Braver l'inconnu : 4ème saison

Brannon Braga - producteur co-exécutif - 25 août 2003

Je pense que "Scorpion" a apporté un second souffle à la série.  Seven of Nine faisait son apparition. C'était le 1er épisode en deux parties.  On s'était vraiment donnés à fond.  C'était un épisode en deux parties avec une fin satisfaisante.  Il a marqué pour moi un tournant créatif. La série commençait à se dessiner.  Seven of Nine est un personnage intéressant.  Un soir, j'étais chez moi,  et je regardais une vidéo d'un de nos épisodes,  où figurait une momie borg, ou quelque chose dans le genre.  Je me suis dit : "Bon sang, et si on avait un Borg sur le vaisseau ?"  J'ai donc appelé Joe Menosky pour lui soumettre l'idée.  Nous avons discuté des répercussions qu'entraînerait la venue d'un Borg.  L'idée nous a vraiment emballés.  J'ai appelé Rick Berman très tard, tellement j'étais enthousiaste.  L'idée lui a plu, et il a eu un éclair de génie :  et si c'était une Borg canon ?  On en a discuté, et on a conclu que c'était une idée géniale.  Que ce pourrait être ce dont on avait besoin.
 

 

Roxann Dawson - lieutenant Torres - 18 juin 1997

C'est vraiment dans la tradition de Star Trek.  On accueille un personnage qui représente notre pire ennemi,  et on lui ouvre les bras.  Il était logique que Star Trek prenne cette initiative.  C'est une attitude noble qui correspond à l'esprit de la série.
 

 

Brannon Braga

Après que son arrivée a été rendue publique,  et que des images d'elle ont été publiées,  certains ont dit que ça prendrait des allures de Alerte à Malibu.  Du style : "Ils ne savent plus quoi faire."  J'espère que nos détracteurs ont changé d'avis,  lorsqu'ils ont vu la qualité de son jeu,  la complexité de son personnage, et son impact positif sur la série.  Elle a permis à la série de gagner en finesse.
 

 

David Livingstone - directeur - 17 décembre 2003

C'était une sorte de "Data", portant un regard neuf sur l'humain.  Elle était l'observateur étranger, et la série avait besoin de ça.  En outre, c'était un personnage tourmenté,  du simple fait que c'était une Borg.  C'était une idée géniale, et le choix de l'actrice était excellent.
 

 

Jerri Ryan - Seven of Nine - 10 mars 1998

Seven est un superbe personnage,  bien écrit, inébranlable, intelligent et complexe.  Sa présence à bord génère des conflits.  Cette année, les axes narratifs sont très bons.  Les scénarios sont excellents. Il ne s'agit pas que de mon jeu.
 

 

Kate Mulgrew - capitaine Janeway - 30 mars 2003

La première fois que j'ai vu Seven of Nine,  aussi loin que je me souvienne, c'était dans la salle de chargement.  Il y avait de la fumée, un effet toujours efficace.  Marvin Rush, le chef opérateur, a d'abord filmé ses chaussures,  avant de remonter le long de ses jambes interminables  jusqu'à cette magnifique poitrine, pour s'arrêter sur son visage.  J'ai alors dit à Picardo : "Les taux d'audience vont grimper."  Et comme vous le savez. elle a rencontré un grand succès.
 

 

Rick Berman - producteur exécutif - 30 juillet 2003

C'était drôle quand la chaîne a vu à quoi elle ressemblerait,  le costume qu'elle porterait.  Dans le premier épisode, elle ressemble à un monstre,  sa peau était entièrement recouverte.  Certains ont fortement insisté pour qu'on modifie son apparence.  On ne pouvait pas faire ça dans le 1er épisode.  On lui a donné une apparence plus sobre.  A présent, seules sont couvertes une arcade sourcilière,  et une joue.  C'est l'apparence qu'elle a gardée pour le reste de la série.
 

 

Jerri Taylor - producteur exécutif - 30 septembre 2003

Ses vêtements ont suscité le plus de controverse.  De nombreuses fans de sexe féminin  ont pensé que je devrais empêcher cette catastrophe imminente,  que je devrais intervenir.  Je n'en ai rien fait, ce qui m'a valu de faire l'objet de critiques.  Dans La nouvelle génération, j'étais celle  qui soutenait que Troi devrait troquer sa combinaison moulante  contre un uniforme Starfleet.  Mais je pensais que c'était justifié.  C'était une conseillère, et si les gens allaient la respecter,  et la prendre au sérieux sur le plan professionnel,  elle ne pouvait pas être une caricature ou une pin up.  Pour Seven of Nine, c'était différent.  Ce n'était pas un personnage généreux et chaleureux.  C'était une femme très dure.  Elle était complexe, opiniâtre,  et savait exactement ce qu'elle voulait.  Elle n'avait pas besoin qu'on en rajoute.
 

 

Rick Berman

La décision de se défaire du personnage de Kes  a coïncidé avec l'arrivée du personnage de Seven of Nine.  Ce choix n'avait rien à voir avec Jennifer Lien, une superbe actrice.  Son personnage n'allait nulle part.  On a essayé à maintes reprises de le faire évoluer,  mais rien n'y faisait.
 

 

Kenneth Biller - producteur - 21 mars 2001

J'ai vu Kes partir avec regret,  car c'était intéressant d'écrire pour ce personnage,  du point de vue de la science-fiction.  Elle avait des pouvoirs télépathiques, et une durée de vie réduite.  Ses caractéristiques  se prêtaient au développement d'histoires intéressantes.  L'arrivée de Seven nous a enrichis, mais le départ de Kes nous a lésés.
 

 

Kate Mulgrew

C'était horrible quand j'ai dû faire mes adieux à Jennifer Lien.  Vous pouvez vous imaginer. Je jouais ce que je ressentais vraiment.  C'est une entreprise périlleuse, j'étais bouleversée.  Et... le tournage de cet épisode a été très pénible.  Très pénible.

Jerri Taylor

Nous voulions un dénouement intéressant pour sa disparition.  Dans la 3e ou 4e saison d'une série, les personnages vont et viennent,  son départ n'était donc pas très surprenant.  Alors on a décidé de laisser partir Kes, et de faire venir Seven of Nine.  Cette décision a également été très controversée au départ,  mais elle est très vite devenue l'un des personnages les plus fascinants.
 

 

David Livingstone

Parmi les épisodes que j'ai réalisés, "Le jeu de la mort" est mon préféré,  parce que tout y était.  L'intrigue se situe dans les années 40, pas dans le présent de Star Trek,  dans la France occupée par les nazis.
Les acteurs étaient formidables. Il y avait des nazis.  Jeri Ryan jouait une chanteuse,  Janeway interprétait Humphrey Bogart, en smoking blanc.  Tous les ingrédients étaient présents.  J'ai adoré réaliser cet épisode. Il réunissait une myriade d'éléments.

Brannon Braga

Des nazis, des extraterrestres vêtus en nazis, des humains et des Klingons  sont réunis dans un petit village français.  Ce pari semblait impossible : comment concilier mitraillettes et phaseurs ?
 

 

Roxann Dawson - lieutenant Torres - 4 novembre 2003

"Le jeu de la mort" est le seul épisode où ma grossesse n'a pas été dissimulée.  Elle faisait partie du scénario. Donc mon personnage,  dans l'univers alternatif, attendait un enfant.  Je n'ai pas eu besoin de camoufler mon ventre.
 

 

Tim Russ - Tuvok - 28 octobre 2003

On tournait en extérieur, on jouait et s'habillait différemment.  On faisait des choses différentes, ce qui était très appréciable.  Quand les dialogues sortent de la routine, c'est génial.  Tourner cet épisode était un vrai bonheur.
 

 

Roxann Dawson

C'était super de tourner en extérieur. Je me souviens qu'il pleuvait.  On met rarement le nez dehors, et il a fallu qu'il pleuve ce jour-là.  On avait des parapluies et quand ils criaient : "Action !",  on tournait notre scène trempés jusqu'aux os.  C'était dur, mais le résultat est bon.
 

 

Robert Picardo - Le docteur - 4 novembre 2003

La première fois que j'ai rencontré Andy (épisode "Le message dans la bouteille"), il m'a dit :  "Picardo et Picard sont des noms similaires. On vous charrie là-dessus ?"  Je lui ai répondu : "Vous voulez rire. Le vôtre, c'est Andy Dick."  Cela a permis de briser la glace.  Après ça, on riait de tout et de rien ensemble.  Je lui avais dit que ma plus grande crainte serait  que TV Guide publie une photo de nous deux,  avec la légende : "Picardo et Dick se font plaisir",  ou "Picardo et Dick sont inséparables",  "Picardo et Dick ensemble à jamais."  Du coup, je m'étais dit qu'il faudrait que je fasse attention.  Puis je me suis ravisé, et je l'ai joué comme il a fallu.  Quand l'épisode a été diffusé, USA TODAY a publié une critique.  Ils appelaient Andy Dick et moi : les "Frasier et Niles de l'espace".  Il est vrai qu'on partage des scènes comiques très rythmées,  et qu'on jacasse sans arrêt.  Ca rappelle un peu Frasier en effet.  Comme j'adore cette série et ces deux acteurs,  j'ai pensé que c'était un très beau compliment.
 

 

Jerri Taylor

Tom et B'Elanna semblaient entretenir des rapports d'adversité.  Ils se prenaient à rebrousse-poil.  Et j'ai commencé à penser que, souvent, ce genre de conflit  voile des sentiments refoulés par les parties concernées.  Ils refusent d'accepter leurs sentiments,  ce qui est source de conflit.  Ce dénouement était pour moi une conclusion naturelle.  Et dans "La fête de l'honneur", ils se retrouvent à nouveau coincés.  Mettez deux personnes sur une île déserte. et voyez ce que ça donne. Ils sont dans l'espace et s'avouent leurs sentiments.
 

 

Roxann Dawson

A ce stade, j'étais enceinte depuis peu, et seulement une poignée de gens était au courant. Etre enceinte de trois mois, la plupart des femmes savent ce que c'est, et se retrouver suspendue en l'air, dans un harnais, dans une combinaison et un casque qui laissent passer très peu d'air avec des ventilateurs pour qu'on puisse respirer, était très inconfortable. Même si je n'avais pas été enceinte, ça aurait été inconfortable. J'étais enceinte de trois ou quatre mois à ce moment-là. Peu de gens le savaient. Robbie, qui le savait, prenait soin de moi. On avait une pause toutes les 15 minutes. Personne ne savait pourquoi il insistait autant là-dessus. Il s'est vraiment bien occupé de moi, et je m'en suis sortie. C'était un épisode charnière pour notre relation, et il était primordial que le résultat soit à la hauteur. Je pense que c'est le cas, mais le tournage fut un supplice.
 

 

Robert Duncan McNeil - lieutenant Paris - 7 janvier 1998

Au départ, mon personnage était un fauteur de troubles, un rebelle. Au fil des années, il s'est impliqué davantage,  et est devenu plus responsable. Il a connu une belle évolution, J'ai bien aimé redonner vie ici à l'ancien Paris.  J'affectionne les rôles de méchant.  C'est le Paris qu'on connaît maintenant, un gentil, mais il a un secret. Ils pensent tous que c'est un type bien, mais il va causer des problèmes.
 

 

Dan Butler - Steth - 7 janvier 1998

Le personnage, qui s'appelle Steth, roule sa bosse dans l'univers.  C'est une sorte d'hommage à Volte-face, le film  avec Nicolas Cage et John Travolta.
Jeri, qui joue Seven of Nine, avait un problème de concentration.  Elle fixait mes narines et...  A vous de décider ce que c'est.
 

 

Jerri Ryan

Il doit jouer son personnage, ainsi que Paris dans son corps.  Je crois qu'il joue Janeway dans son corps, à un moment.  C'est un rôle difficile à interpréter, et il s'en tire avec brio.
C'était dur, car il a un nez ici, et un autre nez là. Je regardais ses narines, ce qui me déstabilisait. On ne peut pas s'empêcher de le regarder. Et bien entendu, il se cure le nez, et se mouche les deux nez. ce qui ne me facilite pas la tâche.
 

 

Jerri Ryan

Il n'y a pas vraiment de suspense cette année, pour la première fois. C'est simplement un bon gros épisode, dont l'axe narratif et l'évolution des personnages sont intéressants.
 

 

Kate Mulgrew - capitaine Janeway - 10 mars 1998

On est censés avoir reçu un message de Starfleet. Pour le comprendre, il faut qu'on rassemble les pièces du puzzle.  C'est comme une chasse au trésor très compliquée. On obtient des indices de temps à autre. Puis on rencontre un extraterrestre. Arturis, qui est un génie linguistique. C'est un traducteur universel. Il met ses compétences au service de l'astrométrique, et décode une séquence de décryption. C'est un amiral de Starfleet, qui nous guide pour rentrer. "On a un vaisseau pour vous, le Dauntless, voici les coordonnées."  Tout le monde est ravi, sauf moi. Je ne suis pas le capitaine pour rien. Je trouve que c'est trop parfait.
 

 

Jerri Ryan

Seven traverse les affres du passage à l'âge adulte. Au niveau émotionnel, c'est une enfant, en pleine période de puberté, et elle ne sait plus où elle en est. Elle n'est ni une Borg ni un être humain. Que ressent-elle à la perspective de retourner sur Terre ? Elle se rebiffe contre l'autorité, c'est-à-dire Janeway.
 

 

Kate Mulgrew

Elle redoute les répercussions de son retour au quadrant Alpha. Elle craint les conséquences de son humanisation.  Toute sa vie, elle s'est sentie en sécurité dans le cube borg. Si son humanité reste confinée au Voyager, dans le quadrant Delta, elle peut l'accepter, mais dépasser ces limites l'effraie. Janeway représente l'espoir, et elle veut transmettre ça à Seven. Quand les gens ont peur, ils perdent tout sentiment de sécurité. Elle devient compétitive, mais Janeway ne se laissera pas faire. Et par la force des choses, elles devront s'entraider. Elles seront amenées à être ensemble sur ce vaisseau, et s'apporteront un soutien mutuel, mais c'est moi la captive. La captive ? Je veux dire le capitaine ! Et elle doit servir le vaisseau. C'est une bonne conclusion à ce qui s'est passé cette saison.
 

Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Voyager Saison 4