Flash-back sur "Flash-back"

George Takei, capitaine Sulu (14 janvier 2004)

Mon apparition dans Voyager a commencé par un coup de téléphone. Un ami m'appelle un jour pour me féliciter. Je lui demande de quoi, "De ton apparition dans Voyager". Je n'étais pas au courant. Il me dit avoir vu ça sur Internet. Je lui réponds que ce doit être un fan qui prend ses désirs pour des réalités et qu'il ne fallait pas trop y croire. Après avoir raccroché, j'appelle quand même mon agent pour lui poser la question. Il me répond non, qu'on ne lui a rien dit. "C'est bien ce que je pensais", dis-je, et je raccroche en pensant : "ça venait bien d'un fan sur Internet." Deux semaines plus tard, mon agent me rappelle. Il me dit : "George, tu sais quoi ? L'Internet avait raison. Tu vas faire une apparition dans Voyager." Depuis, je surveille de près ce qui se dit sur Internet à mon sujet.
 

 

David Livingston, directeur (17 decembre 2003)

Je voulais, pour le plus grand plaisir des spectateurs, révéler Sulu de manière dramatique, puisqu'on ignorait où on était. Le vaisseau était en difficulté, et c'est toujours un bon prétexte pour sortir l'azote liquide. On avait donc créé un mur d'azote liquide, placé la caméra très bas et demandé à George de traverser le nuage en prenant une pose héroïque. Un plan révélateur super. une surprise pour les spectateurs. Et George a très belle allure, C'était sympa.
 

 

Tim Russ, lieutenant Tuvok

De jouer aux côtés de George dans le rôle de Sulu, de l'avoir sur le plateau, c'était merveilleux. Non seulement d'un point de vue nostalgique, mais aussi parce que c'est un très bon acteur à la personnalité formidable. C'est quelqu'un de chaleureux, de généreux et de facile. On s'est bien amusés et on a bien rigolé. J'ai trouvé que c'était un trait de génie de mettre mon personnage sur la passerelle d'un vaisseau issu de l'un des films Star Trek. On a vu cette scène, ce moment de l'histoire.
 

 

George Takei, capitaine Sulu

J'ai trouvé cela très imaginatif d'établir un rapport entre Sulu et Tuvok. Il s'avère qu'il était sur la passerelle de l'Excelsior au moment de l'incident de Praxis. Nous avions là une histoire. Lorsque mon agent m'a confirmé que je devais apparaître dans Voyager, j'espérais jouer avec tous les acteurs de la série. J'avais regardé la série et le seul que je connaissais, c'était Garrett Wang. Je l'avais vu étudiant dans une pièce à l'université de Los Angeles. Je l'avais trouvé excellent, un jeune homme plein d'avenir. A présent, il me parodie à toutes les conventions auxquelles il va. J'avais très envie de travailler avec tous les acteurs. Ma seule déception a été de ne jouer qu'avec Kate et Tim.
 

 

David Livingston, directeur

Nous avons dû reconstituer le décor. Nous avons fait revenir les acteurs de Star Trek VI qui pouvaient. Nous avons tourné des scènes dans la continuation de celles du film. Ca a été à la fois difficile et amusant. C'était surréaliste de voir les acteurs reprendre là où ils s'étaient arrêtés plusieurs années auparavant. Ca a été l'occasion de travailler avec George Takei, Grace Whitney, Boris Krutonog et tous ceux qu'on a pu faire revenir.

George Takei, capitaine Sulu

La reconstitution de la première scène d'explosion, la scène de Praxis dans Star Trek VI : Terre inconnue au mouvement près, au coup près... Certains des acteurs principaux de cette scène avaient quitté le cinéma. L'un est revenu de Portland dans l'Oregon. Il m'a raconté qu'il avait abandonné sa carrière d'acteur, mais que Paramount était venu le chercher. Leur intégrité et les efforts gigantesques qu'ils ont faits pour retrouver ces acteurs m'ont impressionné. Je crois même que deux des figurants avaient joué dans le film.
 

 

Mike Okuda

Il a fallu recréer la passerelle de l'Excelsior, que nous avions construite pour Star Trek VI. Même s'il nous restait beaucoup d'éléments du décor... Nous avions passé plusieurs semaines sur les images des consoles. Il a fallu reproduire tout cela en beaucoup moins de temps. Notre opérateur vidéo a passé d'innombrables heures à recréer les images des écrans vidéo qu'on avait sur le plateau. Wendy Drapanas et Jim Magdaleno ont refait toutes les transparences. Même si le décor existait, il restait beaucoup de travail à faire.
 

 

Tim Russ, lieutenant Tuvok

Ils ont décidé de tout recréer à partir de rien, de reconstituer la scène et de me mettre dans le vaisseau à ce moment-là. Chose incroyable du point de vue du scenario. On ne verrait rien venir, personne ne pourrait contester, la chronologie étant respectée. Personne ne pourrait dire : "C'est impossible qu'il... etc..." C'était parfait. J'ai trouvé ça très cool. Ils font bien attention de rien laisser aux fans.

David Livingston, directeur

On a fait des pano/travellings circulaires. C'est possible de faire ça sur Star Trek. Parfois on vous regarde d'un air désapprobateur, mais si on ne le fait pas en science-fiction avec des personnages à l'allure bizarre, on ne le fera jamais ! Pour moi, c'est un jeu, alors autant y aller. Sinon, on le regrette ensuite. L'important, c'est de rester intéressant. Alors faire des circulaires autour d'un personnage qui devient fou. je trouve ça normal.
 

 

Tim Russ, lieutenant Tuvok

J'ai trouvé ça super que cette histoire vienne étoffer le personnage de Tuvok. Ca resserre le lien qu'il a avec le capitaine et expose le personnage et son passé. Avant cet épisode, on ne savait rien de son passé. Après, on connaît un bout de son passé. Il est davantage fini. A présent, tel ou tel acte de sa part peut être justifié par tel ou tel événement qui a été établi auparavant. C'est toujours un avantage pour l'acteur. On peut y puiser ce dont on a besoin selon la scène à jouer. Ca peut servir de facteur de motivation. C'est toujours bon d'avoir ça.
 

 

George Takei, capitaine Sulu

J'ai été impressionné par la façon dont Tim a absorbé de façon totale et physique son héritage vulcain : la culture, la personnalité, la physionomie et le mental. Personne ne connaît l'histoire vulcaine aussi bien que lui, semble-t-il. Et du coup, cette connaissance entre dans son interprétation de Tuvok. J'ai été impressionné par son engagement total.
 

 

Dan Curry, directeur des effets visuels (14 janvier 2004)

Il y a une scène où l'on voit un vaisseau klingon à la poursuite de l'Excelsior dans une région très bizarre de l'espace. Il y a différentes formations nuageuses et des anomalies gazeuses. Une séquence qui ne dure peut-être que quelques secondes à l'écran peut représenter jusqu'à plusieurs centaines d'heures-personnes. Dans le cas présent. les explosions ont été photographiées, la caméra pointée vers le haut, à très grande vitesse avec une caméra Photosonics. Normalement, on tourne à 24 images par seconde. Dans le cas d'une petite explosion se déroulant en temps réel, ça fait... et c'est fini. Mais une caméra qui enregistre les images à très grande vitesse, dans ce cas-ci, 360 images par seconde, permet de ralentir l'image. Donc une explosion qui, en temps réel, ne dure qu'une fraction de seconde, peut être prolongée de plusieurs secondes de cette façon. En filmant à la verticale, on crée l'illusion de l'absence de pesanteur, les débris retombant de la même manière de chaque côté de l'objectif. Comme ils ne décrivent aucun arc, on accepte que ça a lieu dans l'espace. Autres éléments du plan : les maquettes filmées à la grue. En allant vite, la programmation et le tournage nous prennent une journée. La maquette du vaisseau est fixe et se contente de tanguer et de rouler tandis que la caméra bouge. L'illusion de mouvement vient de la caméra et non du vaisseau. La caméra et le vaisseau se déplacent l'un par rapport à l'autre si bien que le spectateur ne sait pas lequel des deux bouge. Le vaisseau est plus facile à éclairer s'il ne bouge pas. Ensuite, on voit un nuage s'ouvrir. C'était une cuve de 1.20 m x 1.20 m x 10 cm, tapissée de velours noir et remplie de vapeurs d'azote liquide. L'azote à cette température étant plus lourd que l'air reste dans la cuve. Ensuite Ron Moore, à l'aide d'une bombe dépoussiérante, a créé une ouverture dans le nuage d'azote liquide, qui se refermait ensuite en volutes. Comme c'est très froid, les vapeurs se déplacent lentement. Ca paraît donc énorme, alors que c'est tout petit.
 

 

George Takei, capitaine Sulu

J'ai trouvé dommage que nous ayons trop changé pour que la scène d'origine puisse être utilisée.Mais ça a représenté un sacré travail de reconstitution. Cinq ans après le tournage de Star Trek VI.
 

Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Voyager Saison 3