage, SCENARlSTE (lnterview du 15 novembre 2001) Le gros défi à relever a été de trouver quelque chose...qui parle aux fans, qui touche les gens et qui soit digne des deux dernières heures de cette grande série télé.
Rick Berman, PRODUCTEUR EXECUTlF (lnterview du 7 juin 2002) J'ai donc demandé à Brannon et Ron s'ils aimeraient, en deux semaines, écrire le script du dernier épisode.
Ronald D.Moore, SCENARlSTE (lnterview du 14 mars 2002) J'avais présenté une histoire au début de la 7 ème saison qui n'avait pas plu à Michael, mais que moi, j'adorais. Mon idée, c'était que Q devienne fou. Q devient fou. L'univers part en morceaux. Tous les personnages se retrouvaient dans un lieu bizarre. On se trouvait à New York, Q était devenu un sans-abri assis sur une poubelle à marmonner : "J'étais un être supérieur." Quant à nos personnages, ils ne comprenaient rien. Michael n'a pas aimé, mais une chose lui plaisait, c'était de faire revenir Q pour boucler la boucle.
Rick Berman La série avait débuté avec Q mettant l'humanité à l'épreuve et la meilleure façon de conclure était de boucler la boucle.
Ronald D.Moore On s'est dit : "D'accord pour Q." Si on fait revenir Q, alors il faut revenir à l'épisode pilote. Comment boucler la boucle ? Dans l'épisode pilote, il fait passer un test à l'humanité. S'agit-il cette fois de l'examen final ? D'un autre test ? Du coup, l'enjeu devait être l'humanité. Les meilleurs épisodes de Q sont ceux où Picard et lui s'affrontent. Le personnage de Q passe mieux lorsqu'il est opposé à Picard.
Michael Piller, PRODUCTEUR EXECUTIF (Interview du 22 janvier 2002) Au cours de la saison, Brannon a eu l'idée de faire un épisode reprenant l'épisode borg. C'est de là que tout est parti.
Ronald D.Moore Au départ, il y avait quatre étapes. L'épisode pilote, "Le meilleur des deux mondes", avec Locutus, le présent et le futur.
Michael Piller La 1ère heure de la 1ère version de ce script était remarquable. Merveilleux. Tout s'enchaînait bien. Mais la 2ème heure s'éparpillait et manquait de force dramatique. Ca ressemblait à une série de gags. Des trucs sympas, mais sans unité dramatique. Le tout manquait de cohésion.
Ronald D.Moore Mike Piller a alors suggéré un début, un milieu et une fin. "Laissons tomber Locutus pour ne garder que trois étapes de sa vie."
Michael Piller J'étais à un cours de yoga, on parlait de méditation, et du besoin d'aligner son passé, son présent et son futur. J'ai appelé Jeri Taylor de mon cours de yoga pour lui dire : "On tient notre idée." L'équipage doit agir de concert sur trois périodes différentes. Le passé, le présent et le futur. lls doivent pouvoir coopérer, se faire confiance et reconnaître les indices laissés par chaque période afin de résoudre le dilemme.
Ronald D.Moore C'était fascinant. On le voit dans le passé, le présent et le futur. C'était vraiment super de le suivre d'une époque à l'autre. C'était sympa de voir l'avenir de ces personnages. Ce sont ces scènes-là qu'on a le plus aimé écrire. C'est amusant pour un scénariste d'imaginer ce qui va leur arriver. Dans un futur qui n'arrivera pas, tout est possible. Geordi ne devient pas ingénieur. ll est romancier. Worf est plein d'amertume parce qu'il a perdu Troi. Riker est un vieil amiral bougon. Picard est dans ses vignobles. ll a épousé Beverly, puis ils ont divorcé. Ca, j'ai adoré. C'est la chose que j'ai préférée, qu'ils aient fini par divorcer car ça n'a pas marché entre eux.
Rick Berman lls ont bouclé leur histoire en un temps record. C'est presqu'un film qu'ils ont écrit, mais au lieu d'avoir un an pour le faire, ils n'ont eu que 15 jours. Et c'est devenu un épisode inoubliable.

DES VISAGES FAMILIERS

Marina Sirtis, Deanna Troi (Interview du 30 mars 1994) C'est vraiment l'épisode de la fin. L'épisode du dénouement. On y retrouve des gens qui étaient là au début de la série. Leur présence à la fin est justifiée parce qu'ils ont joué un grand rôle dans le succès de la série.
Denise Crosby, Tasha Yar (Interview du 18 mars 1994) J'étais là, avec tous les autres, à la 1 ère lecture du tout 1 er script, à l'époque où personne ne savait rien de cette série, ni l'effet qu'elle aurait sur leur vie. C'est toujours intéressant pour moi de revenir. C'est super de pouvoir retrouver mes amis. Tout le monde a l'air si content de me voir revenir à bord.
Colm Meaney, Miles O'Brien (Interview du 30 mars 1994) C'était super. Une petite réunion entre amis. On se voit beaucoup. On est juste en face. Ce n'est pas comme si j'avais complètement quitté la série. Mais c'était sympa de revenir pour le tout dernier épisode, à nos débuts dans la série.

MAQUILLAGE

Michael Westmore, MAQUILLEUR (Interview du 23 mars 1994) Dans le dernier épisode,...le défi à relever dépassait tout ce qu'on avait connu jusque-là. Et le défi consistait à leur donner 1 00 ans à tous. On peut leur mettre des rides, leur poser du latex. Ce n'est pas difficile de les faire voyager dans le passé. On peut leur éclaircir le visage, leur teindre des mèches, mais quand on fait un tel saut dans le temps, on ne peut rien retoucher. Tout est fait manuellement avec les postiches, et des petites prothèses de latex pour ajouter des bajoues et un peu de cou. C'est en pleine lumière. ll faut être très précis lors de l'application du maquillage et faire attention la journée qu'un bord de la prothèse ne se décolle pas. ll suffit d'un bord un peu décollé pour que ça gâche l'illusion. Pour Patrick, on a renforcé les rides autour des yeux. On tire sur la peau, puis on applique des bouts de latex. Du coup, le latex fait des plis et ça fait ressortir les rides. Puis on a ajouté une moustache et une barbe. L'avantage, c'est que ça nous évite de maquiller le bas du visage, et ça cache tout le cou. On n'a donc pas eu à maquiller le cou. On lui a recouvert la tête de taches de vieillesse pour la faire ressortir. Pour Jonathan Frakes, on a utilisé la même technique autour des yeux, mais pour la barbe, on a juste rajouté quelques poils blancs. On ne l'a pas rasé, puisqu'il fallait alterner les époques. Ces petits poils postiches gris sont incorporés dans sa barbe. Plus un peu de blanc dans la moustache et sur les sourcils. On lui a remonté le front à l'aide d'une prothèse de latex et d'une perruque grise qui repousse la démarcation des cheveux.
Deborah Zoller, MAQUILLEUSE (Interview du 30 mars 1994) Je vais maintenant peindre le visage de Jonathan. On lui a posé le latex. On lui dégarnit le front. ll aura donc cette prothèse et par-dessus une perruque grise. Ca donne l'impression qu'il a le front dégarni. - Encore plus dégarni, dis-le. - Je n'ai rien dit. Et maintenant, je fais les raccords maquillage pour que rien ne soit visible. C'est ça, le truc.
Michael Westmore Pour LeVar, on a tiré un peu autour des yeux. On lui a posé une prothèse sur le cou pour le grossir un peu. Qu'il fasse un peu plus rond. On lui a mis une moustache parsemée de poils gris. Les cheveux gris sont des implants. La coiffeuse les lui pose tous les jours. Elle lui implante quelques cheveux gris. C'est très réussi. C'est magnifique. A Gates, on lui a posé une prothèse sur le cou. Elle représentait notre plus gros défi. Elle a la peau si lisse et si claire, qu'on ne peut rien dissimuler nulle part. Tout est exposé.
Gates McFadden, Beverly Crusher (Interview du 7 avril 1994) J'ai beaucoup aimé tourner les scènes du futur. C'était très intéressant de voir les visages vieillis de mes partenaires de jeu. Ca m'a donné envie de les revoir quand on aura atteint cet âge.

L'USS PASTEUR

Gates McFadden Bev a enfin son propre vaisseau. C'était super. C'était sympa. Je crois que c'est une chose...qu'il fallait explorer. Que deviennent les vaisseaux médicaux ? Quel genre de choses arrive dans l'espace ? L'idée d'une équipe médicale itinérante était intéressante.
Mike Okuda, SUPERVlSEUR SCENlQUE (Interview du 21 mars 1994) Elle commande un vaisseau médical. On lui a donné le nom d'un vaisseau hôpital de la 2nde Guerre mondiale.

L'ENTERPRISE SE TRANSFORME

Mike Okuda L'un des principaux changements, c'est la vidéo sur la passerelle de l'Enterprise. C'est une chose qu'on avait toujours eu envie de faire. Ce qui veut dire que les cinq postes à l'arrière de la passerelle auront de véritables écrans d'ordinateur. En voilà un exemple. C'est un écran de navigation. On a prévu de faire aussi des écrans de diagnostics de systèmes et de rapports de mission. Rien de bien spécifique. Mais ça renforcera l'illusion qu'il s'agit d'un vrai vaisseau.

LES EFFETS SPECIAUX

Dan Curry, SUPERVISEUR EFFETS SPECIAUX (Interview du 7 septembre 1994) L'épisode remonte des milliards d'années...à l'époque de la Terre précambrienne. Nous voulions montrer la naissance du premier acide aminé. Afin de recréer la Terre de cette ère ancienne, je me suis inspiré de livre de géologie décrivant la période. Avec le directeur de la photo et le réalisateur, on est allés voir le décor et on s'est rendus compte qu'en filmant les cavernes qu'on avait, on pouvait ensuite compléter le décor par des techniques de cache et de compositing. J'ai donc fait une esquisse du décor. Elle a plu aux producteurs qui l'ont approuvée. On s'est alors mis à composer le plan. Il n'y a que le décor autour des acteurs qui est réel, Patrick Stewart et John de Lancie. La caverne, c'est un cache électronique. Au premier plan, c'est une maquette faite tout simplement de papier alu. Puis on a réalisé quelques trucages au montage. Ce plan de 14 secondes est le résultat de 300 heures de travail. ll y a une scène de procès où Q juge Picard pour avoir détruit l'humanité. Q comprend à ce moment-là que Picard a sauvé l'humanité, et il s'apprête à le laisser. Nous allons filmer un fauteuil sur un fond bleu afin de pouvoir isoler la silhouette de John. Ensuite, on la superposera aux images qu'on a déjà tournées avec Patrick Stewart. On croira que Q flotte dans les airs, chose qu'on ne peut réaliser en vrai car on n'est pas équipés. A partir du cliché original, on a fait un contre-cache, afin de donner un repère visuel à Patrick et de nous permettre de situer l'emplacement de John. Ensuite, Patrick a joué face à quelqu'un et nous, on avait une référence si bien qu'au moment de filmer John sur le fond bleu, on pourrait le faire correspondre au contre-cache du cliché original.

TOURNAGE EN EXTERIEUR

Levar Burton, Geordi La Forge (Interview du 18 mars 1994) Geordi vient voir Picard des années après l'époque de l'Enterprise. Ca fait 12 ans, je crois, qu'ils ne se sont pas revus. Geordi rend visite à Picard. ll apprend qu'il est atteint d'une maladie dégénérative. ll passe donc voir son ami de longue date.
Winrick Kolbe, REALISATEUR (Interview du 21 mars 1994) C'est l'épisode que je préfère. C'est souvent celui que je tourne parce que je suis en plein dedans.
Jonathan West, DIRECTEUR DE LA PHOTOGRAPHIE (Interview du 21 mars 1994) Le tournage en extérieur, c'est toujours plus difficile. On est dehors. ll y a des nuages qui passent. Le soleil se couche. On essaie de travailler le plus possible avec la lumière naturelle. On est dans un vignoble. On a du soleil et des nuages. A moi de composer avec ce que j'ai. ll faut évaluer son décor naturel, puis se demander comment ça rend dans la réalité. Et comment le reproduire visuellement à l'écran. ll faut grossir la réalité pour l'améliorer.
Ronald D.Moore, SCENARISTE (Interview du 14 mars 2002) L'épisode est un peu une lettre d'amour à la série. Une lettre d'amour à "Star Trek". La personne qui le regarderait sans connaître la série pourrait apprécier tout l'aspect science-fiction. Mais il s'adresse aux gens qui ont suivi les personnages, qui les ont aimés et qui connaissent leur passé. C'est l'occasion de les examiner à trois époques différentes de leur vie.

Haut de page Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The Next Generation Saison 7