Réflexions de l'équipage

garrettwang2003
Garrett Wang - enseigne kim - 25 novembre 2003
"Maladie d'amour" est le second épisode de l'enseigne Kim dans la 5e saison. Avant cela. il y avait eu "Eternité". Avec "Eternité". j'étais aux anges. Les gens avaient été impressionnés. On m'appelait pour me demander quand serait mon prochain épisode. A l'origine. "Maladie d'amour" était intitulé "Histoire d'amour extraterrestre". Une histoire d'amour entre Kim et une extraterrestre. Ils ont changé le titre et c'est devenu "Maladie d'amour". Et me voilà en train de raconter aux gens mon épisode suivant : "Un épisode super où je vis une histoire d'amour avec une extraterrestre." Le titre "Maladie d'amour" est tiré d'une réplique de Kim au capitaine. C'est la première fois qu'il ose répondre au capitaine. Il a ce discours passionné où il dit au capitaine... "Capitaine. avez-vous déjà été amoureuse ?" L'amour. c'est comme une maladie. On éprouve toutes ces sensations. C'est de là que vient le titre. C'était un très bon épisode. Avec Kim tenant tête au capitaine. C'était sympa de voir cette facette de Kim.
 

 

katemulgrew2001
Kate Mulgrew - capitaine Janeway - 21 mars 2001
Il y avait un épisode fantastique intitulé "Contrepoint"... une sorte de danse de la ruse entre moi-même et un extraterrestre. On ne sait jamais qui ment. qui dit la vérité. Qui se joue de qui. qui manipule qui. C'était merveilleux. A la fin. on finit par se plaire l'un à l'autre. C'était bien sûr impensable. C'était formidable de jouer toutes ces nuances et subtilités.
 

 

davidlivingstone2003
David Livingstone - directeur - 17 décembre 2003
J'adore cet épisode à cause des scènes de cauchemar. Je suis allé un peu loin sur celui-là, sans doute plus que ne le voulaient Rick, Brannon et les autres. J'avais lu dans un magazine spécialisé un article sur un truc appelé "objectif mou". Un dispositif capable de déformer l'image sur tous les axes. C'est un morceau de verre qui est placé devant l'objectif et qui tourne. Et ce faisant, ça étire et ça déforme l'image de tas de façons. Il y a un petit moteur qui actionne la rotation du verre. Ce qui évite les mouvements brusques. Je me suis dit qu'il fallait essayer ça un jour. Et puis, je reçois le scénario de "Régression" dans lequel l'un des personnages fait des cauchemars. "C'est pour l'objectif mou !" J'en parle et c'est le tollé général. "Tu ne peux pas. Combien ça coûte ? On fera ça en post-production." "On fera ça en post-production." J'ai proposé qu'on fasse un essai. J'apporte l'objectif et on fait un essai. Là, on me dit : "D'accord, mais n'en fais pas trop." Il existe aussi un objectif anamorphoseur appelé "Mesmerizer", qui produit un peu le même effet. J'ai dit que je voulais ça aussi. Marvin avait une autre caméra à objectif déformant. Ca déformait les gens, on n'arrivait pas bien à voir les formes. On a utilisé tous ces objectifs sur tous les plans. Aucune de ces séquences n'a été filmée normalement. Une expérience créative fantastique pour Marvin et pour moi parce qu'on a pu se laisser complètement aller sur ces images. On avait des machines à éclairs, des étincelles, des flashs. On arrive en post-production, Peter Lauritson visionne l'épisode et apparemment, c'est un fait authentique. Et là, il dit qu'on est allés trop loin dans les effets et qu'on ne peut pas tout garder. Et ils ont répliqué : "Peter, c'est filmé comme ça." Je trouve ça très gratifiant car on a pu accomplir quelque chose qui n'aurait peut-être pas donné aussi bien en post-prod. Et ça n'a rien coûté. Juste le temps du tournage. Et le résultat est super. A un moment, on voit une fille hurler et la caméra s'approche d'elle et elle est toute déformée. Marvin a fait un travail formidable sur toutes ces séquences. J'ai trouvé ça... Ces séquences de cauchemar sont celles dont je suis le plus fier parce qu'on a pu offrir des images vraiment tordues aux spectateurs. Elles l'étaient à mes yeux. C'était sympa à faire. On s'est amusés. S'amuser à faire des trucs tordus avec la caméra.
 

 

NIGHT
C'était un épisode sympa à réaliser parce qu'il fallait créer l'illusion d'obscurité, mais il fallait quand même voir les choses. lntrinsèquement, ça crée une certaine tension. Et un certain mystère. C'était sympa. On a déjà cet élément visuel présent, donc c'est plus facile, parce qu'il est déjà là. C'est l'un de ces épisodes conceptuels où l'on part d'une idée. lci, les plonger dans l'obscurité. C'est la base de travail. C'est toujours sympa à faire car on a déjà une base visuelle forte.
 

 

raywalston
Boothby
Quel plaisir que de travailler avec Ray Walston, qui jouait Boothby. C'était le père-confesseur de l'Académie de Starfleet. Il avait sans doute plus d'influence sur les étudiants que les professeurs. C'était lui qu'on allait voir quand on avait besoin de conseils ou de réconfort. Ray avait la générosité et la personnalité du personnage. Il était parfait pour le rôle. Son personnage avait été introduit dans La Nouvelle Génération et on a pu le rappeler sur Voyager. J'aime bien les plans-séquences où la scène est filmée d'une seule traite, surtout quand c'est une scène où l'on parle en marchant. Il y avait donc une scène de ce genre qu'on tournait dans les bois de Tillman, la station d'épuration de la vallée de San Fernando. Je voulais faire un plan-séquence, mais l'acteur avait 80 ans et je n'étais pas sûr qu'il en soit capable. Mais il a réussi. Il a fallu plusieurs prises, mais il l'a fait. Ca n'a pas été facile, il avait du mal à retenir son texte. Mais il a fait des efforts et il a réussi. Je lui étais reconnaissant d'avoir pu faire cette scène parce que ça n'avait pas été évident. Il est mort peu de temps après, mais ce jour-là, il a assuré. C'était un vrai plaisir.
 

 

tuvok
Tim Russ - Tuvok - 28 octobre 2003
On tournait cet épisode avec Ray Walston. mon Martien préféré de la série. C'était une scène de sept ou huit pages, ce qui représente une journée de tournage. La scène se déroulait dans la salle de réunion. Le pire des décors, pour le réalisateur, les acteurs et les techniciens. On est à l'étroit et on ne peut pas bouger. Il n'y avait que du dialogue. Le genre de scène qu'on veut finir très vite. Malheureusement, on était coincés là toute la journée et c'était la scène la plus importante de l'épisode. Il y avait énormément de dialogue et Ray Walston avait beaucoup de mal. On avait changé beaucoup de choses au dernier moment. Il ne faut pas perdre le fil et il faut rester fidèle au texte. C'était dur et tout le monde avait du mal. En début d'après-midi, on a fait une pause, le temps que le caméraman change la pellicule. Personne ne s'est levé, on est tous restés assis. Personne ne disait rien et soudain, Ray Walston se met à réciter une réplique de Hamlet. Ce sur quoi Robert Beltran enchaîne avec la réplique suivante et puis à nouveau Ray. Et ainsi de suite pendant plusieurs minutes. Ils ont récité mot pour mot un extrait de Hamlet. On aurait pu entendre une mouche voler. Quand ils ont fini, tout le monde a applaudi. Je n'oublierai jamais ce moment. C'était complètement paradoxal : avoir du mal à retenir un dialogue moderne dans un décor moderne alors qu'eux ont récité facilement et mot pour mot un extrait d'une pièce de théâtre classique. J'ai fait du Shakespeare dans le passé, et ce n'est pas évident, mais s'en souvenir après l'est encore moins. C'est dire à quel point c'était impressionnant. Je n'ai jamais oublié cet instant. En sept ans de tournage de la série, je n'ai jamais rien vécu de pareil.
 

Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Voyager Saison 5