Réflexions de l'équipage

robertpicardo20010330
 
 
 
 
 
 
On a fait un épisode intitulé "Soins intensifs" qui critique durement le système de soins intégrés. Et c'est un épisode fascinant. Le docteur est enlevé par un extraterrestre et contraint à travailler dans un environnement où les gens sont soignés en fonction de leur rang social. Celui qui a une fonction utile sera soigné et pris en charge et recevra même des traitements dont il n'a pas besoin.
 

 

dancurry20010417
 
 
 
 
 
On a fait un épisode intitulé "Unimatrice Zéro". Quand les Borgs pénètrent dans la matrice virtuelle afin de récupérer les drones essayant de retrouver leur individualité pour se défendre contre eux, ils doivent faire avec les moyens du bord. J'ai donc fait cette maquette que l'on a reconstituée grandeur nature sur le plateau. Je me suis inspiré des armes de siège romaines et de pièges que j'ai vus en Asie du Sud-Est. En avançant, le drone déclenche un mécanisme qui lâche le tronc et le renvoie chez la reine.
 

 

jonathandelarco20020214 C'était un personnage très intéressant, parce qu'il n'avait aucun dialogue. Ron suma, le directeur de casting, a appelé mon agent pour lui demander si je serais intéressé par un personnage sans dialogue. Mon agent a répondu qu'il ne savait pas. J'ai lu le scénario et j'ai pensé : "Sympa, pas de dialogue à apprendre." Non, ce n'était pas pour ça ! C'était une race d'extraterrestres qui n'existait pas jusque-là, ce qui me permettait de composer le personnage comme je voulais. Et c'était vraiment sympa. Et l'histoire était cool. Alors, j'ai accepté. J'ai tourné l'épisode, il a été monté... Personne ne sait que c'est moi, parce que l'épisode est très sombre. Il comprend ! Ca s'appelle "Le vide". Un excellent épisode de Voyager. Ils sont dans ce vide qui dévore l'énergie des vaisseaux. Ils doivent se battre pour en sortir. Mon personnage fait partie d'une race considérée comme parasite... qui vole nourriture et énergie. Elle est traquée par d'autres méchants extraterrestres. Il s'avère que je suis un gentil. Je me lis d'amitié avec le docteur. Il m'apprend à communiquer par le langage musical. C'était intéressant. Je me suis bien amusé. En fin de compte, j'aurais aimé que mon rôle soit plus important. Mais c'était sympa. Je me suis bien amusé. J'ai bien aimé travailler avec Jeri Ryan et tous les autres.
 

 

dancurry20040715 A la fin de "La fin du jeu", le tout dernier épisode de Voyager, la scène de confrontation final entre Janeway et la reine borg a dû être filmée en un jour, parce que le reste était fait. Elle a exigé un travail énorme. Surtout la mort de la reine borg. Pour donner l'illusion que la reine borg, jouée par Alice, est démembrée, on lui avait fait enfiler des bas roses pour qu'au moment d'effacer cette partie du corps, ce soit bien visible dans la pénombre. On n'avait de rose nulle part ailleurs dans le décor qui était essentiellement gris foncé, vert et bleu. Par moments, la reine borg tombait, puis elle se relevait. Pour se relever, Alice agitait les bras devant elle pour trouver l'équilibre. Le problème, c'est qu'il ne fallait pas qu'on le voie car il avait été arraché. Il fallait donc que je l'aide à se relever. Il fallait à tout prix l'empêcher de lever le bras devant elle. Alors, je me mettais à côté d"elle pour l'aider à se relever. Je savais que par split-screen, je pouvais disparaître de l'image. Je l'aidais à se relever, mais c'était surtout pour l'empêcher de lever le bras devant elle. Et quand elle jette un bras en caoutchouc. John Teska a ajouté numériquement les circuits borgs qui dépassent du moignon.
 

 

dancurry20040715 "Travaux forcés" est l'un de mes épisodes préférés de la saison. L'équipage est kidnappé avant de subir un lavage de cerveau par des gens qui ont besoin d'ouvriers dans une société très industrielle. Il a fallu faire beaucoup de plans pour créer cette ville, l'univers de cette main-d'oeuvre. La scène du début est très intéressante parce qu'on voit le quartier élégant de la ville où vit l'élite de cette société, avant d'être emmené par la caméra dans le quartier des ouvriers. On a eu l'idée d'utiliser un paysage en images de synthèse. On suit un train qui traverse le fleuve et qui arrive à la gare où notre équipage descend pour se rendre sur son lieu de travail. Au studio, on a un immense panneau lumineux et à l'arrière du panneau, on a tout un réseau de poutrelles J'ai donc eu l'idée de filmer l'escalier avec une caméra fixe, et les acteurs qui descendent pour faire croire qu'ils descendent du train. Si bien que dans ce premier plan, le seul élément réel, c'est lorsqu'on arrive sur l'arrière du panneau lumineux et qu'on les voit descendre l'escalier. Ensuite, David Morton et Foundation Imaging, a réalisé des matte-paintings de bâtiments pour montrer la ville. Mais le plan que je préfère est un hommage que je rends à... Le film qui m'a donné envie de travailler dans les effets spéciaux, c'est Planète interdite de la M.G.M. Dans le film, Leslie Nielsen, dans le rôle du capitaine intrépide, tombe sur une planète presque abandonnée où ne restent plus que les ruines de la cité de Krell. On ne voit jamais la totalité des structures, mais il y a un monde souterrain fantastique et très high-tech. En regardant Planète interdite, enfant, j'ai réalisé que rien n'était réel, mais que ça faisait réel. Au cinéma, on peut créer ce genre de réalité qui n'existe nulle part ailleurs. C'est l'une des choses qui m'a donné envie de faire ce que je fais. Il y a un superbe plan en plongée dans Planète interdite qui montre la profondeur des puits de cette cité. On voit de la lumière qui monte et des appareils énormes. J'ai trouvé que c'était le plan qu'il fallait. J'ai donc filmé Kate Mulgrew, dans le rôle du capitaine Janeway, avec des extraterrestres derrière elle sur un fond bleu et en plongée. La place de chaque élément était marquée. John Teska, l'un de nos merveilleux animateurs, nous a créé cet environnement en images de synthèse. Kate monte dans l'ascenseur et on crée une illusion numérique de l'ascenseur qui descend en réduisant petit à petit un morceau du sol. Au fur et à mesure qu'il descend, tout devient numérique. Quand on les voit descendre tout en bas, tout n'est plus qu'images de synthèse. Même si on a l'impression que la caméra bouge, c'est faux. C'est un mouvement numérique ajouté au moment du compositing de l'image filmée avec la partie numérique du plan.
 

 

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Cet article est la retranscription d'un bonus du coffret DVD Voyager Saison 7