Leçons de science avec Andre Bomanis

Andre Bormanis - conseiller scientifique - 31 mars 2003

En créant Star Trek, Gene Roddenberry a tenu à intégrer le maximum de vérités scientifiques sur l'espace afin de crédibiliser la série aux yeux du public. C'est quelque chose qu'on fait pour des raisons de dramaturgie, pour faire entrer le spectateur dans cet univers fictif en lui offrant suffisamment de repères qui soient du domaine du réel pour le rendre le plus crédible possible. Il s'agit donc de rester au fait des progrès en astronomie, d'intégrer les découvertes qui sont faites actuellement, ainsi que les autres éléments connus, tels que la géographie de notre section de la Voie Lactée.
 

 


J'ignore si ce terme a été utilisé pour décrire un phénomène astronomique mais il est facile d'imaginer des régions inhospitalières pour l'être humain. C'est le genre d'images que rapporte le télescope Hubble. Des régions parcourues de violents vents stellaires. La plupart des gens croient que l'espace est un grand vide. En réalité, il y a souvent du vide entre les étoiles, mais dans de nombreuses régions, on trouve des gaz et de la poussière en grande densité, et parfois elles sont dominées de violents vents stellaires. Il y a des particules ionisées, des ondes de choc, des champs de radiation. Dans l'espace, des étoiles naissent, d'autres sont enveloppées dans d'épaisses couches de molécules. Elles sont invisibles, car elles sont opaques. Il existe donc dans l'espace des régions extraordinaires qu'il ne serait pas très prudent de vouloir traverser, même si le vaisseau était équipé de la technologie que nous proposons. On peut facilement imaginer qu'à l'âge du voyage interstellaire, quand on navigera dans ces régions, une nébuleuse ou une région ravagée par des vents violents, puisse être désignée ainsi.
 

 


Dans DS9, nous avons introduit l'idée d'un vortex reliant le quadrant Alpha au quadrant Gamma, il couvrait environ 50 000 années-lumières. En traversant le vortex, On pouvait parcourir en 30 secondes la moitié de la galaxie. S'il existait un vortex de la bonne taille, suffisamment grand pour être traversé, ce serait possible. Le vorex, encore du domaine de la physique théorique, ont été avancés pour la première fois par Einstein dans les années 30. Nous n'en avons pas encore détecté un, mais la plupart des physiciens admettent qu'ils existent sans doute. Est-il possible de créer un vortex qui puisse transporter un vaisseau ? La question reste sujet à débat. Mais pour rencontrer ce genre de phénomène dans Voyager, on imaginait parfois d'autres noms. Robert Wolfe, l'un de nos scénaristes-producteurs, a dit un jour que les Eskimos avaient 237 mots pour désigner la neige, "Star Trek" a 237 mots pour désigner le vortex. Certains des phénomènes rencontrés ne sont en fait qu'un type de vortex.
 

 


Régulièrement, l'équipage fait face à une radiation quelconque potentiellement dangereuse et potentiellement mortelle, il existe différentes radiations dans le monde réel : les rayons alpha, bêta et gamma. Nous devons donc faire très attention dans "Star Trek". Si on décide d'exposer quelqu'un aux radiations beta par exemple, qui sont des électrons à haute énergie, nous devons être fidèles aux conséquences physiologiques qu'entraînerait ce genre d'exposition. Parfois, on veut imaginer des effets bizarres qu'aurait une forme de radiation quelconque. Dans ce cas, il faut inventer une forme fictive de radiation, à laquelle on s'efforce de donner un nom crédible.
 

 

C'est un exemple des radiations fictives et je crois que les scientifiques parmi notre public ont plaisir à essayer de comprendre certaines de nos radiations fictives et de voir si, dans le monde réel, il existe un phénomène qui pourrait expliquer les effets de ces radiations.

 

Un astronome du nom de Fred hoyle a écrit une nouvelle un jour, il s'agit d'un astronome britanique, un homme brillant et très créatif qui fut le premier à suggérer que l'intelligence n'a pas forcément besoin d'un hôte biologique. L'intelligence peut être quelque chose d'organisé à l'intérieur d'un gaz ionisé, comme une étoile ou une nébuleuse. "Star Trek" a souvent évoqué l'idée de formes de vie non corporelles. "Le nuage" est un exemple de forme de vie non corporelle, où l'activité électrique à l'intérieur du nuage est suffisamment complexe pour ressembler à l'activité cérébrale. C'est donc un être doué d'intelligence avec qui on peut communiquer.
 

 


"Encore et Encore" est un épisode traitant du voyage dans le temps, dans lequel on exploite l'idée des paradoxes liés au voyage temporel. Notre vaisseau répond à un appel de détresse et se retrouve dans une boucle temporelle. Une catastrophe menace la planète à l'insu de ses habitants et nous voulons l'empêcher. Au départ, nous semblons avoir réussi, mais c'est le contraire, à cause d'un paradoxe de causalité qui a surgi quand nous avons modifié la ligne du temps. Le voyage dans le temps est l'un des sujets préférés de la science-fiction. On aime bien jouer avec les paradoxes du voyage dans le temps et d'inventer des histoires qui explorent toutes ces éventualités.
 

Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Voyager Saison 1