Portraits

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Q

John De Lancie, Q (Interview du 19 mars 2002) C'est par mon agent que j'ai entendu ce nom pour la première fois. "Tu as une audition," m'a-t-il dit, "Le personnage s'appelle..." "ll y a juste Q écrit ici, ça doit être une coquille." "C'est sûrement autre chose, il doit manquer quelque chose." Ca ne changeait rien. Mais c'était bien le nom. Quoi qu'il en soit, j'ai passé l'audition. Mais quand j'ai eu le rôle et qu'il a fallu que je me mette à m'inquiéter de ces choses-là, je me suis dit : "Alors, ce doit être... Q ?" "Comme la 1 ère lettre du mot question." Parce que c'est ce qu'il fait, il remet en question le mérite même de l'humain à exister. Ca me va. La vérité sur le nom de Q m'a en fait été révélée alors que j'étais en Ecosse. Une femme du nom de Janet Quarton est venue me voir : "J'aimerais vous montrer quelque chose." C'était une lettre de Gene Roddenberry qui disait : "Chère Janet, je suis en train d'écrire un nouvel épisode de 'La Nouvelle Génération'. C'est mon premier épisode." "Je vais donner ton nom à l'un des personnages." En fait, ça n'aurait pas parlé à l'acteur que je suis. Quand je pense au personnage et au nom Q, je préfère y voir la 1 ère lettre du mot question.
Michael Piller, PRODUCTEUR EXECUTIF (Interview du 22 janvier 2002) Un énorme talent, John de Lancie. Excellent acteur. ll sait réunir humour, pathétique et tragédie. J'ai fait appel à lui sur "Legend", une série que j'ai faite après. Là encore, il a été merveilleux. C'est un des mes acteurs préférés. ll a énormément de talent et ce, de bien des façons.
John De Lancie Au départ, le personnage était quelqu'un d'arrogant, de mesquin, en tout cas sans humour aucun. La fois suivante, je me suis un peu aventuré de ce côté-là. J'avais déjà essayé la première fois. La troisième fois, on a commencé à saisir tout le potentiel comique du personnage. Le meilleur épisode à cet égard, c'est celui où je perds mes pouvoirs. ll n'y a rien de plus amusant que de voir quelqu'un qui se prend pour le nombril du monde trébucher et tomber. C'était le thème de l'épisode. Une fois qu'on a libéré le génie comique, on s'est un peu laissés emporter. J'ai tendance à faire le comique, donc je suis en partie responsable. Le meilleur épisode Q à mon avis, du point de vue de l'intrigue, c'est celui où Q offre à Picard de lui rendre son coeur. Toute l'intrigue reposait sur l'idée de vivre de regrets. J'ai trouvé que cet épisode avait de magnifiques monologues. A mon avis, le personnage est mis en valeur lors des affrontements entre Picard et Q. J'avais toujours voulu que Q puise un peu dans l'histoire. Qu'il dise des trucs du genre..."M. Lincoln, que c'est gentil d'être venu voir la pièce." "Vous aimeriez peut-être vous asseoir ici." Ce genre de trucs. Ce que je peux dire, c'est que j'ai tenté d'y mettre un peu de moi. Quand un acteur fait ça, en général, ça marche. Ce n'était pas dur pour moi, j'ai toujours aimé la science-fiction. Dans tout ce que je fais, je m'intéresse toujours au public. J'ai passé beaucoup de temps avec le public. Pas pour se faire encenser. Tout au contraire. L'équipe de "Star Trek", moi-même comme beaucoup des acteurs, nous nous sommes toujours efforcés de ne pas sous-estimer le public, et de lui donner le meilleur de nous-mêmes à chaque fois. Le personnage Q n'est pas de moi. Je n'ai fait que l'étoffer. Mais quel que soit l'auteur, et là, il s'agit de Gene... S'il a imaginé ce personnage, à mon avis, c'est qu'au moment de lancer cette nouvelle série de "Star Trek", on attendait beaucoup de la série, beaucoup dépendait de son succès. A mon avis, ce qu'il a fait, je ne lui en ai jamais parlé, c'est qu'il est tout naturellement retourné aux sources, les personnages et histoires qui avaient autrefois eu du succès. Le personnage de Trelane est tellement... A beaucoup d'égards, il ressemble à Q.
Extrait de l'épisode "LE CHEVALlER DE DALOS" (TOS)
- Général Trelane.
- Retraité. Chevalier Trelane suffit. Vous pouvez m'appeler Chevalier. Oui, j'aime assez ça.
- Pour quelle raison nous gardez-vous prisonniers ici ?
- Prisonniers ? Sornettes ! Vous êtes mes invités. Je viens de finir mon étude de votre société curieuse et fascinante. Vous êtes passés au moment propice. Je veux en savoir plus sur vos campagnes, vos conquêtes.
- Nos missions ne sont pas des conquêtes.
John De Lancie C'est là que j'ai compris que Gene s'était sans doute inspiré de ce personnage, consciemment ou inconsciemment. Un peu comme s'il me revenait de porter le flambeau. Ma contribution a été de pousser plus loin cette idée dont le point de départ a sans doute été Trelane. Je n'en suis pas sûr, mais je n'en serais pas surpris. Ces personnages fanfarons qui aiment parader, ce sont les Mercutio, les Errol Flynn de ce monde. lls ont toujours beaucoup de succès. Et moi, à ma manière, je perpétue la tradition.

LWAXANA TROI

Majel Barrett Roddenberry, Lwaxana Troi (Interview du 4 février 2002) Lwaxana est un esprit libre. Rien ne l'arrêtera. Personne ne peut rien lui refuser. Elle trouve toujours le moyen de se sortir de n'importe quel mauvais pas et ça arrive souvent. C'est quelqu'un qui s'amuse, un point c'est tout. Je n'ai jamais vu entre elles autre chose que cette magnifique relation entre deux personnes qui s'aiment sincèrement. Je crois qu'à certains moments, elle doit regarder Lwaxana en pensant : "Pourquoi moi ? Pourquoi a-t-il fallu que ce soit moi ?" Parce que Lwaxana est une vraie emmerdeuse. Quand Lwaxana dit ce qu'elle pense, et elle le fait toujours, neuf fois sur dix, ça met Deanna dans l'embarras. On se dit que ça fait 30 ans qu'on le supporte. Autant continuer, j'imagine. C'est quelqu'un de bien qui veut aider les gens. Je crois que dans leur relation, elle excuse sa mère, bien plus souvent que dans une relation normale entre mère et fille. Dès le départ, j'ai adoré Marina et dès qu'elle avait besoin d'aide, ou de rencontrer quelqu'un, ou de faire quelque chose, elle était toujours la bienvenue.
Marina Sirtis, Deanna Troi (Interview du 1er novembre 2001) Les Roddenberry m'ont en quelque sorte adoptée. Sans doute parce que j'étais étrangère dans ce pays. Je n'avais pas vraiment de famille à rejoindre pendant les vacances. lls m'ont prise sous leur aile. C'était comme si je jouais aux côtés de quelqu'un de ma famille quand je jouais avec elle.
Majel Barrett Roddenberry Pour Thanksgiving, ceux qui étaient seuls étaient invités à la maison. Et Marina en particulier. Elle était comme ma fille.
Marina Sirtis Au fil des saisons, j'ai été heureuse de voir son rôle acquérir de la profondeur. Les épisodes parlaient de quelque chose. Ce qui lui a permis d'étoffer son jeu d'actrice. J'étais très contente pour elle car c'est une actrice merveilleuse. Je voulais la voir briller. C'était une superbe partenaire.

DE LA COMEDIE A LA TRAGEDIE

Majel Barrett Roddenberry David et moi nous sommes rencontrés. Les acteurs ne font pas ça. Le samedi suivant, David et moi nous sommes retrouvés chez moi pour répéter. Croyez-moi, un acteur professionnel ne ferait pas ça, prendre sur son temps pour répéter seul. On s'est aperçus qu'on s'appréciait, et qu'on pouvait apporter notre touche à cet épisode, y mettre du sentiment et donner vie à quelque chose qui autrement serait resté fade, et n'aurait mené à rien d'autre. C'était un moyen d'exploiter le script. Finalement, c'est devenu l'un de nos meilleurs épisodes. C'est, bien sûr, l'un de mes préférés. Mettre ce personnage au pied du mur de cette façon, tout en lui offrant une belle sortie, c'était assez unique et assez adroit.

Haut de page Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD The Next Generation Saison 7