La scien vue par Andre Bormanis

andrebormanis20040715 La science-fiction, c'est... On ne peut pas dire qu'elle prédise vraiment l'avenir. Qui le pourrait, après tout ? Le futur n'est prévisible que sur quelques années. On ignore déjà ce qui arrivera demain, alors dans 20 ou 30 ans ! Mais l'avantage de la science-fiction, et ce depuis 150 ans, c'est qu'elle pousse les gens à s'intéresser à la science. Elle permet de comprendre la science d'un point de vue littéraire et artistique. Et elle la rend plus accessible, surtout aux jeunes. Ce n'est pas une coïncidence si la série classique est arrivée au moment de la course spatiale, et du programme Apollo, et que Star Trek a été interrompu après le premier voyage sur la Lune. La série, finalement, n'a refait son apparition qu'au moment de la navette spatiale et de la station spatiale. Il y a toujours eu ce lien entre la science et la science-fiction, entre Star Trek et l'exploration spatiale. La NASA cherche à développer le successeur de la navette spatiale, un astronef capable d'envoyer des astronautes sur la Lune et de là, sur Mars. Le programme d'exploration spatiale a été relancé. Nous verrons dans les années à venir, mais la navette spatiale finira par faire place à un nouveau véhicule de lancement qui profitera des progrès de la science des matériaux.
 

 

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Mais pas des progrès de la propulsion. C'est un secteur qui n'a pas évolué ces 20 ou 30 dernières années. Mais il y a des recherches en cours sur la propulsion nucléaire. C'est un concept qui existe depuis plusieurs décénnies. La NASA avait un programme de fusée nucléaire dans les années 60. Il est possible qu'il soit remis à l'ordre du jour dans 10 ou 15 ans. Il y a d'autres projets intéressants de transport spatial ou de transport interplanétaire. Franklin Chang-Diaz travaille actuellement sur une fusée à plasma. C'est aussi un astronaute de la NASA. Autre événement intéressant : le premier lancement de fusée privé habité. Mike Melville, aux commandes d'un petit avion-fusée appelé Spaceship One, est allé à la frontière de l'espace, à une altitude de plus de 100 km. 100 km est considéré comme la frontière de l'espace. Il a été en état d'apesanteur durant quelques minutes. il a pu voir les étoiles, l'espace et la courbure de la Terre. La FAA lui a remis les ailes d'astronaute à son retour. Il est allé dans l'espace, et ce par financement privé. Espérons que cette aventure ouvrira la voie à l'exploration spatiale privée. Peut-être que dans 10 ans, on parlera d'une expédition privée sur Mars non financée par le gouvernement, comme on y pense depuis des années.
 

 

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On a beaucoup entendu parler récemment d'un ascenseur spatial. On en parle dans un épisode de Voyager appelé "Défiance mortelle". L'idée est de dérouler un câble d'un point en orbite géostationnaire à un point à la surface de la Terre et d'y attacher de quoi acheminer des marchandises ou des gens en orbite entre la Terre et l'orbite géostationnaire. C'est une idée qui existe depuis plusieurs décennies. L'idée a germé dans la tête d'un Russe du nom d'Artsutanov en 1960. A la fin des années 70, Arthur C. Clarke a écrit "Les fontaines du paradis", roman dans lequel il parle d'un ascenseur spatial. Mais existe-t-il un matériau suffisamment résistant pour faire ça ? Nous savons maintenant que oui. Ce nouveau matériau est un nanotube de carbonne. Il s'agit de fibres composées de molécules de carbone 60, ou footballènes, comme on les appelle. Elles sont très résistantes. Beaucoup plus que l'acier. Le problème, c'est qu'il faudrait construire un énorme câble, de plusieurs dizaines de milliers de kilomètres. Un câble capable non seulement de transporter des marchandises et des personnes entre la Terre et l'orbite, mais aussi capable de résister à son propre poids. Même un câble relativement fin de plusieurs dizaines de milliers de km ça reste extrêmement lourd. Mais ces nanotubes de carbone seraient peut-être la solution. Le plus dur dans l'exploration spatiale, ce sont les premiers 200 kilomètres. Quelque soit l'entreprise, le plus dur c'est d'atteindre l'orbite. Une fois en orbite autour de la Terre, il est assez facile d'aller sur la Lune, sur Mars ou ailleurs. Si nous pouvons trouver le moyen d'aller en orbite à coût réduit, c'est tout le système solaire qui s'ouvre à nous. Et l'ascenseur spatial constituerait une solution plus pratique et moins chère que les fusées traditionnelles.
 

 

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Un certain nombre de physiciens, suite à Star Trek, se sont penchés sur le concept du moteur de distorsion. Comment faire ? Est-ce réalisable en théorie ? Et la téléportation ? De nombreux travaux ont été réalisés sur la téléportation. Pour l'instant, ils ne savent téléporter que l'état quantique de plusieurs photons et sans doute d'atomes, d'électrons et autres particules subatomiques. On est donc loin du téléporteur. Mais le plus surprenant, c'est qu'on fasse des recherches sur le sujet. Personne n'aurait imaginé, il y a 30 ans, que ça pourrait se faire à un certain niveau.
 

 

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Une "ellipse de gravitons"! Est-ce que ça existe ? Je l'ignore. Les gravitons seraient des particules subatomiques responsables de la force de gravité. Personne n'a jamais détecté de gravitons, mais on pense qu'ils existent. "L'ellipse de gravitons" est un terme que nous avons inventé pour décrire un phénomène où ces gravitons seraient en flux. un flux intense qui serait dangereux pour un vaisseau en distorsion. Actuellement, nous sommes capables de communiquer avec des engins au-delà du système solaire et de l'orbite de Pluton. Nous sommes en contact avec le Voyager qui se trouve à 7 milliards de kilomètres de la Terre. Et avec l'un des Pioneer qui se trouve à 11 milliards de kilomètres de la Terre. Un signal radio se déplaçant à la vitesse de la lumière, à savoir 300 000 km/s, met 10 à 11h pour atteindre l'engin spatial. Mais avec les radiotélescopes actuels, nous pouvons communiquer avec n'importe quel point de la galaxie. Le problème, c'est que les signaux mettent très longtemps à arriver. Notre Voie lactée fait environ 100 000 années-lumière de diamètre. Donc, si on voulait parler à quelqu'un à l'autre bout de la galaxie, le signal mettrait 70 000 années à l'atteindre. Et de l'autre bout, la réponse mettrait 70 000 années à nous parvenir. En termes pratiques, la communication interstellaire est possible d'un point de vue technologique. Les radiotélescopes sont assez puissants, mais le délai est prohibitif dès que l'on dépasse une distance de 10, 20, 30 années-lumière. Dès La série classique, il avait été établi que nos vaisseaux seraient équipés d'émetteurs subspatiaux. D'émetteurs-récepteurs capables de communiquer à une vitesse bien supérieure à la vitesse de la lumière. Et bien supérieure à la vitesse de nos vaisseaux. Mais ces émetteurs avaient une portée limitée, d'où le déploiement de relais subspatiaux en différents endroits de la galaxie visités par nos vaisseaux. Ils amplifient et émettent le signal à la manière de nos pylônes hertziens d'un téléphone portable à l'autre, d'une ville à l'autre dans le monde entier. Et des satellites qui retransmettent le signal d'un pays à un autre pour nous éviter d'avoir un téléphone aussi encombrant qu'un radiotélescope de 4 ou 5 mètres d'ouverture.
 

 

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L'exploration spatiale suscite une passion extraordinaire, non seulement dans notre société, mais dans le monde entier. De plus en plus de missions sont internationales. Le Cassini, qui s'est mis en orbite autour de Saturne après un voyage de 7 ans, fait partie d'une mission internationale. Les Rover constituent aussi un projet international. On construit une station internationale. La navette spatiale a toujours un étranger à son bord. C'est quelque chose que Star Trek avait prédit dès les années 60 lorsque Roddenberry décida d'avoir un équipage international. Plus quelques extraterrestres. C'est quelque chose qui m'a toujours frappé dans Star Trek. Nous avons su anticiper le fait que l'exploration spatiale offrirait une perspective globale à l'humanité et réunirait différentes nations dans un esprit de coopération.
 

 

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Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Voyager Saison 7