La conception de l'U.S.S. Voyager

Rick Sternbach, illustrateur (6 octobre 2003)

Le Voyager est une extension de l'Enterprise de classe Galaxy de "La Nouvelle Génération". Si vous examinez les caractéristiques de la coque, on a cette couleur bleu-gris, la grille de protection des boucliers qui l'enveloppe. On a les phaseurs, les émetteurs de téléportation, les lumières de navigation. Tous les petits détails extérieurs que tout bon vaisseau doit posséder existaient sur la classe Galaxy et ont été repris sur le Voyager. Le Voyager était plus petit et de forme différente.
 

Je suis parti de la description originale des producteurs qui voulaient un vaisseau plus élégant, plus petit et de forme oblongue. J'ai repensé aux formes et aux couleurs utilisées pour "La Nouvelle Génération" et "Deep Space Nine". J'ai commencé par dessiner un vaisseau plus petit, de forme moins elliptique que l'Enterprise-D, un peu plus pointu à l'avant pour véhiculer l'idée de vitesse. Un vaisseau spatial plus petit, un itinérant qui pourrait, chaque semaine, aller de crise en crise. En me basant sur les croquis d'origine déjà approuvés par les producteurs, qui détaillaient les grandes lignes du Voyager, j'ai pu élaborer l'idée de base du premier prototype.

Pas le vaisseau final, mais un tout premier prototype, un peu plus anguleux, si on le compare à la version finale du vaisseau. Je présentais une vue de dessus, de dessous, des côtés, en fait, toutes les vues sous lesquelles il apparaîtrait et aussi des dessins en perspective. Lorsque le prototype a été approuvé, on m'a dit de faire une maquette. Lorsque les producteurs l'ont vu terminée, Jeri Taylor m'a demandé : "Peut-on l'arrondir un peu ?" Je me suis dit : "Pourquoi pas ?". La maquette et le prototype original ont été déterminants. Tous les grands vaisseaux de Starfleet ont représenté des tonnes de dessins, de prototypes, de maquettes préliminaires avant qu'on arrive à la forme finale que tout le monde plébiscite.
 

Lorsqu'on travaillait sur sa conception. on n'était pas sûrs à 100 % des pièces qu'il faudrait articuler. Il a été décidé que les nacelles et les pylônes de soutien se courberaient pendant la distorsion. Il était clair que pour passer en distorsion, le vaisseau devait repositionner ses nacelles. Il y avait une position pour la distorsion et une position pour l'impulsion normale.

Le Voyager a été l'un des derniers grands vaisseaux à être construit. Lorsqu'on construisait le modèle réduit d'un vaisseau, il fallait tenir compte des points de fixation. C'était une maquette réelle qu'il fallait attacher sur le plateau et qui devait accommoder les fils électriques qui permettaient la mise en route des nacelles, des lumières. Avec les images générées par ordinateur, pas besoin de se soucier des points de fixation, ni de se demander où l'on va brancher les fils. On est par conséquent beaucoup plus libre au niveau de la conception. On ne se demande pas si la maquette va jeter une ombre sur le socle ou non. Avec ce système, on a l'avantage de pouvoir faire des choses qui auraient été inimaginables avec une maquette physique. On a fait exploser le Voyager, on l'a allongé, mis en pièces et reconstitué grâce à des polygones et des placages de texture. 
 
Les détails extérieurs du Voyager ont été pris sur l'Enterprise de classe Galaxy. J'ai une liste qui me sert à chaque fois que je conçois un vaisseau de Starfleet. Pour le Voyager, par exemple, les propulseurs à réaction... La classe Galaxy possédait les mêmes. Même si on a un peu modifié leur forme, ils sont au même endroit. On en déduit naturellement que ce sont les propulseurs utilisés pour manoeuvrer. Il y a une continuité de vaisseau à vaisseau, même si on a un peu modifié leur forme. Les trappes de secours. Tout vaisseau doit comporter des issues de secours. Chaque trappe est numérotée. Les bandes de phaseurs sont toutes au bon endroit. On les utilise pour les effets spéciaux. Ca fait une belle bataille, ça passe à la télé et tout le monde est content.
 
Vu la taille du vaisseau, on savait depuis le début qu'il aurait un train d'atterrissage, comme le disait la description originale. Le modèle réduit original ne comportait que quatre trappes placées très logiquement sous la salle des machines. On les a inclues sur la maquette et il a fallu attendre Les Trente septiens pour voir les bras articulés. Il était primordial que le train d'atterrissage puisse tenir dans le ventre du vaisseau. J'ai été confronté au problème d'avoir à rentrer ces doigts et ces bras dans la coque. J'ai consulté les dessins du prototype original et j'ai vu que les éléments télescopiques étaient autorisés. J'ai réalisé plusieurs schémas pour montrer comment les bras se déploieraient. Le travail des graphistes nous a permis d'admirer cet atterrissage à la télé.
 
Chaque vaisseau dessiné par ordinateur est basé sur un dessin qui aide les producteurs à comprendre où il sera endommagé, brûlé, touché par une torpille à photons ou par un armement extraterrestre. Tous les croquis que j'ai réalisés pour un épisode comme L'Année de l'enfer ont permis aux graphistes de savoir où couper les polygones. Ces dessins ont servi de base aux graphistes et aux responsables des effets spéciaux pour créer une séquence spectaculaire.
 

Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Voyager Saison 2