Braver l'inconnu : 3ème saison

Jeri Taylor, producteur executif (30 septembre 2003)

Savait-on, en écrivant le cliffhanger, comment l'épisode finirait ? Non. A la fin de la saison, les scénaristes sont tellement épuisés que leur but, c'est de boucler la saison. On sait qu'on a un excellent cliffhanger, c'est la fin, et tout le monde n'a qu'une envie, dormir pendant six semaines. Le problème nous attend à notre retour. Et on finit par se retrouver dans une impasse. On avait donc du pain sur la planche à notre retour. Et nous les avons sortis de là.
 

 

Robert Picardo, le docteur (4 novembre 2003)

"La vraie vie", où le docteur se crée une famille holographique... est un épisode pour lequel j'ai de l'affection. Ma femme est jouée par Wendy Shaw, avec qui je suis ami depuis 25 ans. Elle a joué ma femme à deux-trois occasions. On est très bons amis et c'était formidable de jouer avec elle. Ensuite. c'est Anson Williams qui a réalisé et l'expérience qu'il a lui a permis de manipuler adroitement les changements de tons. Le premier acte de l'épisode ressemble à une sitcom des années 70. Dans le genre The Partridge Family. L'éclairage, la photographie, Ca ressemble à une vieille sitcom. Une fois le programme familial du docteur randomisé pour que plus personne ne soit parfait, ça devient une sitcom des années 90, où on se paie la tête de papa. La situation se renverse et c'est le drame. La dernière partie de l'épisode ressemble à un épisode de Urgences avec l'enfant en train de mourir. Cette succession de tons témoigne des talents de réalisateur d'Anson.    Cela se fait harmonieusement et l'épisode n'en est que plus touchant. Le début est bête et ridicule, tandis que la fin est touchante.
 

 

Jeri Taylor

Le docteur est devenu le personnage que tout le monde voulait écrire. Le fait qu'il soit holographique permettait toutes sortes de choses. C'était cette quête d'humanité. Avoir une famille, c'est très humain. Il se peut que "La vraie vie" soit l'un de ses épisodes préférés. Il offrait à un personnage insensible de développer ces éléments qui nous sont chers, et de connaître la joie et l'angoisse d'avoir une famille.
 

 

Roxanne Dawson, lieutenant Torres (4 novembre 2003)

Le tournage a été sympa. Je crois qu'on s'est tous amusés. La plupart de l'épisode a été filmé caméra à l'épaule. Marvin Rush, notre directeur de la photographie, était avec nous, à l'étroit dans cette caverne. On a beaucoup improvisé en terme de mouvement de caméra et d'éclairage. On était dans l'obscurité, et les scènes de lutte étaient chorégraphiées de sorte que notre visage soit éclairé par nos torches, comme une sorte de danse à trois avec notre directeur de la photographie. On luttait et la caméra était là. On savait par exemple, qu'en retombant, la caméra serait sur lui et que ma torche éclairerait son visage. Puis, la torche se tournerait sur le mien. C'est devenu une sorte de danse. Les scènes physiques ont été improvisées dans un espace clos. C'est ce qui leur a donné vie. J'aimerais beaucoup revoir cet épisode parce que le tournage a vraiment été sympa.
 

 

Brannon Braga, producteur (25 août 2003)

C'était vraiment un travail d'équipe. Il y avait moi, Rick, Joe Menosky et le groupe de scénaristes de l'époque. On avait tous un tas d'idées en tête. L'une des choses que moi, j'avais très envie de faire... Je m'étais mis dans la tête qu'on allait prendre l'habitude de faire de grands épisodes épiques en deux parties. Le premier qu'on ait fait, c'était "La fin de l'avenir". C'était tellement agréable de pouvoir peindre sur une toile plus grande.
 

 

Tim Russ, lieutenant Tuvok (28 octobre 2003)

Ces deux épisodes font partie de mes épisodes préférés. C'est sympa de voyager dans le temps. Mais c'est encore plus sympa de travailler à la plage. J'adore ça. Ca me manque parce que jusque-là, j'avais toujours travaillé en extérieur. On changeait constamment de décors, on ne se lassait donc jamais. Le défi est renouvelé chaque fois qu'on change de décors. On avait une douzaine de décors naturels que l'on pouvait transporter dans différentes périodes. C'était vraiment très sympa. J'ai beaucoup aimé ça.
 

 

Brannon Braga

Je me suis également efforcé de mettre davantage l'accent sur I'intrigue. De raconter de grandes histoires. De lancer ces personnages dans de grandes aventures épiques et voir jusqu'où pouvait aller l'équipe de production. Et troisièmement, on a décidé de faire davantage appel aux Borgs. Après Premier contact on a évité les Borgs pour ne pas empiéter sur le film. Mais une fois le film sorti, il m'a semblé que les Borgs pouvaient être à Voyager ce que les Klingons étaient à la Série classique ou les Cardassiens à DS9. La série avait besoin de son propre méchant.
 

 

Rick Berman, producteur executif (30 juillet 2003)

Je crois que l'introduction des Borgs dans Voyager est étroitement lié au succès de notre 2e film, Premier contact, qui se concentre exclusivement sur les Borgs et qui introduit pour la première fois la reine borg. Le film a été écrit et tourné durant la 2e saison de Voyager. L'idée de poursuivre l'intrigue borg était très tentante. A la 3e saison de Voyager l'idée a commencé à se concrétiser.
 

 

Jeri Taylor

L'opinion générale était que les Borgs constituaient les plus grands méchants que Star Trek avait connus jusque-là. Ils venaient du quadrant Delta et nous étions dans le quadrant Delta. La rencontre paraissait inévitable. Et la rencontre a eu lieu.

Rick Berman

Ce qui était intéressant chez les Borgs, c'est que par définition, ils étaient capables de surgir n'importe où. Pareil pour l'espèce 8472. Une espèce capable de franchir des anomalies de type vortex, subespace et je ne sais quoi. On peut les rencontrer dans la 2e comme dans la 7e saison.
 

 

Jeri Taylor

Brannon fait partie de ces auteurs qui ont toujours les neurones qui partent loin devant. Il a eu des idées formidables tout au long de la série. La série n'aurait pas existé sans Brannon. Cette espèce, c'était son idée.
 

 

Garret Wang, enseigne Kim (25 novembre 2003)

J'aime bien cet épisode parce qu'il présente un ennemi encore plus dangereux que les Borgs. Un ennemi capable à lui seuI d'éliminer les Borgs. Qui ça peut être ? Jusque-là, les Borgs représentaient l'ennemi absolu. Un ennemi invincible. Qui sont-ils ? Ils viennent d'une partie de l'univers composée exclusivement de fluide. De l'espace fluidique ! Ils sont capables de survivre dans l'espace sans système de survie. J'ai adoré cet épisode parce qu'il introduisait un noueveau méchant. Le fan de science-fiction que je suis a adoré. Même si je passe la plupart de l'épisode allongé, couvert de trucs verts. Qui d'autre, à part Kim, peut-on torturer sur le bio-lit ? Personne. Il n'y a que Kim.
 

 

David Livingston, directeur (17 decembre 2003)

C'était sympa de pouvoir travailler à l'image de synthèse. Star Trek n'avait pas toujours été à la pointe de la technologie numérique. Ils ont continué à filmer des maquettes à la grue programmée. Pour "Scorpion", le numérique s'est imposé de lui-même. On n'aurait jamais réussi à faire réaliste.    Les artistes ont donc créé cette créature terrifiante dont on a un aperçu à la fin de l'épisode. Comme la créature de Alien que l'on ne voit que brièvement. C'est le meilleur moyen pour ce genre de choses. Si on les montre de trop près, l'illusion s'effondre.
 

Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Voyager Saison 3